Birmanie : Au moins 90 morts dans la répression de manifestations pro-démocratie

Publié le par 20 Minutes avec AFP

CRISE Les heurts les plus violents se sont déroulés dans la capitale économique, Rangoun 

Une manifestation contre la junte en Birmanie, le 26 mars. — AP

Une manifestation contre la junte en Birmanie, le 26 mars. — AP

Une nouvelle journée sanglante en Birmanie. Les forces de sécurité ont tué près de 90 personnes à travers le pays samedi, selon une ONG locale. « Au moins 89 personnes avaient été tuées à la tombée de la nuit », a déclaré l’Association pour l’assistance aux prisonniers politiques, une ONG locale qui recense le nombre de décès depuis le coup d’Etat du 1er février.

De son côté, l’ONU a déploré des dizaines de morts, dont des enfants, dans la répression des manifestants pro-démocratie samedi dans plusieurs villes de Birmanie, se disant « choquée » par cette violence. « Nous recevons des rapports faisant état de dizaines de morts, dont des enfants, de centaines de blessés, dans 40 localités, et d’arrestations massives. Cette violence aggrave l’illégitimité du coup d’Etat et la culpabilité de ses dirigeants », a indiqué le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme dans un tweet.

Alors que le pays est en crise depuis l’éviction d’Aung San Suu Kyi par un coup d’Etat militaire, le 1er février, les militants avaient appelé à une nouvelle série de marches le jour même où l’armée s’est livrée à une démonstration de force. Tous les ans, elle organise en effet un gigantesque défilé militaire devant le chef de l’armée désormais chef de la junte au pouvoir, le général Min Aung Hlaing.

Des milliers de soldats, des chars, des missiles et des hélicoptères se sont succédé sur une immense esplanade où était réuni un parterre de généraux et leurs invités, parmi lesquels des délégations russe et chinoise. Le général Min Aung Hlaing a de nouveau défendu l’organisation du coup d’Etat en raison de la fraude électorale présumée lors des élections de novembre, remportées par le parti d’Aung San Suu Kyi. Il a juré qu’un « transfert de responsabilité de l’État » se produirait après des élections.

Des centaines de morts, des milliers d’arrestations

Avant l’aube, les forces de sécurité avaient réprimé les manifestants dans plusieurs villes du pays. Au moins cinq manifestants sont notamment morts à Rangoun. Et à Wundwin, dans la région de Mandalay (centre), un médecin a confirmé la mort de deux manifestants, tandis que la police et les soldats ont ouvert le feu sur un rassemblement d’étudiants à Lashio (nord-est). Selon un groupe de défense de prisonniers politiques, 320 personnes ont trouvé la mort dans les troubles depuis le putsch, et plus de 3.000 ont été arrêtées.

La brutalité de la répression a entraîné sur la scène internationale une série de condamnations et de sanctions touchant les avoirs de nombreux militaires, dont leur chef. D’ailleurs ce samedi, Londres, Bruxelles et Washington sont de nouveau montés au créneau pour dénoncer la répression mise en place par la junte. Mais la pression diplomatique ​a eu jusqu’ici peu d’impact.

Publié dans Articles de Presse

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