Cotentin : il rachète le poste de commandement de cette batterie de la Seconde Guerre mondiale

Publié le par actu par la rédaction La Presse de la Manche

Dans le Cotentin, à Saint-Marcouf-de-l'Isle, Cédric Charrier, passionné d'histoire, vient d'acquérir un ancien poste de commandement allemand de la Seconde Guerre mondiale.

Cédric Charrier sur le toit du bunker où était située la tourelle anti-aérienne. D’ici, on a une vue imprenable sur la mer et les îles Saint-Marcouf. (©Corinne GALLIER)

Cédric Charrier sur le toit du bunker où était située la tourelle anti-aérienne. D’ici, on a une vue imprenable sur la mer et les îles Saint-Marcouf. (©Corinne GALLIER)

D’ici, la vue sur la mer, que l’on domine d’une trentaine de mètres, est imprenable. Au loin, l’archipel des îles Saint-Marcouf se dessine, et, ce jour-là, à quelques encablures, on aperçoit la silhouette cossue du Queen Mary 2. 

    « Maintenant, il y a des arbres vers le sud-est. Mais durant la Seconde Guerre mondiale, le regard pouvait se porter de Saint-Vaast-la-Hougue à la pointe du Hoc. Ce n'est pas un hasard si ce lieu a été choisi. » Cédric Charrier

Bomber kaki, mèche rebelle et œil bleu, Cédric est le récent propriétaire du poste de commandement de l’ancienne batterie allemande de Crisbecq, à Saint-Marcouf-de-l’Isle (1). « Je m’en suis porté acquéreur en octobre dernier. Il y avait plusieurs personnes intéressées. C’est par le bouche-à-oreille que j’avais appris que le site allait se libérer. »

Deux films

C’est de la batterie de Crisbecq, l’une des plus puissantes de la baie de Seine, que l’arrivée de la flotte alliée a été annoncée en premier au petit matin du 6 juin 1944. L’histoire du Débarquement en Normandie retiendra aussi que l’Oberleutnant Walter Ohmsen et ses hommes opposèrent une résistance farouche aux troupes américaines en ne capitulant que le 12 juin au terme d’âpres combats. Quelque 1 200 hommes seraient tombés sur cette crête aujourd’hui si paisible.

Édifié durant l’été 1943, le grand bunker que constitue le centre de commandement, et qui était relié au reste de la batterie par un important réseau de tranchées, a accueilli deux fois le maréchal Rommel

    « Je ne sais pas si vous vous souvenez du film Le jour le plus long, mais l'une de ses plus célèbres scènes prend place dans la salle du poste d'observation. » Cédric Charrier

Par ailleurs, un mémorial inauguré en hommage à Preston Niland, décédé ici le 7 juin 1944, établit un autre lien entre l’histoire des lieux et le cinéma. L’infortuné soldat américain n’était autre que l’un des quatre frères qui ont inspiré le film « Il faut sauver le soldat Ryan ».

Cédric Charrier a du pain sur planche. (©Corinne GALLIER)

Cédric Charrier a du pain sur planche. (©Corinne GALLIER)

« Un boulot énorme »

Le nouveau propriétaire de ce drôle d’endroit pour une résidence secondaire – il s’est aménagé un espace de vie dans l’une des salles – semble connaître le moindre impact d’obus, le plus petit recoin de l’ancien poste de commandement, qui a été déblayé il y a six ans. 

    « Mon prédécesseur a fait un boulot énorme. Mon idée, c'est de poursuivre. Entre octobre dernier et la mi-décembre, j'ai bossé comme un fou, mais cela en vaut la peine. J'ai trouvé l'écrin qu'il fallait pour ma collection. » Cédric Charrier

Sa collection ? Depuis ses 8 ans, il s’intéresse au Militaria. « J’ai commencé par faire les vide-greniers, cela allait du bouton de manchette au casque. J’ai développé une préférence pour les pièces historiques de la Seconde Guerre mondiale et du Débarquement. »

Drapeau de position

Le collectionneur, âgé aujourd’hui de 48 ans, ne s’explique pas vraiment cet attrait. « Je suis un peu l’extraterrestre de la famille », s’amuse-t-il, assis à la table installée dans la salle de quart de son bunker. Un peu plus grande que la moyenne (elle fait 30 m2), celle-ci est peuplée de nombreux objets : casques, médailles, obus, douilles, mannequins portant l’uniforme, photos, plans.

    « Quand j'ai acheté les murs, j'ai également acquis du matériel qui était déjà là. Je l'ai étoffé avec mes propres collections et je continue. Je viens de récupérer deux téléphones américains, des jumelles de flak allemande, une paire de bottes d'officier. C'est un peu la ruine, mais c'est ma passion. » Cédric Charrier

Parmi les pièces en sa possession, ce ne sont pas forcément celles qui ont une grande valeur qui ont sa préférence. Il cite l’exemple de ce drapeau de position d’Omaha Beach accroché au mur. « S’il pouvait parler, ce drapeau, il en raconterait des trucs. Et je crois que c’est ce que j’aime, le réalisme et l’émotion que cela transmet. »

Dans la pièce principale du poste de commandement, où le collectionneur a rassemblé de nombreux objets militaria. (©Corinne GALLIER)

Dans la pièce principale du poste de commandement, où le collectionneur a rassemblé de nombreux objets militaria. (©Corinne GALLIER)

(1) : le poste de commandement, propriété de Cédric Charrier, et le reste de la batterie transformé en musée appartenant à un autre particulier sont aujourd’hui séparés par une route.

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