Des réfugiés birmans blessés racontent l'horreur des frappes aériennes de l'armée

Publié le par L'Obs avec AFP

Photo fournie par l'armée royale thaïlandaise montrant un réfugié birman blessé transporté sur une civière à Mae Sam Lap (Thaïlande), le 30 mars 2021 ((c) Afp)

Photo fournie par l'armée royale thaïlandaise montrant un réfugié birman blessé transporté sur une civière à Mae Sam Lap (Thaïlande), le 30 mars 2021 ((c) Afp)

Mae Suat (Thailand) (AFP) - Des civils blessés lors de frappes aériennes birmanes sur des positions rebelles racontaient mardi leur calvaire à travers la jungle à la recherche d'une assistance médicale de l'autre côté de la frontière, en Thaïlande.

Des chasseurs de l'armée birmane ont bombardé des cibles dans l'Etat Karen (est) samedi et dimanche, alors que le pays était encore sous le choc de la journée de samedi, qui a connu la répression la plus meurtrière menée par la junte depuis le début des protestations contre le coup d'Etat l'ayant amenée au pouvoir.

Les frappes ont visé une région tenue par l'Union nationale karen (UNK), un des plus importants groupes armés du pays, qui avait auparavant pris le contrôle d'une base militaire.

Il s'agit de la première utilisation par la Birmanie de son aviation contre l'UNK en plus de 20 ans. Quelque 7.000 villageois karen ont pris la fuite, selon l'UNK.

"Nous n'avons pas entendu l'avion. Si nous l'avions entendu, nous aurions fui", narre Naw Eh Tah, une des rares ayant réussi mardi à traverser la rivière Salouen marquant la frontière avec la Thaïlande pour demander une assistance médicale.

"Lorsque j'ai compris ce qui se passait, l'explosion a frappé le toit de ma maison. (...) J'ai été blessée, je ne pouvais pas marcher. J'ai dû ramper pour me cacher", poursuit la jeune femme de 18 ans, soignée dans le petit hôpital de la région de Sop Moei, dans la province thaïlandaise de Mae Hong Son (nord).

Mae Suat (Thailand) (AFP) - Des civils blessés lors de frappes aériennes birmanes sur des positions rebelles racontaient mardi leur calvaire à travers la jungle à la recherche d'une assistance médicale de l'autre côté de la frontière, en Thaïlande.

Des chasseurs de l'armée birmane ont bombardé des cibles dans l'Etat Karen (est) samedi et dimanche, alors que le pays était encore sous le choc de la journée de samedi, qui a connu la répression la plus meurtrière menée par la junte depuis le début des protestations contre le coup d'Etat l'ayant amenée au pouvoir.

Les frappes ont visé une région tenue par l'Union nationale karen (UNK), un des plus importants groupes armés du pays, qui avait auparavant pris le contrôle d'une base militaire.

Il s'agit de la première utilisation par la Birmanie de son aviation contre l'UNK en plus de 20 ans. Quelque 7.000 villageois karen ont pris la fuite, selon l'UNK.

"Nous n'avons pas entendu l'avion. Si nous l'avions entendu, nous aurions fui", narre Naw Eh Tah, une des rares ayant réussi mardi à traverser la rivière Salouen marquant la frontière avec la Thaïlande pour demander une assistance médicale.

"Lorsque j'ai compris ce qui se passait, l'explosion a frappé le toit de ma maison. (...) J'ai été blessée, je ne pouvais pas marcher. J'ai dû ramper pour me cacher", poursuit la jeune femme de 18 ans, soignée dans le petit hôpital de la région de Sop Moei, dans la province thaïlandaise de Mae Hong Son (nord).

- Blessés et affamés -

Les jambes lacérées par des éclats d'obus, Naw Eh Tah a mis une journée, dans la dense jungle tropicale, pour gagner la rivière.

"Nous avons traversé parce que nous ne pouvons pas rester. L'armée birmane essaie de nous avoir", dit-elle. "Je n'avais jamais vu ça (des bombardements aériens) auparavant. J'ai très peur".

Le plus jeune à entrer en Thaïlande mardi, âgé de 15 ans, était aussi le plus gravement blessé: une côte cassée et un pneumothorax.

Mae Suat (Thailand) (AFP) - Des civils blessés lors de frappes aériennes birmanes sur des positions rebelles racontaient mardi leur calvaire à travers la jungle à la recherche d'une assistance médicale de l'autre côté de la frontière, en Thaïlande.

Des chasseurs de l'armée birmane ont bombardé des cibles dans l'Etat Karen (est) samedi et dimanche, alors que le pays était encore sous le choc de la journée de samedi, qui a connu la répression la plus meurtrière menée par la junte depuis le début des protestations contre le coup d'Etat l'ayant amenée au pouvoir.

Les frappes ont visé une région tenue par l'Union nationale karen (UNK), un des plus importants groupes armés du pays, qui avait auparavant pris le contrôle d'une base militaire.

Il s'agit de la première utilisation par la Birmanie de son aviation contre l'UNK en plus de 20 ans. Quelque 7.000 villageois karen ont pris la fuite, selon l'UNK.

"Nous n'avons pas entendu l'avion. Si nous l'avions entendu, nous aurions fui", narre Naw Eh Tah, une des rares ayant réussi mardi à traverser la rivière Salouen marquant la frontière avec la Thaïlande pour demander une assistance médicale.

"Lorsque j'ai compris ce qui se passait, l'explosion a frappé le toit de ma maison. (...) J'ai été blessée, je ne pouvais pas marcher. J'ai dû ramper pour me cacher", poursuit la jeune femme de 18 ans, soignée dans le petit hôpital de la région de Sop Moei, dans la province thaïlandaise de Mae Hong Son (nord).

- Blessés et affamés -

Les jambes lacérées par des éclats d'obus, Naw Eh Tah a mis une journée, dans la dense jungle tropicale, pour gagner la rivière.

"Nous avons traversé parce que nous ne pouvons pas rester. L'armée birmane essaie de nous avoir", dit-elle. "Je n'avais jamais vu ça (des bombardements aériens) auparavant. J'ai très peur".

Le plus jeune à entrer en Thaïlande mardi, âgé de 15 ans, était aussi le plus gravement blessé: une côte cassée et un pneumothorax.

Saw Lab Bray, 48 ans, a été blessé par des éclats sur tout le corps lorsque Day Puh Noh, une place forte karen, a été frappée.

"J'ai essayé de m'enfuir mais les bombes sont tombées tellement vite", décrit-il depuis une chaise roulante, se rappelant avoir vu six personnes être blessées et un homme périr. "Je suis tombé sur le côté, je crachais du sang. J'ai peur car je ne peux pas fuir, je ne peux pas bouger".

Selon le docteur Chakri Komsakorm, les réfugiés semblent avoir "traversé la guerre", beaucoup présentant des blessures d'éclats d'obus qui se sont infectées par manque de soins. "Beaucoup semblent être affamés depuis de nombreux jours".

Le médecin a entendu des témoignages selon lesquels des blessés plus gravement atteints seraient toujours coincés en Birmanie, incapables de traverser la rivière à cause de leur état.

Selon les Karen, quelque 3.000 personnes ont traversé la Salouen pour se réfugier en Thaïlande après les bombardements aériens, avant d'être renvoyés en Birmanie - ce que nient les autorités thaïlandaises.

- Des réfugiés refoulés? -

Le gouverneur de la province de Mae Hong Son, Sithichai Jindaluang, a déclaré lors d'une conférence de presse que les réfugiés légèrement blessés par les bombardements ont accepté de retourner en Birmanie lorsque la demande leur en a été faite.

Le Premier ministre thaïlandais Prayut Chan-O-Cha a assuré qu'ils n'ont pas été "menacés avec des armes et des bâtons" et que le royaume ne renverrait personne si la situation venait à empirer.

Ces frappes aériennes ont été menées au moment où la junte birmane peine à maîtriser des manifestations de grande ampleur dans le pays demandant le retour de la démocratie et la libération de l'ex-cheffe du pouvoir civil, Aung San Suu Kyi, renversée par un coup d'Etat le 1er février.

Les factions ethniques armées menacent de rejoindre le mouvement de contestation si le bain de sang continue.

La brutale répression des généraux birmans a fait plus de 500 morts pour l'instant, selon une ONG local, provoquant une série de condamnations internationales.

Publié dans Articles de Presse

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