L'aîné des Dassault, Olivier, est mort dans un accident d'hélicoptère

Publié le par Les Echos par Antoine Boudet

Olivier Dassault, fils aîné de Serge Dassault et petit-fils de Marcel Dassault, le fondateur du constructeur aéronautique, s'est tué à 69 ans dans un accident d'hélicoptère près de Deauville dimanche. Il était député de l'Oise et avait été président du conseil de surveillance de la holding familiale.

Le député LR de la 1re circonscription de l'Oise, Olivier Dassault (69 ans), s'est tué dans l'accident de son hélicoptère près de Deauville dimanche. (AFP)

Le député LR de la 1re circonscription de l'Oise, Olivier Dassault (69 ans), s'est tué dans l'accident de son hélicoptère près de Deauville dimanche. (AFP)

« Olivier Dassault aimait la France. Capitaine d'industrie, député, élu local, commandant de réserve dans l'armée de l'air : sa vie durant, il ne cessa de servir notre pays, d'en valoriser les atouts. Son décès brutal est une grande perte. Pensées à sa famille et à ses proches. »

C'est par ce tweet que le président de la République, Emmanuel Macron, a réagi à l'annonce de la mort accidentelle dimanche du fils aîné (69 ans) de Serge Dassault et petit-fils de Marcel Dassault, fondateur du constructeur aéronautique. Le milliardaire (sa fortune est estimée à 7 milliards d'euros), homme d'affaires et homme politique, s'est tué dans le crash de son hélicoptère près de Deauville, dans le Calvados, a appris l'AFP de sources parlementaires et proches de l'enquête.

Une troisième vie dans les pas de son père

Olivier était l'aîné des quatre enfants de Serge et Nicole Dassault. Il avait deux frères, Laurent et Thierry, et une soeur, Marie-Hélène. Au décès de son grand-père, en 1986, son père le nomme directeur-adjoint d'Europe Falcon Service et directeur de la stratégie des avions civils de l'entreprise Dassault Aviation. En 2011, il est nommé président du Conseil de surveillance du Groupe Dassault, ce qui, selon les bons connaisseurs du groupe, le plaçait en bonne position pour reprendre plus tard la holding familiale Dassault.

Parallèlement, Olivier Dassault occupe des postes dans les groupes de presse détenus par la famille. Il a été vice-président du groupe de presse Valmonde (Le Spectacle du Monde, Valeurs actuelles) au sein duquel il crée en 2000 le magazine Jours de Chasse. Valmonde a été cédé en 2006. Administrateur du Journal des Finances, il a été nommé administrateur de la Socpresse, après l'entrée du groupe Dassault dans Le Figaro (2004).

Sa troisième vie, Olivier Dassault l'aura menée dans les pas de son père et de son grand-père. Il est élu député dans la première circonscription de l'Oise, celle-là même de son grand-père, lors des élections législatives françaises de 1988. Battu, il y est réélu en 2002 puis sans interruption depuis. Ce fauteuil de député l'a amené à démissionner de la présidence du conseil de surveillance de la holding familiale en raison d'un risque de conflit d'intérêts. Il y a été remplacé par sa soeur Marie-Hélène Habert.

« Une personnalité assez exceptionnelle »

Les réactions ont afflué pour rendre hommage au député. Dans sa famille politique, le président LR du Sénat Gérard Larcher a salué un « homme d'entreprise reconnu et député actif et engagé », tandis que Damien Abad, président du groupe LR à l'Assemblée nationale, a déclaré que « sa gentillesse et son humanisme resteront à jamais dans notre mémoire ».

« Il était un serviteur infatigable de la France, homme de conviction et de fidélité, attaché au rayonnement de son pays qu'il a servi dans ses activités publiques comme professionnelles », a également réagi Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat.

« Notre Région perd un grand serviteur », s'est attristé Xavier Bertrand, président (ex-LR) des Hauts-de-France. « Il était mon ami et une personnalité assez exceptionnelle ! Homme d'entreprise, photographe, député exemplaire, il avait tous les talents… », a tweeté Renault Muselier, président LR de Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Une enquête ouverte pour homicide involontaire

Le parquet de Lisieux a annoncé avoir ouvert une enquête judiciaire pour homicide involontaire après la mort du député. « Je suis sur site, il fait nuit. Les investigations techniques ne débuteront que demain. On procède aux actes relatifs aux corps », a déclaré Delphine Mienniel, procureur de la République de Lisieux. Le pilote de l'hélicoptère est également décédé dans l'accident.

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