Le cinéaste israélien Amos Gitaï fait don de ses archives sur Yitzhak Rabin à la BnF

Publié le par franceinfo Culture avec agences, France Télévisions Rédaction Culture

À l'occasion d'une exposition dédiée à l'ancien premier ministre israélien, tué en 1995, le célèbre réalisateur offre 14 téra-octets de données à la BnF pour "réparer la mémoire".

L'ancien premier ministre israélien Yitzhak Rabin, photographié en 1993, deux ans avant son assassinat.  (ULLSTEIN BILD DTL. / ULLSTEIN BILD / GETTY IMAGES)

L'ancien premier ministre israélien Yitzhak Rabin, photographié en 1993, deux ans avant son assassinat. (ULLSTEIN BILD DTL. / ULLSTEIN BILD / GETTY IMAGES)

Le cinéaste israélien Amos Gitaï offre ses archives sur le premier ministre Yitzhak Rabin, Prix Nobel de la Paix assassiné en 1995, à la Bibliothèque nationale de France (BnF), qui y consacre une exposition.

Ce don participe d'une "action civique pour réparer la mémoire" sur des évènements qui font l'objet d'une "grande vague de révisionnisme" en Israël, a expliqué Amos Gitaï lors d'une présentation lundi à la BnF de cette exposition, visible pour l'instant par les seuls visiteurs autorisés (chercheurs, personnel...) mais prévue jusqu'en novembre.

L'assassinat du travailliste, Prix Nobel pour ses efforts de rapprochement avec les Palestiniens, par un extrémiste juif, est au coeur de plusieurs oeuvres (films, comme Le Dernier jour d'Yitzhak Rabin, performance théâtrale, livres) du réalisateur depuis près de 25 ans.

"Sculpter dans la matière historique"

Le fonds qu'il a donné à la BNF va de rushs de ses films à des archives de la télévision publique témoignant du climat de haine anti-Yitzhak Rabin et sauvées juste avant d'être détruites, en passant par les carnets de notes de celui qui a accompagné le responsable politique lors de ses négociations à la Maison Blanche.

Au total, 14 téra-octets de données ont été donnés à la BNF, en partenariat avec l'université de Stanford (Etats-Unis) et la Bibliothèque nationale à Jérusalem. Offertes à la France car c'est le "pays qui (lui) a permis de travailler", ces archives aident à comprendre "comment un artiste peut sculpter dans la matière historique", a expliqué Amos Gitaï. "L'assassinat de Yitzhak Rabin il y a un quart de siècle est un évènement majeur qui a changé la réalité du Moyen-Orient", dont l'art permet de "garder une trace", a-t-il commenté.

Conflit israelo-palestinien

Pour lui, l'opinion d'Yitzhak Rabin selon laquelle "pour résoudre le conflit, il faut que l'autre, le Palestinien, existe, que ça ne peut pas être un geste unilatéral d'Israël", est toujours valable. "Il faut trouver un modus vivendi pour les deux peuples, c'est la question-clé du Moyen-Orient. Cette réflexion était présente chez Rabin, elle manque aujourd'hui", a-t-il poursuivi. "Il faut garder les traces de cette idée-là", et l'art peut y contribuer, juge-t-il.

Le cinéaste israélien (Kadosh, Kippour...) attend toujours la réouverture des salles pour voir la sortie en salles de son dernier film Laila in Haifa, présenté à Venise. Pour l'heure, il travaille à l'écriture d'une série avec le réalisateur brésilien Walter Salles, à partir de la correspondance de la mère d'Amos Gitaï, Efratia, impliquée dans le mouvement sioniste.

Publié dans Articles de Presse

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