Le parti hongrois de Viktor Orban quitte le groupe du Parti populaire au Parlement européen

Publié le par Le Monde avec Reuters

Le départ du Fidesz du Parti populaire européen, principale formation politique du Parlement européen, pourrait contribuer à réduire l’influence de Viktor Orban à Bruxelles, sur fond de conflit sur le respect de l’Etat de droit en Hongrie. 

Le parti hongrois de Viktor Orban quitte le groupe du Parti populaire au Parlement européen

Claquement de porte. Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, a annoncé mercredi 3 mars que son parti quittait le groupe du Parti populaire européen (PPE, droite) au Parlement européen, en réaction à un vote des eurodéputés sur une réforme des statuts.

« Je vous informe que les membres du Fidesz se retirent du groupe PPE » avec « effet immédiat », écrit le dirigeant dans une lettre postée sur Twitter par une de ses ministres, dénonçant une démarche « hostile » visant « clairement » son parti.

« C’est antidémocratique, injuste et inacceptable, fustige-t-il. Il est tout à fait décevant de voir que le groupe du PPE tente de réduire au silence nos eurodéputés démocratiquement élus. » Douze membres du Fidesz sont concernés. Un treizième député hongrois, membre lui aussi du PPE, mais pas du Fidesz, a décidé de rester, ce qui permet au groupe de continuer à compter la Hongrie parmi ses pays membres.

Le groupe du PPE, qui réunit les formations de droite et première famille politique de l’UE, a adopté mercredi une modification de ses règles internes, qui permet la suspension ou l’exclusion de délégations entières, et non plus seulement de parlementaires individuellement.

Le décompte officiel du vote montre que cette réforme a été approuvée par 148 voix contre 28 et 4 abstentions.

De virulentes prises de positions anti-Bruxelles

Ce départ met fin à un feuilleton de plusieurs années : l’exclusion du Fidesz a été réclamée plusieurs fois au sein du PPE, en raison de ses virulentes prises de position contre Bruxelles et de mesures jugées attentatoires aux droits fondamentaux.

La réforme des statuts intervient à la suite des sanctions décidées en décembre contre l’eurodéputé du Fidesz Tamas Deutsch, qui avait comparé l’attitude du président du groupe parlementaire Manfred Weber à celle de la Gestapo.

Une quarantaine de parlementaires PPE (sur 187), emmenés par l’Autrichien Othmar Karas, avaient alors réclamé son exclusion, mais l’eurodéputé n’avait finalement écopé que d’un retrait de ses droits à s’exprimer en plénière au nom du PPE et à être nommé rapporteur.

Publié dans Articles de Presse

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