Les tunnels oubliés de la Seconde guerre mondiale

Publié le par Le Républicain Lorrain par Michel Levillain

Sur la commune de Petite-Rosselle, comme nombre d’autres sur le secteur, on trouve des abris antiaériens créés par les citoyens. Du côté de l’actuelle rue Pasteur, il en est un qui a été creusé notamment par les habitants du quartier, dont le père de Gilbert Eynius.

Le père de Gilbert Eynius, Alphonse, a construit des abris antiaériens à Petite-Rosselle pendant la Seconde guerre mondiale.  Photo RL /Michel LEVILLAIN1 /1

Le père de Gilbert Eynius, Alphonse, a construit des abris antiaériens à Petite-Rosselle pendant la Seconde guerre mondiale. Photo RL /Michel LEVILLAIN1 /1

Petit à petit, des traces de notre histoire se révèlent, par le biais de petites histoires familiales, comme celle de ces citoyens qui ont construit des abris antiaériens durant le Seconde guerre mondiale. Petite-Rosselle abrite plusieurs tunnels, creusés pour préserver les citoyens des bombardements pendant la guerre. Récemment, l’un d’entre eux a été remis au jour à cause des intempéries. Mais il en existe d’autres, sur ce même quartier.

Histoire de familles

Alphonse Eynius habitait du côté de l’actuelle rue Pasteur, autrefois Blücherstrasse, à Petite-Rosselle. Il a consigné dans des carnets « tous les moments importants de sa vie », explique l’un de ses fils, Gilbert, qui garde précieusement ces écrits et qui est également l’un des plus anciens correspondants du Républicain Lorrain sur le bassin.

Mais revenons à Rosselle, et ce père, Alphonse, qui avant la guerre s’engage dans l’armée française, puis retourne au “pays” et fonde une famille, avec Marie. Comme beaucoup d’autres, il intègre les Houillères. À l’automne 1942, avec les habitants de ce petit quartier de Rosselle, il demande l’autorisation de construire un abri antiaérien aux différentes autorités, de la mairie à la police, jusqu’aux mines, propriétaires des terrains, et qui fournira le bois pour le coffrage. « À la base, les plans étaient prévus pour l’accueil d’une dizaine de familles », détaille Gilbert, « avec trois chambres pouvant accueillir chacune seize personnes ».

Un an de travaux

Rue Pasteur, on s’attaque alors au creusement des galeries, « sur une roche gréseuse, avec juste des pics, et des coffrages en bois, comme cela se faisait au fond de la mine », explique Gilbert. “Avec beaucoup de peine et de sueur, le tout à la main, nous creusons la roche”, écrit Alphonse Eynius. “Toute la semaine, nous travaillons sur cet abri. Chaque jour, je dois affûter les pics”, ajoute-t-il. Si à l’origine, une dizaine de familles étaient mobilisées, en 43, il n’en reste plus que quatre, puis trois… Pour finir les travaux, il reste fin 43 Alphonse Eynius, Albert Hastenteufel et Louis Zensen.

Un refuge citoyen

“Un long et fastidieux chemin est maintenant derrière nous, car plus d’une fois, nous avions envie d’abandonner”, écrit Alphonse Eynius en 1943. Mais cette œuvre n’a pas été vaine, car les bombardements se sont intensifiés du côté de Sarrebruck, « entre les Américains et les Anglais, de jour comme de nuit », raconte Gilbert. Sa mère, Marie, attendait le bruit des sirènes, trois coups quand les avions approchaient, « et il fallait donc courir aux abris » six, quand ils étaient là, « et attendre la fin de “l’orage”, car il n’était pas rare que les avions lâchent quelques bombes sur des installations du côté de Rosselle », ou des habitations… Mais grâce à l’action de citoyens, nombre de ces abris de fortune, aujourd’hui oubliés, ont pu être créés.

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article