PORTRAIT. Pilote, député, photographe… Olivier Dassault, un touche-à-tout en quête de sens

Publié le par Ouest-France

Olivier Dassault, le député Les Républicains de l’Oise, est décédé ce dimanche 7 mars dans un accident d’hélicoptère survenu près de Trouville, sur les hauteurs de Touques (Calvados). L’homme, âgé de 69 ans, était aussi un chef d’entreprise novateur et un passionné de photographie. Fils de Serge Dassault et petit-fils de Marcel Dassault, il était l’une des plus grandes fortunes de France.

Serge Dassault (à gauche) et son fils Olivier Dassault le 19 décembre 2012 à Istres. | BORIS HORVAT / AFP

Serge Dassault (à gauche) et son fils Olivier Dassault le 19 décembre 2012 à Istres. | BORIS HORVAT / AFP

Olivier Dassault, député Les Républicains de l’Oise, est décédé tragiquement ce dimanche 7 mars dans le crash de son hélicoptère près de Trouville. Le pilote qui l’accompagnait est décédé lui aussi.

L’homme politique de 69 ans était le fils de Serge Dassault et le petit-fils de Marcel Dassault, bâtisseurs de l’empire Dassault Aviation, fleuron de l’industrie tricolore fondé en 1929 et qui emploie plus de 25 000 personnes à travers le monde.

Olivier Dassault n’avait toutefois pas suivi la voix de ses illustres aînés comme capitaine d’industrie. Classé 361e fortune mondiale en 2020 par le magazine Forbes, à égalité avec ses deux frères (Laurent et Thierry) et sa sœur (Marie-Hélène) avec environ 5 milliards d’euros chacun, Olivier s’était consacré à la politique.

Certes, les quatre enfants de Serge contrôlaient l’empire centré sur Dassault Aviation et Dassault Systèmes (géant du logiciel de création 3D) et ses principales participations : 24 % de Thales, 6 % de Veolia, 59 % d’Immobilière Dassault, mais aussi Artcurial, Le Figaro et un vaste vignoble. Mais ils n’étaient pas aux manettes.

Olivier Dassault, député Les Républicains de l’Oise, est décédé tragiquement ce dimanche 7 mars dans le crash de son hélicoptère près de Trouville. Le pilote qui l’accompagnait est décédé lui aussi.

L’homme politique de 69 ans était le fils de Serge Dassault et le petit-fils de Marcel Dassault, bâtisseurs de l’empire Dassault Aviation, fleuron de l’industrie tricolore fondé en 1929 et qui emploie plus de 25 000 personnes à travers le monde.

Olivier Dassault n’avait toutefois pas suivi la voix de ses illustres aînés comme capitaine d’industrie. Classé 361e fortune mondiale en 2020 par le magazine Forbes, à égalité avec ses deux frères (Laurent et Thierry) et sa sœur (Marie-Hélène) avec environ 5 milliards d’euros chacun, Olivier s’était consacré à la politique.

Certes, les quatre enfants de Serge contrôlaient l’empire centré sur Dassault Aviation et Dassault Systèmes (géant du logiciel de création 3D) et ses principales participations : 24 % de Thales, 6 % de Veolia, 59 % d’Immobilière Dassault, mais aussi Artcurial, Le Figaro et un vaste vignoble. Mais ils n’étaient pas aux manettes.

Prié de faire ses preuves

Aîné de la fratrie, Olivier Dassault, né le 1er juin 1951 à Boulogne-Billancourt, est prié assez tôt de reprendre l’empire familial. Diplômé de l’École de l’air en 1974, il y suit une formation d’ingénieur et de pilote alors qu’il rêvait d’entrer dans une école de commerce, rappelle Le Point . « J’ai pensé que je serais alors le seul membre de la famille à savoir piloter, qualité importante dans un groupe qui fabrique des avions… ». Mais son nom lui vaut les moqueries de certains camarades de promo. « J’ai eu d’excellentes relations avec les officiers généraux de l’armée de l’air. Mais il y a un revers à la médaille : quand on est un Dassault, il faut faire ses preuves plus que les autres », avait-il glissé à l’hebdomadaire en 2011.

Après son départ de l’Armée, il rejoint son grand-père au sein du groupe. « Travailler au côté de Marcel Dassault a été pour moi comme une seconde grande école », confiait Olivier Dassault au Point. « J’ai pu côtoyer très jeune d’éminentes personnalités comme Giscard et Chirac. Mon grand-père m’emmenait partout : réunions, conseils, rencontres avec les syndicats, et bien sûr dans sa circonscription de l’Oise. »

Un homme d’affaires accompli

Petit-fils chéri de Marcel, ce dernier lui confie, à 25 ans, la direction de Productions 2000, une société qui lui ouvre les portes du monde du cinéma et du showbiz. Au grand dam de Serge. Avec un an de salaire en poche, avancé par son grand-père, il se lance dans les relations presse puis dans la publicité, avec succès. Francis Bouygues lui fait même de l’œil pour le faire entrer dans son groupe. Mais un accident de chasse en 1984 en Afrique agit comme un déclic et il revend ses sociétés. Quelques mois plus tard plus tard, Marcel Dassault décède.

Son père décide de le faire revenir dans le groupe, comme simple vendeur de Falcon, puis le nomme directeur adjoint d’Europe Falcon Service et directeur de la stratégie des avions civils de l’entreprise.

L’appel de la politique

Mais Olivier Dassault est animé par un appétit aiguisé pour la politique. Lors des élections législatives de 1988, il décide de reconquérir la première circonscription de l’Oise tenue par son grand-père jusqu’en 1986. S’y opposent en 1988 le maire socialiste de Beauvais Walter Amsallem et l’ancien suppléant de Marcel Dassault mais les bulletins de vote du candidat socialiste sont annulés. À la suite de l’invalidation de l’élection par le Conseil constitutionnel, Olivier Dassault se porte candidat pour le Rassemblement pour la République (RPR). Il est élu.

Un succès qui suscite l’ire de son père, qui le somme de choisir entre avions et politique. « Une période de brouille » entre eux, sans que le contact ne soit complètement rompu.

Réélu député lors des élections législatives de 1993 dès le premier tour, Olivier Dassault est battu en 1997 puis réélu en 2002, 2007, 2012 et 2017.

« Être député, c’est un honneur et un bonheur pour moi », expliquait-il au Point. « J’aime le contact avec les gens. Ces rencontres relativisent souvent ses propres soucis et je mesure ma chance d’être né dans cette famille. »

Choisi par son père

En 2011, au détour de l’émission de Mireille Dumas Comment ils ont fait fortune sur France 3, Serge Dassault rappelle son fils à mots couverts auprès de lui. « Olivier a fait l’École de l’air, il est celui qui me paraît le plus apte [à prendre sa succession], vu son parcours, ses relations, sa façon de faire des discours, d’être avec les gens et sa connaissance des avions. »

Olivier est nommé au conseil de surveillance du groupe en 2011. Mais le reste de la famille ne semble pas l’entendre ainsi, affirmant quelques semaines plus tard que les jeux n’étaient pas faits. Olivier n’insiste pas. Il est resté « président du comité stratégie et développement » de ce poids lourd de l’armement français grâce notamment à son modèle phare, l’avion de chasse Mirage 2000. À la mort de Serge Dassault, en 2018, c’est finalement son fidèle lieutenant, Charles Edelstenne, 83 ans aujourd’hui, qui a repris la direction de la holding familiale.

Passionné par la photographie

Parmi les nombreuses cordes à son arc, Olivier Dassault compose pour la publicité ou le monde de la culture. Il met notamment en musique le feu d’artifice de l’An 2000 à Paris, ou l’inauguration du Parc Vulcania. Novateur, il se fait une spécialité des musiques d’attente téléphonique – pour ADP ou l’Assemblée nationale – grâce auxquelles il monte un business autour de l’identité sonore, rappelle Le Point. Mais l’une de ses plus grandes passions est la photographie. « J’étais un adolescent assez timide quand j’ai débuté, et tenir l’appareil m’a aidé à m’affirmer, tant vis-à-vis du monde extérieur – des jeunes filles ! (rires) – que dans ma famille », confiait-il au site artistikrezo.com en juillet 2020. « L’appareil photo est devenu mon complice, mon intime, une part de moi. » Il expose régulièrement ses clichés réalisés avec son inséparable Minolta. À l’occasion de l’exposition « Perspectives – Franchir le seuil du visible », il affirmait « pour le seul résultat qui vaille à mes yeux : au-delà de toute considération, l’art doit toucher au cœur. Donner du sens. Le pire, c’est l’indifférence, non ? »

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