Russie : décès d'un deuxième médecin de l'hôpital où avait été soigné l'opposant Alexeï Navalny

Publié le par Le Figaro par Ségolène Ginter d’Agrain

Le chef du département de traumatologie et d'orthopédie de l'hôpital d'Omsk est décédé «prématurément» vendredi à la suite d'un AVC. Début février, un autre médecin de cet hôpital avait trouvé la mort «subitement».

Emprisonné, Alexeï Navalny a déclaré le 25 mars dans une plainte être «torturé» en détention par privation de sommeil. Shamil Zhumatov / REUTERS

Emprisonné, Alexeï Navalny a déclaré le 25 mars dans une plainte être «torturé» en détention par privation de sommeil. Shamil Zhumatov / REUTERS

En l'espace de quelques semaines, le décès d'un deuxième médecin de l'hôpital où avait été pris en charge l'opposant russe lors de son empoisonnement, interroge. À Omsk, en Russie, le chef du département de traumatologie et d'orthopédie de l'hôpital russe, où Alexeï Navalny a été soigné pour empoisonnement en août 2020, est décédé vendredi 26 mars, rapporte RadioFreeLiberty/RadioEurope. «Agishev Rustam Gabbasovich, est décédé prématurément», a déclaré la direction de l'hôpital. Or début février, un autre médecin d'Alexeï Navalny a également trouvé la mort «subitement» dans ce centre hospitalier de Sibérie. Sergueï Maximishin, âgé de 55 ans, était médecin-chef adjoint depuis 28 ans dans cet hôpital d'Omsk.

À l’instar du premier décès, l’hôpital d'Omsk, a annoncé dans un communiqué qu'Agishev Rustam, est décédé «soudainement.» Le médecin «a été victime d'un AVC en décembre et en est décédé vendredi.» Il travaillait depuis 30 ans au sein de cet hôpital. Sur son site internet, le directeur lui a rendu hommage : «C'était un médecin talentueux, un dirigeant responsable, un homme de hautes qualités morales et éthiques», a-t-il souligné, précisant «un dévouement sans limite à sa profession, à la compassion et la sagesse».

Ces deux décès surviennent alors que l'affaire Alexeï Navalny est devenue hautement politique. Les médecins approchant l'opposant russe semblent être surveillés de près par les autorités. Les disparitions de deux de ses médecins en l'espace de quelques mois suscitent d'ailleurs des questions dans l'entourage de l'opposant à Poutine. Après le décès de Sergueï Maximishin en février, Leonid Volkov, chef d'état-major de l'opposant, a déclaré sur CNN que ce médecin «en savait plus que quiconque sur l'état d'Alexeï.» «Donc je ne peux pas écarter la possibilité d'un acte criminel», a-t-il ajouté.

Mercredi 3 mars, la Russie a affirmé qu’un syndicat de médecins était considéré comme «agent de l'étranger.» Auparavant, en novembre 2020, le médecin chef de l’hôpital d'Omsk, Alexandre Mourakhovskia, a été promu ministre régional de la Santé, après avoir apporté son soutien à Moscou. Ce médecin a soutenu n'avoir trouvé aucune trace de poison dans l'organisme d'Alexeï Navalny et s'est opposé à son transfert à Berlin.

Sur Twitter, l'opposant russe de 44 ans avait réagi vivement à cette promotion d'Alexandre Mourakhosvia. «L'ascenseur social de Poutine. Tu mens, tu falsifies les résultats des analyses, tu es prêt à servir les chefs de n'importe quelle manière et tu obtiens une récompense, une promotion.» Emprisonné depuis début mars dans une colonie pénitentiaire, à Pokrov, à 100 km de la capitale russe, ses proches s'inquiètent désormais de sa santé faute de pouvoir lui rendre visite.

Publié dans Articles de Presse

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