Annet Armand

Publié le par Roger Cousin

Annet Armand Armand Léon Annet (5 juin 1888 - 25 avril 1973) est un administrateur colonial. Gouverneur de plusieurs territoires, il a été gouverneur-général de Madagascar, durant le régime de Vichy. Né à Paris le 5 juin 1888, à huit heures du matin, rue de Babylone dans le 7e arrondissement. Il effectue ses études secondaires au Lycée Chaptal et obtient le baccalauréat en 1907. Il s'engage dans le 39e régiment d'infanterie à Rouen le 8 octobre 1907, et est libéré le 8 octobre 1910. Il sollicite un emploi en Afrique-Équatoriale française et est nommé commis de 3e classe des services civils. Il embarque à Bordeaux le 24 décembre 1910, arrive le 10 janvier 1911 et est envoyé en Oubangui-Chari. Le 1er janvier 1913, il devient commis de première classe. Il est affecté le 15 mars 1914 au cabinet du gouverneur général, et nommé adjoint de deuxième classe le 1er juillet 1914.

Mobilisé le 1er décembre 1914, comme sous-lieutenant d'infanterie métropolitaine mis à la disposition des troupes coloniales, il prend part à la campagne du Cameroun. Blessé à la jambe droite lors de la prise de Moopa, il est promu lieutenant le 30 août 1916 puis capitaine. Maintenu depuis le 1er avril 1916 à la disposition du général de division Aymérich alors commissaire de la République au Cameroun, il effectue ses fonctions dans le cadre du corps d'occupation du Cameroun, puis comme chef de section dans le bataillon indigène du Moyen Congo. À partir du 11 mai 1917, il remplit les fonctions de chef de cabinet du lieutenant-gouverneur du Moyen Congo. Le 10 avril 1919, il est nommé chef du bureau militaire et chef du service des affaires politiques, puis chef de cabinet à partir du 1er janvier 1920 du commissaire de la République au Cameroun.

Détaché en France à l'Agence Economique du Cameroun, il devient chef-adjoint du cabinet du gouverneur-général de l'A.O.F., puis directeur par intérim à partir du 16 mai 1925 et enfin directeur de cabinet le 6 avril 1927. Sous l'égide du gouverneur-général Carde, il gravit tous les échelons administratifs. Le 23 mai 1931, il est nommé gouverneur de troisième classe et mis en service détaché à la disposition du gouverneur général de l'Algérie ; il participe aux conférences nord africaines d'Alger (1930) et de Tunis (1931). Le 13 novembre 1935, Armand Annet est nommé gouverneur de la Côte française des Somalis. Il devient gouverneur de 2e classe le 11 janvier 1937. Il rentre en France en mai 1937, et est nommé membre du Comité d'études des coutumes indigènes africaines puis membre du Comité colonial des économies.

Le 19 mars 1938, il est nommé par Albert Lebrun gouverneur du Dahomey. En juin 1940, dans un premier temps favorable à la poursuite des hostilités contre l'Allemagne nazi, il se rallie au maréchal Pétain et est nommé commissaire de la République au Cameroun le 14 août. Bloqué à Libreville lors du ralliement de l'A.E.F. à la France libre, Annet rentre à Dakar lorsque les premières troupes des Forces françaises libres pénètrent dans Libreville. Le 11 décembre 1940, il est nommé, par le gouvernement de Vichy, gouverneur général de Madagascar à la place de Léon Cayla. Il arrive à Madagascar le 12 avril 1941 et prend ses fonctions le 15 avril. Il poursuit la politique de son prédécesseur (Victor Marius Bech) : la mise en œuvre de la Révolution nationale prônée par Pétain. En 1942, il s'oppose au débarquement britannique lors de l'opération Ironclad. Tous les bateaux français mouillant à Diego-Suarez sont coulés. Annet organise la bataille de Madagascar qui durera plusieurs mois. Replié à Ihosy, le 6 novembre 1942, il signe un armistice avec les Britanniques et obtient le maintien de la souveraineté française.

Armand Annet est envoyé en résidence surveillé à Zefonstein, petite ville située à une cinquantaine de kilomètres de Johannesburg (Afrique du Sud). Le 21 octobre 1944, il embarque au Cap pour Casablanca. Le 6 juin 1945, il est écroué à la maison d'arrêt de Casablanca puis transféré le 6 juillet à la prison de Fresnes où il effectue 21 mois de détention préventive. Le 21 mars 1947 : la Haute Cour de justice le condamne à la dégradation nationale à vie. En juillet 1949, Annet bénéficie d'un recours en grâce qui ramène la durée de la dégradation nationale à 5 ans. La loi du 6 août 1953, lui permet de solliciter une amnistie par décret, promulgué le 15 avril 1954. Il décède le 25 avril 1973, rue de la Motte Picquet à Paris. Il est chevalier de la Légion d'honneur le 4 septembre 1920, officier le 2 août 1932, il finit commandeur. Ses titres lui sont rendus après sa condamnation. Il est décoré de l'Ordre de l'Etoile Noire du Bénin le 30 octobre et proposé pour les Palmes académiques le 31 décembre 1922. Il est décoré de la Croix de Guerre (deux citations à l'ordre du régiment, une citation à l'ordre de la division, et une à l'ordre de l'armée), Croix de guerre belge, Officier du Nicham Iftikar et médaille coloniale agrafe A.E.F.

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