Castres. Baraque 21 : la plaque tarde à être apposée

Publié le par La Dépêche

La Dépêchepublié le 20/06/2013 à 08h50

La plaque en mémoire des internés antinazis de la prison de Castres sera-t-elle installée avant septembre ? Malgré les affirmations du maire, selon l’Institut d’histoire sociale, le dossier n’aurait pas avancé.

Selon une déclaration du maire Pascal Bugis faite lors du dernier conseil municipal - en réponse à une question du groupe d’opposition Castres à gauche vraiment - la polémique à propos de l’installation d’une plaque à la mémoire des antifascistes et antinazis internés dans la prison de la ville entre 1941 et 1943 n’avait plus lieu d’être. «Nous avons répondu à L’Institut tarnais d’histoire sociale, et nous avons, je le crois, trouvé une rédaction d’un texte pour la plaque qui soit aussi consensuelle que possible», a affirmé le maire divers droite. Sauf que l’Institut en question, interrogé, s’inscrit totalement en faux : «A ce jour, je peux vous certifier que nous n’avons aucune réponse du maire de Castres, nous affirme le secrétaire général de l’Institut tarnais d’histoire sociale (ITHS), association affiliée à la CGT. Nous n’en avons d’ailleurs jamais eu, malgré nos rappels.»

Depuis janvier 2011, l’ITHS a attiré l’attention du maire sur «l’intérêt d’apposer une plaque commémorative sur le centre de loisirs rue Emile-Zola», qui, dénommée Baraque 21, fut une prison vichyste au service de la Gestapo (voir encadré). Intérêt qui en cette année s’affirme avec encore plus d’acuité puisque l’on célébrera une évasion spectaculaire de cette prison le 16 septembre 1943.

Plaque apposée dedans ou dehors ?

«Il se moque donc de nous ouvertement et fait preuve d’une mauvaise foi incroyable», s’insurge le secrétaire.

Toutefois, le maire confirme bien dans un courrier qu’une «plaque sera apposée dans l’immeuble qui abritait la prison à Castres en 1943». Mais, il s’agit d’un courrier adressé en réponse à la lettre sur ce sujet adressée par le fils d’un interné, Fernand Reitz de Colmar !

On relèvera par ailleurs qu’une préposition de la phrase risque fort de faire enfler la polémique au sujet de cette plaque commémorative : «Une plaque sera apposée dans l’immeuble…», écrit en effet le maire. Alors qu’évidemment l’Institut songeait à une plaque à l’entrée de Loisirs centre, visible par tout passant. Décidément, on pourrait se demander à qui et pourquoi cette plaque donne des boutons ?

Une histoire méconnue

Le centre de loisirs de la rue Emile-Zola, ancienne MJC, a abrité entre 1941 et 1943 une prison secrète appelée Baraque 21 mise en place par le gouvernement de Vichy pour y interner des réfugiés politiques étrangers anti-hitlérien et des résistants français. Et le 16 septembre 1943, 38 détenus de onze nationalités ont réussi à s’en évader grâce à la complicité de résistants et d’habitants de Castres et ses environs. Une évasion notamment racontée dans le détail par Jonny Granzow, journaliste et écrivain allemand, dans un livre sorti en 2009 après 10 ans d’enquête et qui a permis de mieux connaître ces événements un peu oubliés, voire méconnus de beaucoup de Castrais. Des faits confirmés par les historiens locaux favorables à l’apposition d’une plaque après avoir été sondés par le maire. D’ailleurs l’auteur s’étonne dans son ouvrage que rien, à Castres, ne rappelle ce fait spectaculaire, ni que cette bâtisse avait été une prison. Ce qui a incité l’ITHS à solliciter le maire par courrier à plusieurs reprises depuis 2011.

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