Mercredi 9 octobre 1940 3 09 /10 /Oct /1940 17:29

Stauffenberg Claus von Le complot du 20 juillet, ou attentat du 20 juillet 1944, contre Adolf Hitler, est l'événement le plus marquant de la Résistance allemande au nazisme au régime d'Adolf Hitler. La première opération du complot consistait à commettre un attentat à la bombe contre Hitler.

L’opération Walkyrie (« Operation Walküre ») est à l'origine un plan de prise de contrôle de l'Allemagne par l'armée, plan d'urgence en cas d'insurrection. Les membres du complot contre Hitler s'étaient rendu compte, que ce plan mis en application par eux immédiatement après l'attentat, et en utilisant l'attentat comme prétexte, leur permettrait de mener un coup d'État. Par métonymie, on appelle aussi opération Walkyrie le complot lui-même.

La première phase du complot échoua. La bombe que le colonel Claus von Stauffenberg avait posée dans le Wolfsschanze, l'un des quartiers-généraux du Führer, ne tua pas le dictateur. Les membres de la conspiration hésitèrent à lancer l'opération Walkyrie, alors que ni la mort, ni la survie d'Hitler, n'étaient confirmées. Ces hésitations empêchèrent la prise de pouvoir, que Stauffenberg pensait pourtant possible, même si Hitler avait survécu.

Ceux qui ont pris part à la conspiration venaient de différentes couches de la population et avaient des contacts variés avec le Cercle de Kreisau d'Helmuth James von Moltke. Parmi les 200 personnes qui furent exécutées à la suite de l'échec du complot se trouvent un Generalfeldmarschall (Erwin von Witzleben), 19 généraux, 26 colonels, deux ambassadeurs, sept diplomates, un ministre, trois secrétaires d'État ainsi que le chef de la police criminelle. Il faut ajouter à ces hommes plusieurs dirigeants de haut rang (Oberpräsidenten, Polizeipräsidenten, et Regierungpräsidenten).

Dès 1938, une velléité de résistance se manifesta dans le cercle des officiers contre les préparatifs de guerre du régime nazi. La cause en était le licenciement du général Werner von Blomberg, ministre de la Guerre et l'affaire concernant Werner von Fritsch au début de l'année. Hitler en avait besoin pour affaiblir le commandement de la Wehrmacht et réaliser les préparatifs de guerre qu'il avait décidé d'entreprendre. Au printemps, le chef d'état-major de la Wehrmacht, le général en chef Ludwig Beck, démissionna en raison de la crise annoncée des Sudètes. Beck avait exigé des explications d'Hitler sur les objectifs de sa politique extérieure. Il lui avait été fermement signifié par celui-ci que « la charge de diriger l'épée, où et quand, ce serait toujours lui, Hitler, qui l'aurait ». La voie était libre pour la nomination aux postes les plus importants des amiraux et des généraux complètement acquis à Hitler.

Erwin von Witzleben, commandant de la zone militaire de Berlin (Wehrkreis III), et Walter von Brockdorff-Ahlefeldt, commandant de la garnison de Potsdam, voulaient organiser le renversement de Hitler en septembre 1938. Une division de Panzer sous le commandement du Generaloberst Erich Hoepner se tenait prête pour la chute. Il avait été prévu une action militaire et l'arrestation d'Hitler avec l'aide du chef d'état-major des armées Franz Halder. Pour tout le reste, le major Hans Oster de l'Abwehr décida de coopérer avec Ernst von Weizsäcker, secrétaire d'État au ministère des Affaires étrangères. Le frère de son confident, le Dr Theo Kordt, était ambassadeur à Londres. Celui-ci avait pour mission de prendre contact avec le ministre des Affaires étrangères britannique Lord Halifax. Cependant, le Premier ministre britannique Neville Chamberlain fit le voyage à Munich en septembre 1938. Là, Chamberlain et ses homologues français et italien cédèrent les Sudètes, afin de sceller à tout prix les accords de Munich. La résistance à Hitler avait perdu son soutien à l'étranger.

Et Hitler recevait, par la voie pacifique, ce dont il voulait se saisir par la force. La population allemande, jusque là hésitante en raison du risque de guerre, céda majoritairement à un enthousiasme euphorique pour Hitler. Une nouvelle tentative de résistance se manifesta avant la crise polonaise de l'été 1939. Gerhard Graf von Schwerin, dirigeant du groupe Angleterre/Amérique à l'état-major général, fut envoyé à Londres. Il remit pour message : « Envoyez une flotte à Danzig. Poussez l'Union soviétique à conclure un pacte militaire. La seule chose qui peut arrêter Hitler pour une autre aventure est la menace d'un second front. » Il échoua, comme échouera l'homme politique Friedrich Goerdeler peu de temps après lui.

En juin 1942, Adam von Trott communiqua à Solz au péril de sa vie un mémoire venant de Londres. Le ministre britannique des Affaires étrangères Anthony Eden déclina pourtant toutes les propositions de ceux qu'il tint pour des traîtres à leur pays. Il qualifiait une collaboration d'impossible « aussi longtemps qu'ils ne se découvriront pas et ne donneront pas un signe clair de leurs intentions en collaborant à l'affaiblissement du régime nazi ». Plusieurs autres tentatives de se débarrasser de Hitler n'aboutirent pas. Le 21 mars 1943, Rudolf Christoph Freiherr von Gersdorff tente de se faire sauter avec Hitler et la fine fleur berlinoise présente au Berliner Zeughaus, un célèbre bâtiment historique sur l'avenue Unter den Linden).

Peu de temps auparavant, l'officier Henning von Tresckow essaya de tuer le Führer à bord de son avion avec un détonateur placé dans une bouteille de liqueur, mais comme la température à l'intérieur de la soute était trop basse, le feu ne put prendre à bord de l'avion.

Stauffenberg ne fut pas, dès le début, un opposant au régime. En 1938 encore, il participait à l'annexion des Sudètes. Mais vers le début de l'année 1939, il commença à éprouver un certain scepticisme pour le régime et, en 1942, il se décida à lutter activement contre celui-ci. Stauffenberg était déchiré entre la tradition du soldat fidèle à sa patrie, le serment qu'il avait prêté au Führer, et ses convictions — il ne voulait pas assister plus longtemps aux massacres et aux crimes de masse sans rien faire. Ce conflit intérieur est clairement exprimé par Stauffenberg en ces termes : « Il est temps de faire quelque chose. Bien sûr, celui qui osera agir doit être conscient qu'il rentrera dans l'histoire allemande en tant que traître. Mais qu'il renonce à son acte, et alors il sera un traître vis-à-vis de ses convictions. Je ne pourrais pas regarder dans les yeux les femmes et les enfants de ceux qui sont tombés si je ne tentais pas tout pour empêcher ce sacrifice humain absurde. »

En juillet 1944, Stauffenberg fit plusieurs tentatives pour monter un attentat. L'attentat fut cependant reporté à plusieurs reprises, car Goering, ou Himmler n'étaient pas présent. Au petit matin, le colonel von Stauffenberg s'envole en compagnie de son aide de camp l'Oberleutnant Werner von Haeften de Berlin pour le quartier général du Führer, le Wolfsschanze à Rastenburg, en Prusse-Orientale. Haeften emmenait avec lui deux charges d'explosif de type « Plastit W », appellation allemande d'un explosif anglais, qui avaient été fabriquées par von Gersdorff.

Stauffenberg apprend, peu de temps après son arrivée au Wolfsschanze, que la réunion pour faire le point avait été avancée d'une demi-heure parce qu'Hitler avait prévu dans l'après-midi une rencontre avec Benito Mussolini. L'attentat prévu menaçait d'échouer, puisqu'il restait encore à activer sur les charges explosives, les minuteries des détonateurs. Stauffenberg prétend alors, à l'ordonnance d'Hitler, qu'il voulait mettre une nouvelle chemise. Puisqu'il avait besoin d'aide, il était manchot, il put préparer les charges explosives avec Haeften. Aussitôt que les capsules d'acide sur les charges ont été éventrées, il ne restait plus que de 10 à 15 minutes avant l'explosion.

Dérangé par un sergent qui fit irruption dans la chambre, il ne peut mettre en place qu'un seul kilogramme d'explosif au lieu des deux prévus. C'est alors que, fautes de connaissances suffisantes en matière d'explosifs, il commit une faute lourde de conséquences. Au lieu de placer le deuxième paquet sans détonateur dans le sac avec le paquet appelé à exploser, il ne déposa qu'un seul kilogramme dans celui-ci. L'explosion du paquet opérationnel aurait inévitablement fait aussi exploser le paquet sans détonateur, ce qui aurait entraîné, de manière certaine, la mort de toutes les personnes dans la pièce.

Stauffenberg quitta la conférence sous le prétexte d'un coup de téléphone. Peu de temps avant l'explosion, le sac fut déplacé sous une solide table de chêne par le colonel Heinz Brandt car celui-ci était gêné. À 12h42, l'explosion retentit. Quatre personnes, dont le général Rudolf Schmundt, furent sévèrement blessées, et décèdent de leurs blessures peu de temps après à l'hôpital.

Cependant, Hitler ne fut que légèrement blessé, il ne souffrit en effet que d'éraflures et de contusions. Comme le raconte le futur général de la Bundeswehr Adolf Heusinger, il était en train de rendre compte au Führer de la situation au nord de l'Union soviétique, lorsque la bombe explosa. Les deux hommes se tenaient donc loin de l'immense carte déployée sur la table principale, lorsque la détonation retentit. C'est la principale raison du peu d'effet de la bombe sur Hitler.

Les autres conjurés étaient le général Ludwig Beck, le général Friedrich Olbricht, le général de division Henning von Tresckow, Paul von Hase, le général Carl-Heinrich von Stülpnagel, le général Helmuth Stieff, le préfet de police de Berlin Comte Wolf Heinrich von Helldorf, Carl Goerdeler, Alfred Delp, le lieutenant-colonel Robert Bernardis, Carl Szokoll, le comte Hans-Jürgen von Blumenthal, Adam von Trott zu Solz, Gottfried von Bismark et la princesse Marie Vassiltchikov, Erich Fellgiebel.

Erwin Rommel et Günther von Kluge, étaient au courant de l'attentat et furent contraints au suicide. Erwin von Witzleben, membre de la conspiration, fut pendu après un procès devant le Volksgerichtshof, présidé par Roland Freisler. Le général Erich Hoepner subira le même sort le 8 août, dans la prison de Plötzensee. Seul Philip von Boeselager échappa à la répréssion. Ernst Jünger écrivait le 26 juillet 1944 dans son journal à Paris : « Les conséquences de tels actes échappent au calcul ; ils déclenchent le plus souvent de toutes autres forces que leur auteur ne l'avait prévu. Ils influent moins sur la direction que sur le rythme de l'histoire, tantôt l'accélérant, tantôt le freinant. »


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