Cousteau Pierre-Antoine

Publié le par Roger Cousin

Cousteau Pierre-AntoinePierre-Antoine Cousteau, né le 18 mars 1906, à Saint-André-de-Cubzac et mort le 17 décembre 1958, est un polémiste et un journaliste collaborationniste français. Il est le frère aîné de Jacques-Yves (le célèbre commandant Cousteau). D'abord homme « à l'extrême gauche de l'extrême gauche » (selon ce qu'il dit lui-même dans En ce temps-là), « le plus voltairien de nous tous », selon Lucien Rebatet, il évoluera peu à peu vers le fascisme, avec la rencontre de plusieurs journalistes de droite, en particulier Pierre Gaxotte, son mentor de l'époque (Gaxotte ensuite coupera tout lien avec ses anciens amis en 1944, et témoignera à charge lors des procès de l'épuration). Il renoue dans les années 1930 avec la tradition des canulars, promouvant par exemple Édouard Herriot, alors que celui-ci est en visite officielle en URSS, au grade fantaisiste de « colonel de l'Armée rouge ». Cette farce poursuivra l'ancien Président du Conseil longtemps après.

Il collabore ensuite au journal Je suis partout en compagnie de Rebatet et de Robert Brasillach, puis dirige le journal, succédant à ce dernier. C'est un « ultra de la Collaboration » jusqu'à la fin de la guerre, il fut dit à tort qu'il avait été milicien participant à une expédition contre des résistants ce qui est inexact comme le prouvent les minutes de son procès (il avait suivi pour un reportage en Bretagne l'arrestation de trois "résistants" par des miliciens. Ces trois personnes furent relâchées le lendemain). Sa conviction était que l'Allemagne représentait à l'époque, « malgré tous ses crimes, la dernière chance de l'homme blanc ».

Lors de son procès, en 1946, il apparaît ainsi comme un des rares inculpés à assumer ses actes (Le Parisien Libéré, 21 novembre 1946, sous la signature d'Armand Gatti et sous le titre : « après deux lâches (Rebatet et Jeantet), enfin un dur ». : « Cousteau prend des risques, exploite avec beaucoup d'humour ses démêlés avec Laval et ses contacts avec Abetz. Il parvient à provoquer le rire ce qui, pour un accusé en si fâcheuse posture - et dont l'avenir paraît si singulièrement limité - est une véritable gageure »). Il recevra aussi le soutien du futur écrivain Jacques Yonnet, résistant, membre du parti communiste français, qui témoignera à décharge et écrira : « C'était un ennemi loyal » (Le Figaro, 23 novembre 1946).

Il est condamné à mort, puis gracié par Vincent Auriol. Pierre-Antoine Cousteau est libéré en 1953. Il collabore ensuite à l'hebdomadaire Rivarol et à la revue Lectures françaises. Il publiera à nouveau quelques ouvrages, toujours dans son style détaché et ironique, notamment sur ses arrestations successives lorsqu'il est traqué dans toute l'Europe après la Libération (Les lois de l'hospitalité). Le Monde rendra compte de sa mort, en 1958, en ces termes : « Fidèle à son passé, à ses idées et à ses amis, Pierre-Antoine Cousteau n'avait rien perdu de son talent de polémiste ».

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