Curtis Tony

Publié le par Roger Cousin

Tony Curtis, de son vrai nom Bernard Schwartz, est un acteur et producteur américain, né le 3 juin 1925 à New York (États-Unis), et mort le 29 septembre 2010 à son domicile à Henderson, dans le Nevada. Il fut marié à l'actrice Janet Leigh, mère de sa fille Jamie Lee Curtis, elle-même comédienne. 

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Acteur incontournable des années 1950 et 1960, il est entré dans la légende du cinéma grâce à ses rôles dans Le Grand Chantage, Les Vikings, Spartacus et surtout Certains l'aiment chaud. Habitué aux rôles de playboy dans des comédies légères, il a su toutefois montrer qu'il était capable d'assurer un registre dramatique, notamment dans L'Étrangleur de Boston. Il est également connu pour sa participation à la série télévisée Amicalement Vôtre avec Roger Moore. Retiré du cinéma, il s'adonnait principalement depuis les années 1980 à la peinture et à la photographie. Bernard Schwartz est né le 3 juin 1925, à New York, dans le quartier pauvre du Bronx, fils aîné d'Emanuel et Helen Schwartz, émigrés juifs hongrois. Il vit dans la misère, dans la boutique de tailleur de son père en compagnie de ses deux frères cadets [Julius (1929-1938) et Robert (1940-1992)], auprès d'une mère schizophrène et dure : « Quand j'étais enfant, maman me battait et fut très agressive et hostile ». Le plus jeune de ses frères, Robert est placé en institution psychiatrique, en conséquence du comportement de sa mère. Le puîné, Julius, est heurté et tué par un camion lorsque Tony a treize ans. Tony Curtis est d'ailleurs profondément marqué par cet accident, son frère étant son meilleur - et peut-être son seul - ami. Il passe beaucoup de temps dans la rue, y fait de mauvaises fréquentations et finit par se faire arrêter et placer en centre de redressement. C'est là qu'il découvre le théâtre et le cinéma, et son envie de vouloir y briller.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est dans la Marine, à bord du ravitailleur de sous-marin USS Proteus (AS-19) (en). Il assiste à la capitulation du Japon dans la baie de Tokyo, le 2 septembre 1945. Ancien combattant, on lui octroie une bourse qui lui permet de s'inscrire dans un cours d'art dramatique à New York. C'est au cours d'une pièce de théâtre, Golden Boy, qu'il est repéré par un agent d'Universal, qui lui fait signer un contrat de sept ans. Il arrive à Hollywood en 1948, âgé de 23 ans. De son propre aveu, à cette époque, il est surtout intéressé par les filles et l'argent. Il adopte très vite le nom de Anthony Curtis, puis de Tony Curtis, et tourne un certain nombre de séries B sans intérêt. Il obtient son premier rôle important auprès de James Stewart dans Winchester '73 et la même année dans Le voleur de Tanger de Rudolph Maté où son physique athlétique et son visage bronzé lui permettent de jouer les personnages « orientaux », comme dans Houdini le grand magicien ou Le fils d'Ali Baba. Il rencontre et épouse l'actrice Janet Leigh le 4 juin 1951. Ils auront deux enfants : Kelly (1956) et Jamie (1958), toutes deux plus connues sous les noms de Kelly Curtis et de Jamie Lee Curtis.

Son premier grand film est Trapèze avec Burt Lancaster en 1956, qui reçoit plusieurs récompenses. Sa performance dramatique ne passe pas inaperçue. L'année suivante, il reforme avec Lancaster un duo pour un film charnière dans sa carrière, Le Grand Chantage (Sweet Smell of Success), qui le consacre véritablement à Hollywood. La superstar Kirk Douglas, producteur et acteur principal du film Les Vikings l'engage, avec Janet Leigh, pour jouer Eric, l'esclave demi-frère et ennemi de Einar (interprété par Douglas). Cette fresque historique est un immense succès à travers le monde. Toujours avec sa femme, il tourne sous la direction de Blake Edwards Vacances à Paris, une comédie romantique légère, ainsi qu'Opération Jupons, dans lequel il interprète un officier de l'US Navy. Ces films le confortent dans les rôles de séducteur playboy. La Chaîne, de Stanley Kramer la même année est également un grand succès : il est nommé à l'Oscar du Meilleur Acteur sans toutefois le remporter.

Un autre maître de la comédie, Billy Wilder fait appel à lui et à Jack Lemmon pour donner la réplique à Marilyn Monroe dans un classique du cinéma Certains l'aiment chaud, film considéré par l'AFI comme la plus grande comédie de tous les temps. Associé avec sa femme dans une société de production, il produit et interprète Qui était donc cette dame ?. Insistant pour avoir un rôle dans la nouvelle superproduction de Kirk Douglas, ce dernier lui crée un rôle dans Spartacus, celui du poète Antoninus. Il apporte de la fraîcheur au film Deux têtes folles avec Audrey Hepburn et William Holden et, retrouvant Douglas et Lancaster, il participe au naufrage commercial du film Le Dernier de la liste de John Huston. Le 18 juillet 1962, il divorce de Janet Leigh. Les films qui suivent ne marquent pas la mémoire des cinéphiles : Une Vierge sur canapé avec Natalie Wood ou La Grande Course autour du monde constituent toutefois des divertissements de qualité. Il donne la réplique à Jerry Lewis dans Boeing Boeing en 1965 et prête sa voix à Roman Polanski pour son Rosemary's baby. Voulant réellement prouver qu'il est un acteur dramatique capable, et pas seulement un comique bon aux films commerciaux, il insiste pour jouer le rôle principal de L'Etrangleur de Boston. Appuyé par le réalisateur Richard Fleischer et par un cachet ridicule, il obtient le rôle et une nomination aux Golden Globes.

Dès lors, Tony Curtis se tourne vers la télévision. Son dernier grand rôle marquant au cinéma est celui de Chester Schofield dans Gonflés à bloc de Ken Annakin en 1969. Une seconde carrière s'ouvre alors à lui, avec autant de succès, grâce à la série Amicalement vôtre avec Roger Moore. En France, on se souvient autant de son personnage, que de sa voix française, doublée par Michel Roux. Il apparaît aussi dans les séries McCoy et Vega$ ainsi que dans le dernier épisode de la saison 5 (24-25) des Experts réalisé par Quentin Tarantino, où il fait une brève apparition. Retiré du cinéma et de la télévision, Tony Curtis mène une carrière de peintre à partir des années 1980. Ses toiles valent à présent près de 25 000 dollars et sont exposées à la galerie Tony Vanderploeg à Carmel en Californie. Il possède son étoile sur le Walk of Fame à Hollywood et a été fait chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres en France, en 1995. En 2002, Tony Curtis reprit en tournée le rôle du millionnaire Osgood Fielding III dans Certains l'aiment chaud, une version révisée de la comédie musicale Sugar donnée à Broadway en 1972 et inspirée du film de Billy Wilder dans lequel ce rôle avait été interprété par Joe E. Brown. Acteur populaire et internationalement connu, il n'a cependant jamais reçu de Golden Globe, ni d'Oscar. Tony Curtis meurt le 29 septembre 2010 à l'âge de 85 ans, suite à un malaise cardiaque. Tony Curtis a été marié six fois, et est père de six enfants :

  • Sa première épouse, de loin la plus connue, était l'actrice Janet Leigh (1927-2004), avec qui il est resté marié onze ans, et qui lui donnera deux filles : Kelly Curtis (née en 1956) et Jamie Lee Curtis (née en 1958), toutes deux actrices ;
  • Christine Kaufmann (8 février 1963–1967), dont deux filles : Alexandra (née en 1964) et Allegra (née en 1966) ;
  • Leslie Allen (20 avril, 1968–1982), dont deux fils : Nicholas Curtis, (30 décembre 1971 - Provincetown, Massachusetts, 2 juillet 1994, d'une overdose), acteur, et Benjamin Curtis (1973) ;
  • Andrea Savio (1984–1992) ;
  • Lisa Deutsch (28 février 1993–1994) ;
  • Jill Vandenberg Curtis (6 novembre 1998-29 septembre 2010), sa veuve.

Filmographie

  • 1949 : Graine de faubourg (City Across the River) de Maxwell Shane
  • 1949 : Une femme joue son bonheur (The Lady Gambles) de Michael Gordon
  • 1949 : Pour toi j'ai tué (Criss Cross ) de Robert Siodmak
  • 1950 : Winchester '73 de Anthony Mann
  • 1951 : Le Voleur de Tanger (The Prince Who Was a Thief) de Rudolph Maté
  • 1953 : Houdini le grand magicien (Houdini) de George Marshall
  • 1953 : Le Fils d'Ali Baba (Son of Ali Baba) de George Marshall
  • 1953 : La Patrouille infernale (Beachead) de Stuart Heisler
  • 1954 : Le Chevalier du roi (The Black Shield of Falworth) de Rudolph Maté
  • 1954 : Les Bolides de l'enfer (Johnny Dark) de George Sherman
  • 1955 : La Police était au rendez-vous (Six Bridges to Cross) de Joseph Pevney
  • 1955 : ça c'est Paris (So This Is Paris) de Richard Quine
  • 1955 : Le Cavalier au masque (The Purple Mask) de H. Bruce Humberstone
  • 1955 : Les Années sauvages (The Rawhide Years) de Rudolph Maté
  • 1956 : Trapèze (Trapeze) de Carol Reed
  • 1957 : L'Extravagant Monsieur Cory (Mister Cory) de Blake Edwards
  • 1957 : Le Grand Chantage (Sweet Smell of Success) de Alexander Mackendrick
  • 1958 : Les Vikings (The Vikings) de Richard Fleischer
  • 1958 : La Chaîne (The Defiant Ones) de Stanley Kramer
  • 1958 : Les Diables au soleil (Kings Go Forth) de Delmer Daves
  • 1958 : Vacances à Paris (The Perfect Furlough) de Blake Edwards
  • 1959 : Certains l'aiment chaud (Some Like It Hot) de Billy Wilder
  • 1959 : Opération jupons (Operation Petticoat) de Blake Edwards
  • 1960 : Qui était donc cette dame ? (Who Was That Lady?) de George Sidney
  • 1960 : Spartacus de Stanley Kubrick
  • 1960 : Pepe de George Sidney : (Caméo)
  • 1960 : Les Pièges de Broadway (The Rat Race) de Robert Mulligan
  • 1961 : Le Roi des imposteurs (The Great Impostor) de Robert Mulligan
  • 1962 : Tarass Boulba de J. Lee Thompson
  • 1962 : Des ennuis à la pelle (40 Pounds of Trouble) de Norman Jewison
  • 1963 : Le Dernier de la liste (The List of Adrian Messenger) de John Huston
  • 1963 : Le Combat du Capitaine Newman (Captain Newman, M.D.) de David Miller
  • 1964 : Au revoir, Charlie (Goodbye Charlie) de Vincente Minnelli
  • 1964 : Une Vierge sur canapé (Sex and the Single Girl) de Richard Quine
  • 1965 : La Grande Course autour du monde (The Great Race) de Blake Edwards
  • 1965 : Boeing Boeing (Boeing (707) Boeing (707)) de John Rich
  • 1966 : Surtout pas avec ma femme (Not with My Wife, You Don't!) de Norman Panama
  • 1967 : Comment réussir en amour sans se fatiguer (Don't Make Waves) d'Alexander Mackendrick
  • 1968 : Rosemary's baby de Roman Polanski : Donald Baumgart (voix) (non crédité)
  • 1968 : L'Étrangleur de Boston (The Boston Strangler) de Richard Fleischer
  • 1969 : Gonflés à bloc (Monte Carlo or Bust) de Ken Annakin
  • 1970 : Les Baroudeurs
  • 1975 : Lepke, le caïd
  • 1976 : Le Dernier Nabab
  • 1976 : Casanova and co
  • 1978 : The Bad news bears go to Japan
  • 1978 : Le Faiseur d'épouvantes (The Manitou) de William Girdler
  • 1978 : Sextette de Ken Hughes
  • 1979 : Title shot
  • 1979 : Deux affreux sur le sable
  • 1980 : Le miroir se brisa
  • 1980 : La Puce et le Grincheux
  • 1983 : Brainwaves
  • 1983 : Where is Parsifal? de Henri Helman
  • 1986 : Balboa de James Polakof
  • 1986 : Banter de Hervé Hachuel
  • 1986 : Meurtre en trois actes de Gary Nelson
  • 1989 : L'Homme homard venu de Mars (Lobster Man from Mars)
  • 1993 : Momie : la Résurrection (The Mummy Lives)
  • 1994 : Naked in New York
  • 1994 : A Century of Cinema
  • 1995 : The Celluloid Closet
  • 1998 : Louis & Frank
  • 2008 : David & Fatima
  • 2008 : The Jill & Tony Curtis Story

Télévision

  • 1971 : Amicalement vôtre… (The Persuaders!) : Danny (Daniel) Wilde
  • 1975 : McCoy
  • 1978 : Vega$
  • 1996 : Loïs et Clark (épisode 3x15 : Vive les Mariées!) : Dr Mamba
  • 2005 : Touche pas à mes filles (8 Simple Rules)
  • 2005 : Les Experts (épisode 5x24-25) (CSI: Crime Scene Investigation)

Publié dans Acteurs et Actrices

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