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Louis Ferdinand Auguste Destouches, plus connu sous son nom de plume Louis-Ferdinand Céline (prénom de sa grand-mère et l'un
des prénoms de sa mère), généralement abrégé en Céline (1894-1961), est un médecin et écrivain français, le plus traduit et diffusé dans le monde parmi ceux du XXe siècle après Marcel Proust.
Sa pensée nihiliste est teintée d'accents héroïcomiques et épiques. Controversé en raison de ses pamphlets antisémites et de son engagement collaborationniste, il n'en demeure pas moins un des
plus grands écrivains de la littérature française du XXe siècle.
Il est le créateur d'un style qui traduit toute la difficulté d'une époque à être et à se dire et qui exprime sa haine du monde moderne. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands
prosateurs de son temps, aux côtés d'autres connaisseurs de l'absurdité humaine comme Jean-Paul Sartre, Albert Camus et Samuel Beckett.
Louis-Ferdinand Céline est né le 27 mai 1894 à Courbevoie, département de la Seine, au 11, rampe du Pont-de-Neuilly (aujourd'hui chaussée du Président-Paul-Doumer), ainsi qu'il le répète avec
insistance dans D'un château l'autre. Il est le fils de Fernand Destouches (Le Havre 1865 - Paris 1932), issu du côté paternel d'une famille de petits commerçants et d'enseignant d'origine
normande installés au Havre et bretonne du côté maternel, et de Marguerite Guillou (Paris 1868 - Paris 1945), issue d'une famille bretonne venue s'installer en région parisienne pour travailler
comme artisans et de petits commerçants.
Ses parents déménagent et s'installent à Paris passage Choiseul dans le quartier de l'Opéra où Céline passe toute son enfance dans ce qu'il appelle sa « cloche à gaz » en référence à l'éclairage
de la galerie par la multitude de becs à gaz au début du XXe siècle. Son père est employé d'assurances et « correspondancier » selon les propres mots de l'écrivain et avait des prétentions
nobiliaires (parenté revendiquée plus tard par son fils avec le chevalier Destouches, immortalisé par Jules Barbey d'Aurevilly), et sa mère est commerçante en dentelles dans une petite boutique
du passage Choiseul. Il reçoit une instruction assez sommaire, malgré deux séjours linguistiques en Allemagne et en Angleterre. Il occupe de petits emplois durant son adolescence, notamment dans
des bijouteries, et s'engage dans l'armée française en 1912 à 18 ans par devancement d'appel.
Il rejoint le 12e régiment de cuirassiers à Rambouillet. Il utilisera ses souvenirs d'enfance dans Mort à crédit et ses souvenirs d'incorporation dans Casse-pipe (1949). Il est promu maréchal des
logis le 5 mai 1914 quelques semaines avant son vingtième anniversaire. Trois mois plus tard, son régiment participe aux premiers combats de la Première Guerre mondiale en Flandre Occidentale.
Pour avoir accompli une liaison risquée dans le secteur de Poelkapelle au cours de laquelle il est grièvement blessé à l'épaule droite – et non à la tête, contrairement à une légende tenace qu'il
avait lui-même répandue, affirmant avoir été trépané –, et dès l'automne 1914 avoir eu le tympan abîmé, il sera décoré de la Croix de guerre avec étoile d'argent, ce qui lui conférera la Médaille
militaire, le 24 novembre 1914.
Inapte au combat, il est affecté comme auxiliaire au service des visas du consulat français à Londres (dirigé par l'armée en raison de l'état de siège) puis réformé après avoir été déclaré
handicapé à 70 % en raison des séquelles de sa blessure. L'expérience de la guerre jouera un rôle décisif dans la formation de son pacifisme et de son pessimisme. Il contracte alors un engagement
avec une compagnie de traite qui l'envoie en Afrique. Rencontre importante qui complète sa formation intellectuelle : il travaille en 1917-1918 auprès du savant-inventeur-journaliste-conférencier
Henry de Graffigny. Embauchés ensemble par la mission Rockefeller, ils parcourent la Bretagne en 1918 pour une campagne de prévention de la tuberculose.
Après la guerre, il se fixe à Rennes. Ayant épousé Edith Follet la fille du directeur de l'École de médecine de Rennes (le 10 août à Quintin (Côtes-du-Nord)), celle-ci donne naissance à son
unique fille, Colette Destouches, le 15 juin 1920. Il prépare le baccalauréat, qu'il obtiendra en 1919, puis poursuit des études de médecine de 1920 à 1924 en bénéficiant des programmes allégés
réservés aux anciens combattants. Sa thèse de doctorat, La Vie et l'œuvre d'Ignace Philippe Semmelweis (1924), est considérée comme sa première œuvre littéraire.
Il publie La Quinine en thérapeutique (1925). Après son doctorat, il est embauché à Genève par la fondation Rockefeller qui subventionne un poste de l'Institut d'hygiène de la SDN, fondé et
dirigé par le Dr Rajchman. Sa famille ne l'accompagne pas. Il effectue plusieurs voyages en Afrique et en Amérique avec des médecins. Cela l'amène notamment à visiter les usines Ford au cours
d'un séjour à Détroit qui durera un peu moins de 36 heures.
En 1926, il rencontre à Genève Elizabeth Craig (1902-1989), une danseuse américaine, qui sera la plus grande passion de sa vie. C'est à elle, qu'il surnommera l'Impératrice, qu'il dédiera le
Voyage au bout de la nuit. Elle le suit à Paris, rue Lepic, mais le quitte en 1933, peu après la publication du Voyage. Il partira à sa recherche en Californie, mais ce sera pour apprendre
qu'elle a épousé un Israélite, Ben Tankel ; après quoi on n'entendra plus parler d'elle jusqu'en 1988, date à laquelle l'universitaire américain Alphonse Juilland la retrouvera, quelques jours
avant Jean Monnier, qui était sur sa trace également. Elle affirmera alors dans une interview qu'elle craignait qu'en perdant sa beauté avec l'âge, elle finisse par ne plus rien représenter pour
lui.
Comme beaucoup d'écrivains, Céline a su habilement bâtir toute une série de mythes sur sa personnalité. En même temps que Voyage au bout de la nuit, Céline écrivait des articles pour une revue
médicale (La Presse médicale) qui ne correspondent pas à l'image de libertaire qu'on s'est faite de lui. Dans le premier des deux articles publiés dans cette revue en mai 1928, Céline vante les
méthodes de l'industriel américain Henry Ford, méthodes consistant à embaucher de préférence « les ouvriers tarés physiquement et mentalement » et que Céline appelle aussi « les déchus de
l'existence ». Cette sorte d'ouvriers, remarque Céline, « dépourvus de sens critique et même de vanité élémentaire », forme « une main-d’œuvre stable et qui se résigne mieux qu'une autre ».
Céline déplore qu'il n'existe rien encore de semblable en Europe, « sous des prétextes plus ou moins traditionnels, littéraires, toujours futiles et pratiquement désastreux ».
Dans le deuxième article, publié en novembre 1928, Céline propose de créer des médecins-policiers d'entreprise, « vaste police médicale et sanitaire » chargée de convaincre les ouvriers « que la
plupart des malades peuvent travailler » et que « l'assuré doit travailler le plus possible avec le moins d'interruption possible pour cause de maladie ». Il s'agit, affirme Céline, d'« une
entreprise patiente de correction et de rectification intellectuelle » tout à fait réalisable pourtant car « Le public ne demande pas à comprendre, il demande à croire. » Céline conclut sans
équivoque : « L'intérêt populaire ? C'est une substance bien infidèle, impulsive et vague. Nous y renonçons volontiers. Ce qui nous paraît beaucoup plus sérieux, c'est l'intérêt patronal et son
intérêt économique, point sentimental. » On peut toutefois s'interroger sur la correspondance entre ces écrits et les réels sentiments de Céline, sur le degré d'ironie de ces commentaires «
médicaux » (ou sur une éventuelle évolution) car, quelques années plus tard, plusieurs passages de Voyage au bout de la nuit dénonceront clairement l'inhumanité du système capitaliste en général
et fordiste en particulier.
Contrairement à la légende souvent reprise, il ne sera jamais conseiller médical de la société des automobiles Ford à Détroit. Son contrat à la SDN n'ayant pas été renouvelé, il sera engagé,
après avoir envisagé d'acheter une clinique en banlieue parisienne et un essai d'exercice libéral de la médecine, par le dispensaire de Bezons (1940-1944) où il effectuera quatre vacations de
deux heures par semaine pour lesquelles il sera payé 2 000 F par mois. Il y rencontre Albert Sérouille. Il lui fera même une fameuse préface à son livre : « Bezons à travers les âges ». Pour
compléter ses revenus, il occupera un poste polyvalent de concepteur de documents publicitaires, de spécialités pharmaceutiques et même de visiteur médical dans trois laboratoires
pharmaceutiques.
C'est toute cette partie de sa vie qu'il relate à travers les aventures de son antihéros Ferdinand Bardamu, dans son roman le plus connu, le premier, Voyage au bout de la nuit (1932), pour lequel
il reçoit le prix Renaudot, après avoir manqué de peu le prix Goncourt (ce qui provoquera la démission de Lucien Descaves du jury du Goncourt). À la fin des années 1930, Céline publie deux
pamphlets fortement marqués par un antisémitisme virulent : Bagatelles pour un massacre (1937) et L'École des cadavres (1938). Il présente lui-même ces ouvrages ainsi : « Je viens de publier un
livre abominablement antisémite, je vous l'envoie. Je suis l'ennemi n° 1 des juifs ». Dès la fin des années 1930, Céline se rapproche des milieux d'extrême droite français pro-nazis, en
particulier de l'équipe du journal de Louis Darquier de Pellepoix, la France enchaînée.
Sous l'Occupation, Céline envoie des lettres aux journaux collaborationnistes, certaines y sont publiées, d'autres pas. Il y fait preuve d'un antisémitisme violent. Par exemple, le 4 septembre
1941, le journal collaborateur Notre combat pour la nouvelle France socialiste publie un article intitulé « Céline nous parle des Juifs » : Céline y déclare « Pleurer, c'est le triomphe des Juifs
! Réussit admirablement ! Le monde à nous par les larmes ! 20 millions de martyrs bien entrainés c'est une force ! Les persécutés surgissent, hâves, blêmis, de la nuit des temps, des siècles de
torture... »
Durant cette période, Céline exprime ouvertement son soutien à l'Allemagne nazie. Lorsque celle-ci entre en guerre contre l'Union soviétique, en juin 1941, il déclare : « pour devenir
collaborationniste, j’ai pas attendu que la Kommandantur pavoise au Crillon... On n’y pense pas assez à cette protection de la race blanche. C’est maintenant qu’il faut agir, parce que demain il
sera trop tard. (...) Doriot s’est comporté comme il l’a toujours fait. C’est un homme... il faut travailler, militer avec Doriot. (...) Cette légion (la L.V.F.) si calomniée, si critiquée, c'est
la preuve de la vie. (...) Moi, je vous le dis, la Légion, c'est très bien, c'est tout ce qu'il y a de bien. ».
Il publie alors Les Beaux Draps, son troisième et dernier pamphlet antisémite (Nouvelles éditions françaises, 1941), dans lequel il exprime clairement sa sympathie pour l'occupant (« C’est la
présence des Allemands qu’est insupportable. Ils sont bien polis, bien convenables. Ils se tiennent comme des boys scouts. Pourtant on peut pas les piffer... Pourquoi je vous demande ? Ils ont
humilié personne... Ils ont repoussé l’armée française qui ne demandait qu’à foutre le camp. Ah, si c’était une armée juive alors comment on l’adulerait ! »).
Après le débarquement du 6 juin 1944, Céline, craignant pour sa vie, quitte la France le 14 juin 1944 et se retrouve d'abord à Baden-Baden, en Allemagne, avant de partir pour Berlin, puis pour
Kraenzlin (le Zornhof de Nord) d'où il ne peut rejoindre le Danemark... Apprenant que le gouvernement français se forme à Sigmaringen, Céline propose alors à Fernand de Brinon, le représentant de
Vichy pour la France occupée, d'y exercer la médecine ; celui-ci accepte. Céline gagne par le train Sigmaringen, voyage qu'il relate dans Rigodon ; là-bas il côtoie le dernier carré des
pétainistes et des dignitaires du régime de Vichy (D'un château l'autre). C'est seulement après, le 22 mars 1945, qu'il quitte Sigmaringen pour le Danemark, occupé par les Allemands, afin de
récupérer son or qui y est conservé. Chronologiquement, la « trilogie » allemande commence par D'un château l'autre, se continue par Nord et finit par le livre posthume Rigodon. Céline, dans
Nord, fait plusieurs clins d'œil au lecteur censé avoir déjà lu D'un château l'autre. Il atteint enfin le Danemark pour y vivre en captivité : près d'une année et demie de prison, et plus de
quatre ans dans une maison au confort rudimentaire près de la mer Baltique.
Il vit dans un taudis qu'il ne peut chauffer et est boycotté par le monde littéraire. En 1950, dans la cadre de l'Épuration, il est condamné, pour collaboration, à une année d'emprisonnement
(qu'il a déjà effectuée au Danemark) à 50 000 francs d'amende, à la confiscation de la moitié de ses biens et à l'indignité nationale. Céline est amnistié en 1951 grâce à son nouvel avocat
Tixier-Vignancour, qui induit le tribunal en erreur sur l'identité de son client. De retour de Copenhage, Céline et sa compagne Lucette Almanzor s'installent chez des amis à Nice en juillet 1951.
Son éditeur Robert Denoël ayant été assassiné en 1945, il signe le même mois un contrat de cinq millions de francs avec Gaston Gallimard pour la publication de Féerie pour une autre fois, la
réédition de Voyage au bout de la nuit, de Mort à crédit et d'autres ouvrages.
En octobre de la même année le couple s'installe dans un pavillon vétuste, route des Gardes, à Meudon, dans les Hauts-de-Seine. Inscrit à l'Ordre des médecins, Docteur L.-F. Destouches, docteur
de en médecine de la Faculté de Paris accroche une plaque professionnelle au grillage qui enclot la propriété, ainsi qu'une plaque pour Lucette Almanzor qui annonce les cours de danse classique
et de caractère que sa compagne donne dans le pavillon. Il vit pendant plusieurs années des avances de Gallimard jusqu'à ce qu'il renoue avec le succès.
L'écrivain renoue avec le succès à partir de 1957, grâce à sa « Trilogie allemande », dans laquelle il romance son exil. Publiés successivement et séparément, D'un château l'autre (1957), Nord
(1960) et Rigodon (1969) forment en réalité trois volets d'un seul roman. Céline s'y met personnellement en scène comme personnage et comme narrateur. Louis-Ferdinand Destouches décède à son
domicile de Meudon en 1961, vraisemblablement des suite d'une artériosclérose cérébrale - bien que d'autres pathologies soient parfois évoquées -, laissant Lucette Destouches Destouches (née
Almanzor, le 20 juillet 1912 à Paris), pour laquelle il écrivit ses arguments de ballets. Il est enterré au cimetière des Longs Réages, à Meudon ; le pavillon qu'il occupait brûlera en 1968.
Céline révolutionne le récit romanesque traditionnel, jouant avec les rythmes et les sonorités, dans ce qu'il appelle sa « petite musique ». Le vocabulaire à la fois argotique et scientifique,
familier et recherché, est au service d'une terrible lucidité, oscillant entre désespoir et humour, violence et tendresse. Révolution stylistique et réelle révolte (le critique littéraire Gaétan
Picon est allé jusqu'à définir le Voyage comme « l'un des cris les plus insoutenables que l'homme ait jamais poussé »).
C'est en 1936 que, dans Mort à crédit, cette révolution stylistique prend un tour beaucoup plus radical, notamment par l'utilisation de phrases courtes, très souvent exclamatives, séparées par
trois points de suspension. Cette technique d'écriture, conçue pour exprimer et provoquer l'émotion, se retrouvera dans tous les romans qui suivront. Elle décontenancera une bonne partie de la
critique à la publication de Mort à crédit. Dans ce roman nourri des souvenirs de son adolescence, Céline présente une vision chaotique et antihéroïque, à la fois burlesque et tragique, de la
condition humaine. Le livre, cependant, connaît peu de succès, et se trouve même critiqué par les partisans de Voyage au bout de la nuit. Simone de Beauvoir prétendra (mais longtemps après, en
1960) qu'elle et Jean-Paul Sartre y auraient alors vu « un certain mépris haineux des petites gens qui est une attitude préfasciste », tandis qu'Élie Faure, qui avait encensé le Voyage, juge
simplement que Céline « piétine dans la merde ».
Sur le plan stylistique, la progression qui apparaît entre son premier roman et son ultime trilogie est marquée par une correspondance de plus en plus nette entre le temps du récit (ou temps de
l'action) et le temps de la narration (ou temps de l'écriture). C'est ainsi que le présent de narration envahit l'espace romanesque au point que l'action ne semble plus se dérouler dans le passé,
mais bien au contraire au moment même où le narrateur écrit. Le texte se rapproche ainsi progressivement du genre de la chronique, donnant à son lecteur l'impression que les événements se
déroulent « en direct », sous ses yeux. Il est intéressant de le rapprocher de son contemporain Ramuz, qu'il disait être « l'initiateur du transfert de la langue parlée dans la langue écrite
».
C'est dans son deuxième roman, Mort à crédit, mettant en scène l'enfance de Ferdinand Bardamu, alter ego littéraire de Céline, qu'il développe son véritable style, dont les points de suspension
sont caractéristiques, style que l'on retrouve dans les romans suivants. Ces fameux points de suspension ont fait l'objet de nombreuses thèses. Ils peuvent s'expliquer par la volonté de l'auteur
de combiner langue écrite et orale afin d'obtenir ce qu'il dénommait lui-même sa « petite musique ».
La violente critique du militarisme, du colonialisme et du capitalisme qui s'exprime dans ses livres, fait apparaître Céline, dans ses débuts, comme un écrivain proche des idées de la gauche. En
1936, il est invité en URSS, notamment sous l'influence d'Elsa Triolet, à valider ses droits d'auteur pour Voyage au bout de la nuit (en Union soviétique les droits d'auteurs étaient bloqués sur
un compte en banque qu'on ne pouvait utiliser que dans le pays même). Il écrit à son retour son premier pamphlet, Mea culpa, charge impitoyable contre une Russie soviétique bureaucratique et
barbare, la même année que Retour de l'URSS d'André Gide.
Céline s'exprime alors par une série de pamphlets violemment antisémites. En 1937, quand paraît Bagatelles pour un massacre, André Gide écrira « Quant à la question même du sémitisme, elle n'est
pas effleurée. S'il fallait voir dans Bagatelles pour un massacre autre chose qu'un jeu, Céline, en dépit de tout son génie, serait sans excuse de remuer les passions banales avec ce cynisme et
cette désinvolte légèreté », puis en 1938, L'École des cadavres. Ces livres connaissent un grand succès : il y étale un racisme et un antisémitisme radicaux, mais aussi le désir de voir se créer
une armée franco-allemande et une apologie de Hitler qui n'aurait aucune visée sur la France : « Si demain Hitler me faisait des approches avec ses petites moustaches, je râlerais comme
aujourd'hui sous les juifs. Mais si Hitler me disait : “Ferdinand ! c'est le grand partage ! On partage tout !”, il serait mon pote ! »
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