Evrard Just

Publié le par Mémoires de Guerre

Just Évrard, né le 31 mai 1898 à Lens et mort le 9 février 1972 dans cette même ville, est un homme politique français. 

Evrard Just
Evrard Just

Jeunesse

Fils de Florent Evrard, secrétaire du syndicat des mineurs de Lens, et frère de Raoul Evrard, député du Pas-de-Calais de 1919 à 1936, Just Evrard adhère à la SFIO en 1913. En 1924, il est désigné comme secrétaire général adjoint des jeunesses socialistes puis, en 1939, secrétaire fédéral adjoint du Pas-de-Calais.

Seconde Guerre mondiale

Pendant l'Occupation, il entre très tôt dans la Résistance avec sa femme, Emilienne Moreau, au sein du réseau « Brutus ». Arrêté, il est détenu de septembre 1941 à avril 1942 à la centrale de Loos-lès-Lille, puis est envoyé en Haute-Savoie par le mouvement « Libération Nord », avec mission de faire passer des hommes et des fonds à travers la frontière franco-suisse. Il quitte la France pour Londres puis Alger. Délégué à l'Assemblée consultative provisoire, ses pouvoirs sont validés le 9 novembre 1943. Il est nommé membre des Commissions de la défense nationale, de la France d'outre-mer, et de la comptabilité. A la Libération, Just Evrard, qui continue de siéger à l'Assemblée consultative, est désigné comme secrétaire de la Fédération socialiste du Pas-de-Calais et dirige l'hebdomadaire L'Espoir. En novembre 1944, il est élu au Comité directeur provisoire du Parti socialiste. Sa femme, également déléguée à l'Assemblée consultative, est faite Compagnon de la Libération en août 1945.

Carrière politique

Le 21 octobre 1945, il est élu à la première Constituante. La liste SFIO, conduite par Guy Mollet, sur laquelle il se présente en deuxième position, obtient 137 506 suffrages sur 361 413 exprimés et emporte trois des huit sièges à pourvoir dans la 2e circonscription du Pas-de-Calais. Il est nommé membre de la Commission de la défense nationale et de la Commission des pensions civiles et militaires et des victimes de guerre. Il vote pour la nationalisation du crédit (2 décembre 1945), du gaz, de l'électricité et des assurances (mars-avril 1946), pour le projet de loi relatif à la dévolution des biens des entreprises de presse (16 avril) et se prononce en faveur du premier projet de Constitution (19 avril). Réélu le 2 juin 1946 sur la même liste qui obtient 120 571 voix sur 371 411 suffrages exprimés, Just Evrard est reconduit dans les mêmes commissions. N'ayant pas pris part à l'élection de Georges Bidault comme président du Gouvernement provisoire (19 juin), il vote la confiance à son cabinet (26 juin) et se prononce pour le second projet de Constitution (28 septembre).

Aux élections législatives du 10 novembre suivant, Just Evrard conserve son siège, malgré un certain recul de la SFIO (105 619 voix sur 369 892 suffrages exprimés). Dans la nouvelle Assemblée, il est reconduit dans la Commission de la défense nationale (1946 à 1951) et fait également partie de la Commission des moyens de communication (1946). Il est nommé juré à la Haute Cour de justice en 1947, 1948 et 1949. Au cours de la législature, Just Evrard soutient le Gouvernement Ramadier lors de la crise avec les ministres communistes (4 mai 1947), approuve le projet de loi sur le statut de l'Algérie (27 août), vote pour la nationalisation des écoles des Houillères (14 mai 1948), la ratification du Plan Marshall (7 juillet) et les projets relatifs au Conseil de l'Europe et au Pacte atlantique (9 et 26 juillet 1949). Le 7 mai 1951, il se prononce en faveur de la réforme électorale entraînant le scrutin de liste majoritaire départemental avec apparentement.

Les élections du 17 juin 1951 le portent de nouveau à l'Assemblée, avec 97 196 voix sur 380 284 suffrages exprimés. La liste SFIO de Guy Mollet, sur laquelle il se trouve en troisième position, réunit 25,5 % des suffrages, un apparentement étant conclu avec l'UDSR et le MRP Just Evrard est nommé membre de la Commission des affaires économiques (1951 à 1955) dont il est élu secrétaire en 1951. De 1953 à 1955, il fait partie de la Commission de coordination pour l'étude des questions relatives à la Communauté européenne du charbon et de l'acier. Le 23 décembre 1954, il dépose une proposition de résolution tendant à étendre le droit aux prestations familiales pour les enfants à charge ayant terminé leur scolarité obligatoire qui n'ont pas pu trouver d'emploi. Il prend part, le 25 mai 1955, à la discussion du projet de loi relatif au 2e Plan, concernant le canal du Nord et les houillères du Pas-de-Calais.

Il s'oppose aux projets de loi Marie et Barangé favorables à l'enseignement privé (21 septembre 1951), vote pour la ratification du traité instituant la CECA (13 décembre), contre la confiance à Antoine Pinay (6 mars 1952) et à Joseph Laniel (26 juin 1953) auquel il refuse la confiance après Diên-Biên-Phû (13 mai et 12 juin 1954, chute du cabinet). Après avoir voté l'investiture de Pierre Mendès France (17 juin), il approuve les accords de Genève qui mettent fin aux hostilités en Indochine (23 juillet). Partisan de la Communauté européenne de défense, il vote contre la question préalable dont l'adoption vaut rejet du projet (30 août) puis ratifie les accords de Londres (12 octobre) et de Paris (29 décembre) relatifs à la fin de l'occupation de l'Allemagne et à son réarmement. Le 4 février 1955, Just Evrard approuve le gouvernement Mendès France sur l'Afrique du Nord (chute du cabinet), puis refuse la confiance à Edgar Faure (23 février) mais se prononce en faveur du projet de réforme électorale rétablissant le scrutin d'arrondissement (16 novembre).

Lors des élections anticipées du 2 janvier 1956, Just Evrard est réélu par 139 011 voix sur 423 467 suffrages exprimés et fait partie des Commissions de la production industrielle et de l'énergie (1956-1957) et de la défense nationale (1956-1657). Il dépose deux propositions de loi relatives aux attributions gratuites de charbon et aux retraites ouvrières et trois rapports au nom de la Commission de la production industrielle. Au cours de la dernière législature de la IVe République, Just Evrard soutient le gouvernement de Guy Mollet dont il est considéré comme le bras droit dans le Pas-de-Calais depuis de nombreuses années, et vote la confiance à Maurice Bourgès-Maunoury (12 juin 1957). Il se prononce en faveur de la ratification des traités instituant la Communauté économique européenne et l'Euratom (9 juillet) et pour les différents projets relatifs aux institutions de l'Algérie (septembre 1957-janvier 1958). Favorable à l'investiture de Pierre Pflimlin (13 mai) et à l'instauration de l'état d'urgence (16 mai), il vote pour la confiance au général de Gaulle, les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle (1" et 2 juin). En novembre 1958, Just Evrard est réélu député dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Il était officier de la Légion d'honneur, titulaire de la Croix de guerre et de la rosette de la Résistance.

Détail des fonctions et des mandats

Mandats parlementaires
  • 21 octobre 1945 - 10 juin 1946 : Député du Pas-de-Calais
  • 2 juin 1946 - 27 novembre 1946 : Député du Pas-de-Calais
  • 10 novembre 1946 - 4 juillet 1951 : Député du Pas-de-Calais
  • 17 juin 1951 - 1er décembre 1955 : Député du Pas-de-Calais
  • 2 janvier 1956 - 8 décembre 1958 : Député du Pas-de-Calais
  • 30 novembre 1958 - 9 octobre 1962 : Député de la 11e circonscription du Pas-de-Calais
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