Fontan Gabrielle

Publié le par Roger Cousin

Gabrielle Fontan née le 16 avril 1873 à Bordeaux, morte le 8 septembre 1959 à Juvisy-sur-Orge, est une actrice française. 

Fontan Gabrielle

Gabrielle Fontan naît Gabrielle Pene-Castel le 19 avril 1873 à Bordeaux, dans une France qui vient de connaître la défaite de Sedan, la chute du second Empire, la perte de l’Alsace-Lorraine et le soulèvement des Communards maté par Thiers, premier président de la toute jeune IIIème République. Lorsque les frères Lumières organisent pour la première fois au monde une séance de cinéma (1895), Gabrielle, installée à Paris, est déjà une jeune et talentueuse comédienne pleine d’expérience. Devenue cinquantenaire, elle donne dans les années 1920 des cours d’art dramatique réputés et forme notamment la jeune Roumaine Jany Holt. Plus tard, d’autres comédiens comme Serge Reggiani et Jacques Dufilho se rappelleront, émus, des enseignements qu’elle leur dispensera gratuitement.

C’est par amitié pour Charles Dullin avec qui elle a beaucoup travaillé au théâtre qu’elle se retrouve devant les caméras à l’âge de la retraite pour un petit rôle de figuration dans le premier film de fiction de Jean Grémillon «Maldone» (1927) avec Genica Athanasiou en gitane fatale. Gabrielle retrouve le jeune réalisateur pour, sans doute, son œuvre la plus élaborée de l’époque du muet «Gardiens de phare» (1929). Puis elle a un rôle un peu plus consistant en 1929 dans l’adaptation à l’écran du roman puis de pièce de Germaine Acremant, «Ces dames aux chapeaux verts» par André Berthomieu. Le film qui raconte l’arrivée d’une jeune fille moderne dans une petite ville de province et son hébergement dans une maison de vieilles filles, a un tel succès que Maurice Cloche en fera une version parlante en 1937.

Dans la distribution on y retrouvera aussi Alice Tissot, une autre grande dame de la scène. Les amateurs des salles obscures vont découvrir la voix de Gabrielle Fontan en 1930. C’est pour elle le début d’une longue carrière cinématographique de près de cent trente films où du fait de son physique et de son âge, elle apparaît le plus souvent en vieille tante acariâtre, en employée de maison fouineuse, ou en concierge pie-grièche. Consulter la filmographie de Gabrielle Fontan, c’est voyager dans l’univers cinématographique français et découvrir les exceptionnels seconds rôles du répertoire. Essayons de citer quelques unes des interprétations de la comédienne. Pour la période de l’occupation nous retiendront le personnage de Fine, la fidèle servante qui a élevé la fille de Raimu, l’avocat alcoolique des «Inconnus dans la maison» (1941) de Henri Decoin d’après Georges Simenon, avec Marcel Mouloudji, en jeune étranger assassin. Dans les années cinquante Gabrielle Fontan est, parmi beaucoup d’autres compositions, la supérieure du couvent où trouvent refuge Jean Valjean et Cosette dans une nouvelle adaptation des «Misérables» (1957), celle de Jean-Paul Le Chanois, avec Jean Gabin.

Deux ans plus tard, Gabrielle, transformée en épicière, retrouve l’acteur devenu le commissaire Maigret dans «L’affaire Saint-Fiacre» (1959) de Jean Delannoy, avec aussi Valentine Tessier. Gabrielle Fontan, âgée de quatre-vingt six ans mais à qui on ne donne plus d’âge depuis belle lurette, tourne encore deux films en cette année 1959 dont «Monsieur Suzuki» avec Jean Thielment en agent secret, et Jean Tissier, un autre deuxième rôle incontournable de l’écran français. Puis la comédienne s’éteint rongée par un cancer le 8 septembre 1959 dans la petite commune de Juvisy-sur-Orge en région parisienne. Qui aurait pu prédire une telle carrière à cette prodigieuse petite bonne femme!

videoFilmographie

ThéâtreThéâtre

  • 1923 : Nocturne basque de Charles Esquier et Paul Desachy, Théâtre des Deux Masques
  • 1924 : L'Épreuve du bonheur d'Henri Clerc, Théâtre des Célestins, Théâtre des Arts
  • 1926 : La Comédie du bonheur de Nicolas Evreinoff, mise en scène Charles Dullin, Théâtre de l'Atelier
  • 1930 : Le Fils de Don Quichotte de Pierre Frondaie, mise en scène Charles Dullin, Théâtre de l'Atelier
  • 1933 : Cette nuit là... de Lajos Zilahy, mise en scène Lucien Rozenberg, Théâtre de la Madeleine
  • 1934 : Liberté provisoire de Michel Duran, mise en scène Jacques Baumer, Théâtre Saint-Georges
  • 1936 : Le Camelot de Roger Vitrac, mise en scène Charles Dullin, Théâtre de l'Atelier
  • 1937 : Rêves sans provision de Ronald Gow, mise en scène Alice Cocéa, Comédie des Champs-Elysées
  • 1938 : Le Coup de Trafalgar de Roger Vitrac, mise en scène Sylvain Itkine, Théâtre des Ambassadeurs
  • 1942 : L'Annonce faite à Marie de Paul Claudel, Théâtre de l'Œuvre
  • 1942 : La Ville morte de Gabriele D'Annunzio, Théâtre de l'Œuvre
  • 1945 : L'Agrippa ou la folle journée d'André Barsacq, mise en scène André Barsacq, Théâtre de l'Atelier
  • 1946 : L'Amour des trois oranges d'Alexandre Arnoux, mise en scène Gaston Baty, Théâtre Montparnasse
  • 1947 : Homard à l'américaine de Robert Vattier et Albert Rieux, Théâtre de l'Œuvre
  • 1949 : L'Amant de Bornéo de Roger Ferdinand et José Germain, Théâtre Daunou
  • 1951 : Colombe de Jean Anouilh, mise en scène André Barsacq, Théâtre de l'Atelier
  • 1952 : Madame Filoumé d'Eduardo De Filippo, mise en scène Jean Darcante, Théâtre de la Renaissance
  • 1954 : Le Seigneur de San Gor de Gloria Alcorta, mise en scène Jacques Mauclair et Henri Rollan, Théâtre des Arts
  • 1955 : Témoin à charge d'Agatha Christie, mise en scène Pierre Valde, théâtre Édouard VII
  • 1956 : L'Œuf de Félicien Marceau, mise en scène André Barsacq, Théâtre de l'Atelier

 

Publié dans Acteurs et Actrices

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article