Fontanges Magda

Publié le par Roger Cousin

Fontanges MagdaMagda Fontanges de son vrai nom Madeleine Coraboeuf (10 mai 1905 à Pouillé-les-Coteaux (Loire-Atlantique) - 1er octobre 1960 à Genève) est une journaliste, actrice et espionne allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle est la fille du peintre Jean Coraboeuf grand prix de Rome en 1898. Elle épouse à 17 ans, un sous-préfet dont elle divorce finalement deux ans plus tard.

Elle prend alors le pseudonyme de Fontanges du nom d'une maîtresse de Louis XIV. Après une courte carrière d'actrice, elle tourne notamment dans Pas un mot à ma femme, avec Fernandel, elle devient journaliste. En 1935, usant de son pouvoir de séduction, elle obtient la correspondance romaine du Matin puis du quotidien genevois La Liberté. À Rome, elle réalise une interview du Duce dont elle devient la maîtresse. Une histoire qui sera toutefois de courte durée et dont Magda fera les choux gras par deux fois dans la presse (Times et Confessions, 1937). Furieux, Mussolini la fait expulser d'Italie.

La jeune femme, pensant que c'est le fait de l'ambassadeur de France, à Rome, le comte Charles de Chambrun, lui tire dessus à deux reprises en gare du Nord le 17 mars 1937. Défendu par Maître René Floriot elle ne fut toutefois que condamnée à un an de prison avec sursis. En novembre 1937, les États-Unis la refoulent du territoire alors que, venue sur le Normandie, elle tente de débarquer à New York. Lorsque la guerre éclate, Magda qui est en Allemagne en est expulsé puis d'Espagne. Incarcérée à Bayonne, elle est libérée par les Allemands à la condition de travailler pour l'Abwehr. Une mission qu'elle remplit alors que dans le même temps, en véritable agent double, elle informe des ministres du gouvernement de Vichy sur le gouvernement fasciste italien où elle a gardé ses contacts. Après des missions à Bruxelles, Marseille et Paris, les Allemands lui obtiennent une couverture au quotidien Paris-Soir tout en travaillant désormais pour le SD. Lâchés par les Allemands qui sont las de ses frasques peu compatibles avec ses missions d'agent secret, elle devient, en 1943, la maîtresse du patron de la gestapo française, Lafont.

A la Libération elle se réfugie dans son village natal. Elle est finalement arrêté en mars 1946 pour collaboration avec l'ennemi. Elle est condamnée à 15 ans de travaux forcés et vingt ans d’interdiction de séjour, à l’indignité nationale à vie et à la confiscation de tous ses biens, pour « intelligence avec l’ennemi et trahison ». Elle est libérée en 1952 et placée en résidence surveillée à Melun. Arrêtée à nouveau pour ne pas avoir respecté les termes de sa liberté conditionnelle, elle est à nouveau libre en 1955. Après avoir tenté, en 1955, de voler un tableau d’Utrillo chez Maître Floriot, elle est finalement internée dans un asile psychiatrique durant 4 ans. Peu après sa sortie, elle se suicide chez des amis genevois d'une dose mortelle de somnifère.

Publié dans Espions

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