Fournier d'Henri-Alban

Publié le par Roger Cousin

Fournier D'Henri-AlbanAlain-Fournier, demi-pseudonyme d'Henri-Alban Fournier (3 octobre 1886 - 22 septembre 1914) est un écrivain français, mort à l'âge de 27 ans après avoir écrit un unique roman, le Grand Meaulnes. Henri-Alban Fournier est né le 3 octobre 1886 à La Chapelle-d'Angillon dans le Cher. Il passe son enfance en Sologne et dans le Bas-Berry, à Épineuil-le-Fleuriel, où ses parents sont instituteurs. Il part à Brest préparer le concours d'entrée à l'École navale, mais il y renonce bientôt, revient à Bourges et poursuit des études littéraires au lycée Lakanal, à Sceaux, près de Paris, où il prépare sans succès le concours d'entrée à l'École normale supérieure. C'est au lycée Lakanal qu'il rencontre Jacques Rivière avec lequel il se lie d'une amitié profonde. Rivière épousera sa jeune sœur, Isabelle, en 1909.

Pour faire son service militaire en 1908-1909 au 88ème Régiment d'Infanterie à Mirande (Gers), il interrompt ses études en 1907 et ne les reprend pas. Il publie quelques textes, poèmes, essais, contes, réunis par la suite dans un recueil intitulé Miracles. Mais surtout il élabore lentement, douloureusement, l'œuvre qui le rendra célèbre : le 1er juin 1905, jour de l'Ascension, sur les marches du Grand Palais, Alain-Fournier a croisé Yvonne de Quiévrecourt ; c'est le premier grand amour de sa vie. En fait, cette brève rencontre n'a aucune suite concrète puisqu'il ne la retrouve que huit ans plus tard, mariée et mère de deux enfants mais de toute évidence, il s'en inspire pour composer le personnage d'Yvonne de Galais dans son roman, Le Grand Meaulnes paru en 1913.

En 1957, Pauline Benda — connue au théâtre sous le nom de Madame Simone— révèle la liaison qu'elle a eue avec l'écrivain lorsque celui-ci était secrétaire de son mari Claude Casimir-Perier. Elle l'avait fréquemment reçu en sa propriété de Trie-la-Ville, où elle avait créé un petit cercle littéraire où l'on pouvait croiser son ami Charles Peguy, qui les avait présentés, ou Jean Cocteau. Leur correspondance a été publiée en 1992. Après la mort d'Alain-Fournier, Madame Simone refit sa vie avec le poète cognaçais François Porché, mais la famille d'Alain-Fournier lui reprocha de ne pas rester fidèle au souvenir d'Alain-Fournier.

Lieutenant de réserve, il quitte son domicile parisien du 2 rue Cassini à Paris 14e (où il a écrit Le Grand Meaulnes ) pour rejoindre en campagne dès la mobilisation le 288e régiment d'infanterie. Une plaque apposée sur la façade de l'immeuble commémore le fait. Au front, une patrouille dont Alain-Fournier fait partie reçoit l'ordre d'attaquer une ambulance allemande et obéit. Les Allemands réagissent à ce crime de guerre en exécutant les soldats français, parmi lesquels Alain-Fournier. On porta Fournier disparu au cours des combats des Éparges, près de Verdun, le 22 septembre 1914, dans les premiers affrontements de la Première Guerre mondiale (la presse rapporta d'abord la date du 26 septembre, donnée par l'État-Major). La fiche du lieutenant Henri Alban Fournier indique sur le site SGA Mémoires des Hommes qu'il est « Mort pour la France le 26 septembre 1914, tué à l'ennemi, disparu, à Vaux dans la Meuse ». Cette disparition fit travailler l'imaginaire de beaucoup de contemporains jusqu'à ce que Henri Alban Fournier fût officiellement déclaré mort pour la France en juin 1920 par un jugement du tribunal civil de la Seine et que son corps fût retrouvé et identifié en 1991 à quelques centaines de mètres de la Tranchée de Calonne. Il avait été enseveli dans une fosse commune creusée par l'armée allemande à Dommartin-la-Montagne, avec 20 autres soldats français originaires pour la plupart de la région de Mirande.

Il est inhumé l'année suivante dans le cimetière militaire de Saint-Rémy-la-Calonne. Son nom figure sur les murs du Panthéon de Paris dans la liste des écrivains morts au champ d'honneur pendant la guerre 1914-1918. La légende d'un écrivain qui n'aurait écrit qu'un seul roman a pu contribuer à caractériser la gloire d'Alain-Fournier. Cependant, le texte Colombe Blanchet, que Jean Paulhan contribua à mettre en forme en 1920, prouve que l'œuvre d'Alain-Fournier ne peut être restreinte au Grand Meaulnes.

Publié dans Ecrivains

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