Gaxotte Pierre

Publié le par Roger Cousin

Gaxotte PierrePierre Gaxotte (29 janvier 1895 à Revigny-sur-Ornain - 21 novembre 1982 à Paris) est un historien et journaliste français. Élève à l'École normale supérieure en 1917, il est reçu premier à l'agrégation d'histoire en 1920. Il est introduit dans les milieux intellectuels par l'éditeur Arthème Fayard, qui lui confie la direction du journal Candide, puis celle de Je suis partout. Il contribue régulièrement à L'Action française, de Charles Maurras.

Gaxotte a écrit de nombreux ouvrages d'histoire qui ont marqué leur temps et qui ont connu plusieurs éditions (notamment ceux publiés avant la Seconde Guerre mondiale: La Révolution française (1928) ; Le Siècle de Louis XV (1933) et Frédéric II (1938). L'auteur y propose une vision critique de la Révolution française en même temps qu'il entreprend une réhabilitation de Louis XV, alors très décrié. Proposant une historiographie de type « contre-révolutionnaire » et monarchiste, les travaux de Gaxotte se situent dans le même courant que ceux de ses contemporains Jacques Bainville, Louis Bertrand et Frantz Funck-Brentano.

Le 18 mars 1933, il réagit dans le journal Je suis partout à l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler : « Le Troisième Reich est une menace pour la France : soyons forts, prenons nos précautions, armons-nous. Mais n’injurions pas. Tous ces messieurs de la gauche prolongent sur le plan extérieur leurs haines de partisans. » Parallèlement, Pierre Gaxotte poursuit jusqu'en 1939 une carrière de journaliste dans la presse d'extrême droite, écrivant par exemple dans Candide du 7 avril 1938, à propos de Léon Blum : « Il incarne tout ce qui nous révulse le sang et nous donne la chair de poule. Il est le mal, il est la mort. » S'il n'est pas hostile à la sympathie que manifestent ses collègues de Je suis partout pour le fascisme, il s'en éloigne progressivement et il est remplacé à la rédaction en chef par Robert Brasillach en 1937 ; à partir de janvier 1939, il cesse de signer des éditoriaux pour ce journal.

Selon Claude Roy, qui l'écrit dans ses Mémoires Moi, Je, au cours de l'été 1940, il tente, en vain, de persuader Maurras de suspendre la parution du quotidien l'Action Française parce qu'il prévoit que les États-Unis entreront en guerre contre le Reich l'année suivante et qu'il ne faut pas lier le destin du mouvement monarchique à l'Allemagne qui sera vaincue. Sous l'Occupation, Gaxotte soutient le Maréchal Pétain, mais récuse le collaborationnisme de Je suis partout. Après la Libération, il abandonne son militantisme politique et devient éditorialiste au Figaro. Dès lors, il se consacre essentiellement à la rédaction de travaux historiques — mais lance aussi sa propre revue d'inspiration maurrassienne, La Nation française. Il est élu à l'Académie française le 29 janvier 1953, le même jour que Fernand Gregh et le duc de Lévis-Mirepoix.

En 1979, il fait partie du comité d'honneur de la Nouvelle École, liée à la Nouvelle Droite. Décédé le 21 novembre 1982, il est inhumé à Revigny sur Ornain ( 55 ). A l'occasion du vingt-cinquième anniversaire de son décès, il fut créé un Prix Pierre Gaxotte. La première édition fut remise à Revigny-sur-Ornain et récompensa l'historien Christian Bouyer et son "Gaston d'Orléans" (Pygmalion). L'année suivante le prix émigra à Metz, capitale de la Lorraine, et devint le Prix Pierre Gaxotte de la Biographie et le Prix Pierre Gaxotte de l'Essai historique. Les lauréats 2008 furent Michel de Decker avec "Napoléon III ou l'empire des sens" (Belfond) et Henry Bogdan avec "Histoire de la Bavière" (Perrin). En 2009, les lauréats furent Didier Le Fur avec "Henri II" (Tallandier) et Jean-Paul Gourévitch avec "Le Rêve méditerranéen, D'Ulysse à Nicolas Sarkozy" (L'Oeuvre). Depuis sa fondation le prix est présidé par Roger Maudhuy. Le musicologue Philippe Beaussant, qui à l'Académie française occupe le fauteuil qui fut celui de Gaxotte, en est le président d'honneur.

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