Hartmann Florence

Publié le par Mémoires de Guerre

Elle a travaillé pendant onze ans au journal Le Monde, couvrant notamment les conflits en ex-Yougoslavie. 

Hartmann FlorenceHartmann Florence

En 1999, elle a publié Milosevic, la diagonale du fou, réédité en livre de poche chez Folio (Gallimard) en 2002. De 2000 à 2006, elle fut la porte-parole et la conseillère Balkans du procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) Carla Del Ponte. De 2000 à 2003, elle fut également la porte-parole du parquet du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Elle a publié, en septembre 2007, Paix et châtiment, Les guerres secrètes de la politique et de la justice internationales, un ouvrage qui raconte le fonctionnement des deux premiers tribunaux pénaux internationaux. En octobre 1992, Florence Hartmann fut la première journaliste à révéler l’existence du charnier d’Ovcara (en Croatie) contenant les corps de 263 personnes arrêtées à l’hôpital de Vukovar et exécutées dans une ferme des environs le 20 novembre 1991 par les forces serbes. Le 25 mai 2006, elle a témoigné à charge devant le TPIY dans le procès « Vukovar » contre trois officiers de l'Armée populaire yougoslave (JNA), Mile Mrksic, Miroslav Radic et Veselin Sljivancanin, inculpés pour l’exécution des prisonniers de l’hôpital de Vukovar.

Le 27 août 2008, elle a été inculpée par le TPIY pour « divulgation d'informations concernant des décisions confidentielles du TPIY ». Ces décisions portaient sur un accord entre le TPIY et la Serbie visant à cacher des preuves cruciales de l’implication de la Serbie dans le massacre de Srebrenica afin d’éviter une condamnation en justice de l'État serbe. L’enjeu de son procès, qui s’est ouvert le 15 juin 2009, était d’établir si elle avait dévoilé des informations protégées par une ordonnance du TPIY. Il ne s’agissait pas de juger une éventuelle violation de son devoir de réserve en tant que fonctionnaire du TPIY, ce qui aurait relevé d’un tribunal administratif de l'Organisation des Nations unies. Le 7 février 2009, l’avocat général a reconnu que Hartmann n’avait pas eu accès aux décisions confidentielles de la chambre d’appel du TPIY, concernant l’accord entre le Tribunal et la Serbie, ni pendant l’exercice de ses fonctions ni pendant la rédaction de son livre Paix et Châtiment.

Elle est cependant poursuivie pour avoir dévoilé l’existence et la date de ces décisions portant sur l'accord ayant empêché une condamnation de l'État serbe pour son implication dans le génocide de la population de Srebrenica en juillet 1995 durant lequel pas moins 8 000 hommes, dont certains adolescents, ont été massacrés. L’enjeu du procès était de savoir si les motivations juridiques qui ont présidé à la décision des juges de protéger les intérêts de l'État serbe et de lui éviter une condamnation pour génocide à Srebrenica étaient confidentielles ou si seules les preuves de l’implication de l'État serbe dans le génocide de Srebrenica étaient protégées par l’ordre de confidentialité du Tribunal. Si Hartmann est condamnée, le Tribunal indiquerait qu’il peut rendre des décisions sans en publier les motivations juridiques et qu’il renonce ainsi au respect du principe de transparence de la justice.

Elle a été condamnée le lundi 14 septembre 2009 à La Haye à 7 000 euros d'amende pour avoir divulgué des informations encore classées confidentielles, tout en soulignant que cette condamnation était nécessaire même si ces informations avaient été rendues publiques par ailleurs. Sa défense a annoncé son intention de faire appel et de porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme dont la jurisprudence a été mis à mal par le jugement du TPIY. "C'est une mauvaise journée pour les journalistes, les historiens qui enquêtent sur les faits et pour les victimes qui ont droit à la vérité" a déclaré son avocat Me Guénaël Mettraux. "C'est un verdict qui tente d'imposer le silence sur les activités du TPIY" a pour sa part déclaré Reporters sans Frontières. Les victimes ont par ailleurs annoncé leur intention de porter plainte contre un jugement qui porte atteinte à leurs intérêts et qui fait omission des obligations inhérentes à la résolution 827 (paragraphe 7; 1993) du Conseil de sécurité des Nations Unies, à l'origine de l'établissement du TPIY.

Publié dans Journalistes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article