Olivia de Havilland

Publié le par Mémoires de Guerre

Olivia Mary de Havilland, née le 1er juillet 1916 à Tokyo (Japon) et morte le 26 juillet 2020 à Paris (France), est une actrice britannique naturalisée américaine et française. Elle a joué dans 49 films et était considérée, depuis la mort de l'acteur Kirk Douglas, comme la dernière « légende vivante » de l'Âge d'or de Hollywood et un témoin de cette époque, à l'image de Norman Lloyd ou Marsha Hunt. Sœur de l'actrice Joan Fontaine, elle est en 2020 la seconde actrice la plus âgée au monde, juste après celle qui la double en français dans beaucoup de ses films, Renée Simonot (née en 1911), la mère de Catherine Deneuve

Olivia de Havilland

Jeunesse et famille

Olivia Mary de Havilland est la fille de l'avocat, spécialisé dans les brevets, Walter de Havilland et de l'actrice Lillian Fontaine. Sa sœur cadette est l'actrice Joan Fontaine (1917-2013). Son ancêtre nommé de Haville était normand, compagnon de Guillaume le Conquérant, avec lequel il participa à la conquête de l'Angleterre en 1066. Ses parents divorcent quand elle a deux ans et sa mère quitte Tokyo en 1918 avec ses deux filles pour s'installer à Saratoga, en Californie où elle se remarie avec George Fontaine, propriétaire d'une chaîne de magasins. Olivia étudie à la Los Gatos High School puis au couvent Notre-Dame à Belmont. 

Carrière

La carrière cinématographique d'Olivia de Havilland débute avec Alibi Ike de Ray Enright en 1935. Elle apparaît sur scène la même année à l'Hollywood Bowl dans le rôle de Hermia du Songe d'une nuit d'été, adaptée au cinéma avec la même distribution. De Havilland partage par la suite l'affiche avec Errol Flynn dans de nombreux films populaires tels que Capitaine Blood et La Charge de la brigade légère en 1936, et Les Aventures de Robin des Bois en 1938. Elle prête ses traits à Melanie Wilkes dans Autant en emporte le vent en 1939, ce qui lui vaut une nomination pour l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle (que Hattie McDaniel, qui joue Mama dans le même film, remportera). En 1941, elle est naturalisée américaine. Elle et sa sœur sont nommées à l'Oscar de la meilleure actrice en 1942. C'est Joan qui l'emporte pour son rôle dans Soupçons d'Alfred Hitchcock face à Olivia dans Par la porte d'or. Le biographe Charles Higham décrivant les évènements de cette cérémonie, déclara que Fontaine s'avançant pour recevoir sa récompense, a singulièrement rejeté les tentatives de félicitations que voulait lui adresser Olivia, et que celle-ci fut blessée et embarrassée par un tel comportement. Il expliqua que les sœurs avaient une relation compliquée, et que bien que toutes deux aient refusé de commenter l'incident, déclara que cet épisode était le catalyseur de ce qui se veut être deux vies remplies de querelles.

Pendant la même époque, l'actrice, de plus en plus frustrée par les rôles qui lui sont attribués, estime être capable de jouer d'autres rôles que les sages demoiselles en détresse stéréotypées et commence à refuser les scénarios proposés pour ce type de personnages. À cause de la loi permettant aux studios de suspendre les contrats des acteurs en cas de rejet d'un rôle, la période de suspension fut ajoutée à la durée du contrat. En théorie, ceci permettait à un studio de maintenir indéfiniment son contrôle sur un contractuel. Rares furent ceux qui essayèrent de modifier le système ; Bette Davis, avec qui elle était amie, intenta un infructueux procès à la Warner Bros. durant les années 1930. N'acceptant plus cette situation, Olivia De Havilland leur en intenta un dans les années 1940 et celui-ci porta ses fruits ; de ce fait, le pouvoir des studios fut réduit et étendit la liberté des acteurs. Cette décision fut l'un des actes légaux les plus importants et de plus grande envergure jusqu'alors à Hollywood. Le courage d'Olivia en intentant ce procès lui valut le respect et l'admiration de ses collègues.

La qualité et la variété de ses rôles commence à s'améliorer. Après trois années d'absence, elle fait son retour dans À chacun son destin (1946). Dans le rôle d'une mère qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, tente de retrouver son fils, elle obtient l'Oscar de la meilleure actrice. Les critiques sont élogieuses envers ses nouveaux rôles. James Agee, dans sa critique de La Double Énigme, note qu'elle est « l'une des plus jolies femmes dans les films. Elle ne possède pas un talent remarquable mais son jeu est sérieux, calme, minutieux et bien soutenu... un vrai plaisir à contempler. » Les critiques sont unanimes quant à sa prestation dans La Fosse aux serpents (1948). Ce film est l'un des premiers à tenter de réaliser un portrait réaliste de la maladie mentale et Olivia de Havilland est louée pour sa volonté de jouer un personnage totalement dénué de glamour et de se confronter à tant de sujets controversés. Elle remporte un deuxième Oscar pour L'Héritière en 1950. Son interprétation d'une jeune fille riche qui prend conscience que seul son argent intéresse ses soupirants est, selon les critiques, « remarquable » et « à glacer le sang. »

Elle tourne de moins en moins de films à partir des années 1950. Elle refuse le rôle de Blanche Dubois dans Un tramway nommé Désir parce que « je venais de donner naissance à mon fils et je ne pouvais plus le faire » et non parce qu'elle aurait trouvé le script immoral comme cela a été rapporté. Le rôle est finalement attribué à sa partenaire d'Autant en emporte le vent, Vivien Leigh, pour lequel elle remporte un Oscar. Elle est nommée pour un Golden Globe pour sa performance dans Ma cousine Rachel (1952) aux côtés de Richard Burton. Elle est ensuite dirigée par Terence Young dans La Princesse d'Eboli (1955) et Stanley Kramer dans Pour que vivent les hommes (également en 1955) où elle donne la réplique à Robert Mitchum et Frank Sinatra. En 1964, elle joue, dans le thriller Une femme dans une cage, une femme handicapée persécutée par un groupe de jeunes. La même année, elle donne la réplique à Bette Davis qui la choisit pour succéder à Joan Crawford dans Chut... chut, chère Charlotte. En 1965, elle devient la première femme à être présidente du jury au Festival de Cannes.

En 1953, elle a un coup de foudre pour Paris qu'elle découvre pour la première fois et décide d'y vivre, déclarant que « la France est le seul pays où je me sente vraiment chez moi ». Elle reste à l'écart du monde du cinéma. Elle a déclaré travailler sur une autobiographie. Elle présenta la 75e cérémonie des Oscars en 2003. Turner Classic Movies a diffusé un documentaire rétrospectif nommé Melanie Remembers et dans lequel Olivia de Havilland est interviewée pour le 65e anniversaire de la sortie de Autant en emporte le vent. À 88 ans, elle se remémore tous les détails de son casting (elle était en contrat avec la Warner qui refusait d'abord de la prêter à Selznick) et du tournage. Elle reçoit la Légion d'honneur le 9 septembre 2010. Lors de la cérémonie des César 2011 au théâtre du Châtelet à laquelle elle assiste, la profession lui rend hommage par une ovation debout. 

Vie privée

Olivia de Havilland épouse en 1946 le romancier américain Marcus Goodrich et donne naissance à un fils Benjamin (1949-1991) qui deviendra mathématicien. Elle divorce en 1954, puis épouse en secondes noces en 1955, à Yvoy-le-Marron en Sologne, le journaliste français Pierre Galante dont elle divorce en 1979. De cette union naîtra Gisèle en 1956, qui se consacre au journalisme. 

Rivalité familiale

Le biographe Charles Higham rapporte que les deux sœurs ont entretenu une relation difficile dès la prime enfance, Olivia de Havilland déchirant les vêtements de sa cadette. Il semble en réalité que la querelle entre les sœurs ait eu comme origine le fait que Joan considérait que leur mère avait toujours préféré Olivia. En 1942, elles sont toutes deux nommées pour l'Oscar de la meilleure actrice. Joan Fontaine le remporte pour son rôle dans Soupçons, (Olivia de Havilland étant nommée pour Par la porte d'or). D'après Higham, Joan Fontaine « se sentit coupable d'avoir gagné étant donné son manque d'ambition de carrière... » Toujours est-il que lors de cette soirée, Joan Fontaine refusa les félicitations de sa sœur au moment où elle se leva pour monter sur scène recevoir son prix. Plusieurs années plus tard, Olivia de Havilland devait se souvenir du comportement de sa sœur et lui rendit la pareille, en refusant de la saluer lors d'une soirée ; il faut préciser que Joan Fontaine venait de tenir des propos peu amènes sur son beau-frère. Les relations entre les deux sœurs continuèrent à se détériorer après l'incident des Oscars en 1942. 

D'après Higham c'est le premier accroc de ce qui deviendra une brouille à vie, mais les deux sœurs ne se parlèrent plus qu'à partir de 1975. Joan Fontaine dira même : « Je me suis mariée la première, j'ai gagné l'Oscar avant Olivia et, si je meurs la première, elle sera sans doute folle de rage parce que je l'aurais encore battue ». Selon Joan, Olivia ne l'invita pas au service mémorial de leur mère récemment décédée. Olivia démentit, déclarant l'avoir invitée, mais ayant essuyé un refus de Joan, trop prise pour assister à la cérémonie. Higham prétend que Joan eut aussi des relations difficiles avec ses propres filles, probablement après avoir découvert qu'elles entretenaient une relation secrète avec leur tante Olivia. Joan Fontaine s'est exprimée sur sa brouille avec sa sœur dans une émission télévisée sur la chaîne canadienne CBCtv. 

Décès

Olivia de Havilland s'éteint le 26 juillet 2020 à l'âge de 104 ans à Paris. Son agente, Lisa Goldberg, annonce à la presse qu'Olivia de Havilland « est décédée pacifiquement de causes naturelles ». Elle était la doyenne des acteurs américains. Depuis 1953, Olivia de Havilland vivait en France où, en septembre 2010, le président Nicolas Sarkozy l’avait décorée de la Légion d’honneur. 

Distinctions

Olivia de Havilland possède son étoile sur le Hollywood Walk of Fame au 6762 Hollywood Avenue. Elle a été faite chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur le 9 septembre 2010.

Récompenses

  • Oscars 1947 : Meilleure actrice pour À chacun son destin
  • Golden Globes 1950 : Meilleure actrice dans un film dramatique pour L'Héritière
  • Oscars 1950 : Meilleure actrice pour L'Héritière

Nominations

Hommage

  • Un prix d'interprétation a été nommé en son honneur par la Los Gatos High School (Californie), qu'elle a fréquentée dans son enfance. 
Olivia de Havilland

Filmographie

Télévision

  • 1965 : La Grande Vallée (The Big Valley) (Série TV) : Mme Hadley
  • 1966 : ABC Stage 67 (Série TV) : Ellie Thompson
  • 1968 : The Danny Thomas Hour (Série TV) : Deborah Rubin
  • 1972 : L'Enterrée Vive (The Screaming Woman) (Téléfilm) : Laura Wynant
  • 1979 : Racines: les Nouvelles génération (Roots: The Next Generations) (Série TV) : Mme Warner
  • 1981 : La croisière s'amuse (The Love Boat) (Série TV) : Tante Hilly
  • 1982 : Un meurtre est-il facile ? (Murder Is Easy) (Téléfilm) : Honoria Waynflete
  • 1982 : The Royal Romance of Charles and Diana (Téléfilm) : La Reine mère
  • 1986 : Nord et Sud 2 (North and South II) (Feuilleton TV) : Mme Neal
  • 1986 : Anastasia : Le Mystère d'Anna (Anastasia: The Mystery of Anna) (Téléfilm) : L'impératrice douairière Maria Fedorovna
  • 1988 : The Woman He Loved (Téléfilm) : Tante Bessie Merryman

Publié dans Acteurs et Actrices

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