Kouropatkine Alexeï

Publié le par Roger Cousin

Kouropatkine Alexeï Alexeï Nikolaïevitch Kouropatkine (1848 à Kholm - 1925 à Toropets, près de Tver) était un général et un homme politique russe, ministre de la Guerre de 1898-1905. Le général Kouropatkine entra dans l’armée en 1864 au corps des cadets, il étudia à l’Académie militaire impériale. Ses études terminées, il fut envoyé en tournée en Europe : Berlin, Londres et à Alger auprès des troupes françaises où il participe à l'expédition du Sahara. En 1875, Kouropatkine fut mis à la disposition de missions diplomatiques en Kachgarie. En 1876, il participa à des opérations militaires dans le Turkestan, à Kokand et à Samarkand. Lors de la Guerre russo-turque de 1877-1878, comme chef d’État-major du général Mikhaïl Skobelev, il gagna une grande réputation.

Lors de la guerre russo-japonaise (1904-1905), le 7 février 1904, Kouropatkine fut nommé commandant en chef des forces terrestres en Mandchourie. Le 13 octobre 1904, Nicolas II le nomma commandant suprême des forces russes en Extrême-Orient asiatique. Il demeura à ce poste jusqu’en mars 1905. Après la bataille de Moukden (20 février au 10 mars 1905), le général demanda à être relevé de son poste. Kouropatkine fut nommé commandant de la première Armée de Mandchourie. Il succéda à ce poste au général Nicolas Petrovitch Linevitch et y resta jusqu’en février 1906.

Lors de la Guerre russo-japonaise, Kouropatkine fut en grande partie responsable de l’échec des troupes terrestres russes, en refusant d’ordonner l’offensive. Il expliqua les raisons de cette défaite, parce qu'il voulait alors attendre l’arrivée du Transsibérien qui transportait les troupes. Son hésitation et sa prudence furent à l’origine de nombreuses défaites pendant la Guerre russo-japonaise. Dans plusieurs ouvrages publiés en 1909, il présenta sa défense face aux accusations portées contre lui.

Lors de la Première Guerre mondiale, Kouropatkine fut mis à la tête d’un corps de grenadiers (octobre 1915). En février 1916, il reçut le commandement du front Nord et remplaça le général Nikolaï Rouzski. Timide, prudent dans son commandement, Kouropatkine fut un ardent défenseur des anciennes tactiques. Il réunit des troupes qui auraient pu être utilisées dans de meilleures conditions par d’autres généraux tels que Alexeï Broussilov ou Alexeï Evert. Relevé de ses fonctions en juillet 1916, Nicolas Rouzski retrouva son poste et Kouropatkine fut nommé gouverneur du Turkestan. Il fut chargé de mater une rébellion de peuples autochtones. Il prit sa retraite en 1917.

En 1898, Nicolas II nomma Kouropatkine ministre de la Guerre. Il participa à des négociations avec le Japon avant la Guerre russo-japonaise. Il s’opposa au conflit armé contre le Japon et s’opposa au Cercle Bezobrazov. Son point de vue sur la politique à adopter envers les Japonais se raffermit après son voyage au Japon en juin 1903. En tant que ministre, il s'est beaucoup investi dans la rénovation des conditions (de vie, de congés, d'avancement...) et des améliorations du matériel (cuisines de campagne, artillerie de 76 à tir rapide...) et à unifier (les traditions dans les régiments, les communications dans les régions et les régions militaires).

En 1906, il a été nommé au Conseil d'État. Après la Révolution russe, Kouropatkine fut mis en état d’arrestation, mais fut rapidement libéré par un décret du gouvernement provisoire. Il s’installa dans sa province natale. Il enseigna dans une école rurale et s'occupa d'une bibliothèque qu’il avait toutes deux fondées. Il a déposé dans les archives russes militaires d'État un fond de 800 000 feuillets. Kouropatkine décéda en 1925 à Toropets, dans la région de Tver.

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