La mort de Pierre Mauroy, grande figure du socialisme français

Publié le par France Info - Sylvie Johnsson et Louise Bodet

France Infopublié le 07/06/2013 à 09:37 par Sylvie Johnsson et Louise Bodet



Laurent Fabius a annoncé vendredi matin, en marge de la visite officielle de François Hollande au Japon, la mort de Pierre Mauroy. "C'est tout un pilier du socialisme démocratique qui s'en va", a-t-il commenté. L'ancien Premier ministre avait 84 ans. Il était hospitalisé à Clamart depuis plusieurs jours.

Pierre Mauroy avait 84 ans
Pierre Mauroy avait été hospitalisé dans la nuit de samedi à dimanche à l'hôpital militaire Percy de Clamart dans les Hauts-de-Seine. Pierre Mauroy, père d'un garçon, Fabien, et arrière grand-père, s'était évanoui samedi en montant les escaliers menant à son appartement parisien, l'ascenseur étant tombé en panne. Il se remettait d'une opération d'une tumeur cancéreuse au poumon en 2012.

Sa mort a été annoncée vendredi vers 10 heures par Laurent Fabius, qui accompagnait François Hollande en voyage officiel au Japon.

Le premier Premier ministre de François Mitterrand

Pierre Mauroy "avait la gauche chevillée au coeur, et toujours privilégiait la dimension humaine", a souligné Laurent Fabius qui lui avait succédé à Matignon en 1984 après avoir été l'un de ses ministres. De 1981 à 1984, Pierre Mauroy a en effet été le premier chef de gouvernement socialiste de la Ve République.

Puis à l'Assemblée nationale, dans son discours de politique générale, il prônera une "France forte du travail de tous les siens et non une France frileuse bardée de subentions".

Ces quatre année à Matignon sont entrés dans l'histoire avec  l'abolition de la peine de mort, la décentralisation, l'impôt sur les grandes  fortunes, la cinquième semaine de congés payés, les 39 heures... C'était l'époque où tout semblait possible pour la gauche au pouvoir. Jusqu'au tournant de la rigueur et au remplacement de Pierre Mauroy par Laurent Fabius.

Pierre Mauroy à Matignon gardera sur son bureau une lampe de mineur, une façon de n'oublier ni ses racines ouvrières, ni son Nord d'origine. Il était né le 5 juillet 1928 à Cartignies. Fils d'instituteur et petit-fils de bûcheron, Pierre Mauroy avait adhéré à 16 ans aux Jeunesses socialistes. Il sera élu maire de Lille en 1973 et va diriger la capitale du Nord pendant 28 ans jusqu'à ce qu'il cède en 2001 son fauteuil à Martine Aubry.

De ce mandat, il restera notamment le tunnel sous la Manche qui lui donnera l'occasion de discussions compliquées avec Margareth Thatcher. Il en avait parlé en avril dernier dans ce qui est sans doute une de ses dernières interventions publiques.

Pierre Mauroy prendra aussi la tête du Parti socialiste en 1988, jusqu'en 1992, année où il deviendra sénateur. Seule ombre véritable, Pierre Mauroy avait été rattrapé à la fin de sa carrière par une affaire d'emploi fictif à la communauté urbaine de Lille en 1992. Il avait été condamné au civil en 2011 pour "abus de confiance", les dispositions pénales étant amnistiées.

En 2007 Pierre Mauroy avait soutenu Ségolène Royal. Puis en 2011 Martine Aubry pendant les primaires. Et enfin François Hollande en regrettant que son état de santé ne lui permette pas de participer activement à la campagne.

"Gros Quinquin", c'était le surnom de celui dont la silhouette massive, la voix caverneuse, et les lunettes rectangulaires appartiennent désormais à l'histoire du socialisme.

Publié dans Articles de Presse

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