Laugé Achille

Publié le par Roger Cousin

Achille Laugé est un peintre, français né le 29 août 1861 à Arzens dans le département de l'Aude en France et décédé le 2 juin 1944 à Cailhau dans le département de l'Aude en France, âgé de 83 ans. Né dans une famille de paysans qui le destinait au métier de pharmacien. Il fréquenta les Beaux Arts à Toulouse de 1876 à 1881, en même temps qu'il faisait un stage dans une pharmacie de cette ville. C'est là qu'il fit la connaissance de Bourdelle, Henri Martin et Henri Marre.

En 1882, Achille Laugé vint à Paris où il intègre à l'École nationale supérieure des beaux-arts,successivement les Ateliers de Cabanel le 24 mars et celui de Jean-Paul Laurens jusqu'en 1886. Il retrouva Bourdelle et rencontra Maillol qui a pu dire : "C'est Laugé qui m'a appris à mettre un homme debout". Il devait demeurer en relation avec eux toute sa vie. Laugé était pauvre. Bourdelle était plus pauvre encore et accepta avec reconnaissance de partager sa mansarde au 24 rue Bonaparte.

Il partage l'atelier de Maillol, rue de Sèvres demeura dans la capitale jusqu'en 1888. Pendant cette période il ne s'est pas borné à écouter les leçons de ses maitres, certainement, les œuvres de Seurat, de Paul Signac, de Pissarro ne lui ont pas échappé. Aussi, quand il revint dans sa famille, il ne suivit pas la technique apprise à l'Atelier et adopta la division du ton. Il semble qu'il n'ait pas été en relation avec les fondateurs du pointillisme ; s'il a choisi ce parti, c'est qu'il a pensé que là était la vérité, que c'était pour lui la meilleure manière de s'exprimer. Il travailla d'abord à Carcassonne, rue des jardins, où il gagna de solides amitiés, mais où il dut vivre péniblement ; sa façon de peindre étonnait.

S'étant marié en 1891, avec une jeune fille de la région : Marie Agnès Boyer dont naîtront quatre enfants: Pierre 1892, Juliette 1894, Jeanne 1896 et Julien 1900, il dut vendre une de ses belles toiles, "Le calvaire de Couffoulens", pour acheter son habit de noce. En 1894, il exposa trois toiles au Salon des Indépendants. Le florilège des journalistes qui parlèrent alors de lui et que recueillit la Revue Méridionale, fait penser aux réactions de la critique devant les premières œuvres impressionnistes. Il fut pris pour un fou ou un plaisantin. Le Journal de Trouville écrivit : "Carcassonne a voulu épater Paris".

La même année, le journal La Dépêche eut le mérite d'exposer à Toulouse plusieurs des tableaux qui avaient été critiqués aux Indépendants. La liste est éloquente : Louis Anquetin, Bonnard, Maurice Denis, Henri-Gabriel Ibels, Paul René Georges Hermann, Achille Laugé, Maxime Maufra, Roussel, Sérusier, Toulouse-Lautrec, Félix Valloton, Edouard Vuillard. Laugé était en bonne compagnie ! Il n'était pas maudit qu'à Trouville. Sa technique, son "Pointillisme", qui, de par sa rigueur, avait une apparence austère et naïve voilant une intense poésie, une observation aiguë des choses, scandalisait les Carcassonais, qui le considéraient comme un original, un barbouilleur, un incapable.

Laugé était soutenu par un petit cénacle : Achille Astre, qui devait devenir le secrétaire de Gustave Geffroy et qui possédait alors dans son petit "musée" particulier des Toulouse-Lautrec, Jean Alboize, directeur de l'Artiste, puis Conservateur du Palais de Fontainebleau, Achille Rouquet, rédacteur de la revue Méridionale, Albert Sarraut, qui lui demeura toujours fidèle et, plus tard, lui fit obtenir des commandes de la Savonnerie et de la Manufacture des Gobelins. Parmi ceux qui lui achetèrent des toiles aux temps héroïques, il faut citer Maurice Fabre de Gasparets, le grand et fin collectionneur, qui posséda "Les Roulottes" de Van Gogh et tant de merveilles. Après la mort de son père, Achille Laugé s'installa à Cailhau, dans la région du Razes dont il devait si souvent peindre les genêts.

Il choisit une vie simple et il aida le maçon du village à bâtir une maison modeste (l'Alouette). C'est autour de cette maison qu'il a trouvé la meilleure source de son inspiration. Comme Monet avait eu un bateau-atelier, il avait imaginé une charrette-atelier qu'il roulait jusqu'au motif, et dans laquelle il peignait en plein air, parfois à l'huile, parfois au pastel, avant de reprendre à l'atelier ce qu'il avait vu. Laugé a employé une technique pointilliste ; des "confettis" et puis, surtout, des hachures, un fin treillis de hachures. Il simplifiait, sans styliser, demeurant, toujours naturel.

En 1900, il envoya au Salon de la Nationale un très beau tableau pointilliste "Devant la fenêtre", où se trouvaient, comme trois aspects de son talent, deux figures, des fleurs et un paysage qui est celui qu'il voyait de la fenêtre de son atelier et qu'il a reproduit dans le tableau printanier que possède le Musée national d'Art moderne. La toile fut refusée, comme en 1908 une autre toile présentée au Salon d'Automne. Laugé se lassa d'envoyer ses œuvres aux Salons et s'il exposa, ce fut chez des marchands, son ami Astre, qui eut un certain temps une boutique rue Laffitte, Alvin-Beaumont, Bernheim, Georges Petit.

Vers 1905, constatant l'insuccès de la technique qu'il pratiquait avec amour depuis près de vingt ans et pressé par le besoin, il adopta une technique moins stricte et, avec une pâte plus riche, une touche plus large, il peignit avec plus de liberté. Sa manière se rapprocha de celle des grands impressionnistes. Il continua de peindre à Cailhau, mais aussi à Alet, à Collioure, à Toulouse, revenant parfois aux "Confettis" et aux "treillis" de ses premières amours, donnant toujours dans ses paysages l'atmosphère du plein air. Achille Laugé est mort à Cailhau le 2 juin 1944, la même année que son ami Maillol… Retenons pour finir une parole qu'écrivait à Achille Laugé, Antoine Bourdelle en 1919 : "Toi, tu apportes une vision très personnelle, beaucoup de logique sereine et un beau don de l'unité dans l'amour de l'air lumineux qui règne jusque dans tes ombres." Gabriel Sarraute.

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