Le Chagrin et la Pitié

Publié le par Marcel Ophüls

Le Chagrin et la Pitié est un documentaire franco-suisse de Marcel Ophüls tourné essentiellement au printemps 1969 et sorti au cinéma en 1971. A l'aide d'images d'archives jusque-là inédites et en donnant la parole à des habitants de Clermont-Ferrand et à des personnages - anonymes ou célèbres, français ou étrangers - qui vécurent diversement l'Occupation, Marcel Ophüls et André Harris ont levé le tabou qui pesait sur le comportement de la France et des Français durant ces années noires. Et brisé à jamais l'imagerie d'Epinal - et la mythologie néogaulliste - d'une nation fière et digne, unie contre l'Occupant. La réalité du régime de Vichy, la bassesse, la lâcheté, les petites compromissions qui, dans la population, souvent prévalurent, quand ce ne furent pas de plus nettes trahisons, sont impitoyablement mises en lumière. Le courage et le rôle des Résistants ne sont pas tus pour autant, mais rendus à leurs vraisemblables proportions, et à leur chronologie...

Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophüls
Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophüls

Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophüls

Fiche technique

  • Titre : Le Chagrin et la Pitié
  • Réalisateur : Marcel Ophuls
  • Scénaristes : André Harris, Alain de Sédouy, Marcel Ophuls
  • Producteur : Charles-Henri Favrod, Jean Frydman
  • Date de sortie : septembre 1971
  • Durée : 251 minutes
  • Couleur : noir et blanc - Ratio : 1,37:1

Distribution

La plupart des intervenants sont interviewés pendant le Référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation en avril 1969 et l'élection présidentielle qui s'ensuivit immédiatement. Parmi les anciens soldats allemands en garnison à Clermont-Ferrand qui sont interviewés dans le film, un seul (Helmuth Tausend) était officier (Oberleutnant), et aucun ne semble avoir été nazi, même si leur perception de la résistance (le « maquis », les « terroristes ») est très négative.

  • Georges Bidault, ancien ministre, ancien membre du Conseil national de la Résistance, qui venait d'être amnistié au moment du tournage du film après sa participation à l'Organisation de l'armée secrète.
  • Matthäus Bleibinger, ancien soldat allemand en poste à Clermont-Ferrand, blessé au moment de la libération de la ville.
  • Charles Braun, restaurateur à Clermont-Ferrand.
  • le colonel Maurice Buckmaster, ancien chef de la section F du Special Operations Executive pendant la guerre.
  • Émile Coulaudon, « colonel Gaspard » dans la Résistance, militant et dirigeant socialiste auvergnat après la guerre.
  • Henri Danton, professeur d'histoire-géographie au lycée Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand.
  • Emmanuel d'Astier de La Vigerie, journaliste, chroniqueur et homme politique français, fondateur du journal Libération (homonyme de l'actuel) proche du Parti communiste français, puis, à partir de 1958, figure de proue du « gaullisme de gauche », décédé peu de temps avant la sortie du film.
  • René de Chambrun, gendre de Pierre Laval, maire et propriétaire terrien.
  • Christian de La Mazière, ancien membre de la division Charlemagne, parle de son engagement militaire nazi.
  • Jacques Duclos, dirigeant communiste, candidat à l'élection présidentielle de 1969 au moment du tournage du film (ses affiches de campagne sont visibles au cours de l'interview).
  • le colonel Raymond Sarton du Jonchay (1900-1991), ancien chef des opérations militaires de de Gaulle en France, tenait la chronique militaire dans le journal l'Action française sous le pseudonyme « Cassagne », auteur en 1968 de La Résistance et les communistes.
  • Anthony Eden, ancien ministre des Affaires étrangères et premier ministre du Royaume-Uni.
  • le sergent Evans, ancien sergent de la Royal Air Force.
  • Marcel Fouche-Degliame, chef du groupe d'action Combat.
  • Raphaël Géminiani, ancien champion cycliste et directeur sportif.
  • Alexis Grave, agriculteur, résistant, déporté, militant socialiste, frère de Louis Grave.
  • Louis Grave, agriculteur, résistant, déporté, militant socialiste, frère du précédent.
  • André Harris, interviewer (plein-champ).
  • Marius Klein, négociant en mercerie.
  • Georges Lamirand, ancien secrétaire d'état à la Jeunesse du gouvernement de Vichy, maire en 1969 de La Bourboule (Puy-de-Dôme).
  • Pierre Le Calvez, exploitant de cinéma à Clermont-Ferrand.
  • Monsieur Leiris, ancien maire de Combronde et résistant en Auvergne.
  • Claude Lévy, écrivain, résistant, déporté, frère de Raymond Lévy, lui aussi écrivain résistant et déporté, auteur de Schwartzenmurtz ou l'Esprit de parti, où il raconte sa participation à la résistance et son engagement au Parti communiste français.
  • Pierre Mendès France, homme politique français, figure de la gauche française jusqu'à sa mort en 1982, ancien député, ancien ministre, ancien Président du Conseil, grand résistant, officier dans l'aviation des Forces françaises libres, condamné par le gouvernement de Vichy pour « désertion » — il avait tenté de rejoindre l'Afrique du Nord en 1940 par le Massilia — évadé en 1941 de la prison de Clermont-Ferrand ; il raconte les conditions dans le film.
  • le commandant Menut, ancien résistant.
  • Elmar Michel, ancien général-conseiller économique auprès du commandement militaire allemand en France et PDG des chaussures Salamander.
  • Monsieur Mioche, propriétaire d’hôtel à Royat.
  • Marcel Ophüls, l'interviewer (presque tout le temps hors champ).
  • Denis Rake, opérateur radio du Special Operations Executive.
  • Maître Henri Rochat, avocat, ancien résistant.
  • Paul-Otto Schmidt, interprète personnel d'Adolf Hitler.
  • Madame Solange, coiffeuse, inquiétée à la Libération pour son pétainisme, accusée d'avoir dénoncé un patriote et condamnée pour ces faits.
  • Edward Spears, ancien diplomate britannique.
  • Helmuth Tausend, ancien officier allemand en poste à Clermont-Ferrand, interviewé en Allemagne au moment du mariage de sa fille.
  • Roger Tounzé, rédacteur au journal La Montagne à Clermont-Ferrand.
  • Marcel Verdier, pharmacien en gros à Clermont-Ferrand.
  • Walter Warlimont, ancien général allemand, blessé lors de l'attentat contre Hitler le 20 juillet 1944, condamné pour crimes de guerre par les autorités américaines à Nuremberg.

Publié dans Films

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