Mamy Jean

Publié le par Roger Cousin

Jean Charles Mamy est un réalisateur, monteur, acteur, scénariste et journaliste français, d'origine savoyarde, né le 8 juillet 1902 à Chambéry (Savoie) et mort le 29 mars 1949 à Arcueil (Seine). Jean Mamy a été régisseur et acteur au théâtre de l'Atelier chez Dullin de 1920 à 1931. Il a créé plusieurs pièces dont Knock et Six personnages en quête d'auteur. En 1931, il réalise son premier film avec Michel Simon comme acteur principal, Baleydier, aujourd'hui introuvable, sur un scénario de Jacques Prévert. Entre 1931 et 1939, Jean Mamy, de tendance politique marquée à Gauche, était Vénérable de la loge Renan, du Grand Orient de France. En 1939, il tourne son avant-dernier film, Dédé de Montmartre, avec Albert Préjean.

Écœuré par la débâcle de 1940, il se jette à corps perdu dans le journalisme de la collaboration. Il est rédacteur en chef de L'Appel, le journal de Pierre Costantini, membre du Parti populaire français (PPF) et surtout à la pointe de la lutte contre la franc-maçonnerie qu'il rend responsable de tous les maux dont la France est accablée. Il participe activement à la presse collaborationniste sous le nom de Paul Riche et y fait paraitre des textes violemment antisémites avec appels au meurtre, notamment en mars 1941 dans l'hebdomadaire au pilori. Durant la Seconde Guerre mondiale, il se place donc  clairement du côté des Allemands. Son dernier film, le moyen métrage Forces occultes (1943) est une œuvre de propagande, attaque virulente contre la franc-maçonnerie — dont il avait fait partie — le parlementarisme et les juifs, dénonçant un prétendu complot judéo-maçonnique.

En août 1944, sa mère est arrêtée par les Forces françaises de l'intérieur (FFI), il se constitue prisonnier. Son procès, qui n'aura lieu qu'à Noël 1948, à une période où théoriquement les passions de la Libération (épuration) tendaient à s'atténuer, n'a pas empêché la cour de justice de le condamner à mort pour sa collaboration particulièrement active avec la Gestapo. Fusillé le 29 mars 1949 au Fort de Montrouge, à Arcueil, il aura été le dernier fusillé de l'épuration d'après-guerre. Jean Mamy est l'auteur de nombreux ouvrages et pièces de théâtre, certains inédits. L'un d'entre eux, des poèmes de Fresnes, Les Barreaux d'or a été publié en 1963 en Suisse sous l'impulsion de son fils.

Filmographie

Réalisateur

 

  • 1932 : Baleydier avec Michel Simon
  • 1932 : Bal d'Apaches, court métrage avec José Noguéro, Lily Zévaco et Marc Dantzer
  • 1933 : Le Chemin du bonheur avec Stéphane Pizella
  • 1933 : L'Empreinte sanglante, moyen métrage avec Nadia Sibirskaïa
  • 1939 : Dédé de Montmartre
  • 1943 : Forces occultes, moyen métrage sous le pseudonyme de Paul Riche, avec Maurice Rémy


Directeur de production
 


Monteur
 

  • 1930 : Les Amours de minuit d'Augusto Genina et Marc Allégret, avec Pierre Batcheff
  • 1930 : Le Blanc et le Noir de Robert Florey, avec Raimu
  • 1931 : L'Amour à l'américaine de Claude Heymann, avec André Luguet
  • 1931 : Mam'zelle Nitouche de Marc Allégret, avec Janie Marèse
  • 1931 : On purge bébé de Jean Renoir, avec Michel Simon
  • 1931 : La Petite Chocolatière de Marc Allégret, avec Jacqueline Francell
  • 1931 : Le Collier court métrage de Marc Allégret, avec Madeleine Guitty
  • 1931 : On opère sans douleur court métrage de Jean Tarride, avec Lucy de Matha (court métrage)
  • 1931 : Les Quatre Jambes moyen métrage de Marc Allégret, avec André Pierrel
  • 1932 : Fanny de Marc Allégret, avec Orane Demazis
  • 1932 : Seul moyen métrage de Jean Tarride, avec Julien Carette
  • 1933 : L'Agonie des aigles de Roger Richebé, avec Pierre Renoir
  • 1934 : Minuit, place Pigalle de Roger Richebé, avec Raimu
  • 1934 : Le Voyage de monsieur Perrichon de Jean Tarride, avec Léon Belières
  • 1935 : Mister Flow de Robert Siodmak, avec Mila Parély
  • 1937 : Un déjeuner de soleil de Marcel Cohen/Marcel Cravenne, avec Gaby Morlay
  • 1937 : L'Habit vert de Roger Richebé, avec Léonce Corne


Acteur
 


Scénariste
 

  • 1938 : Bar du sud


Théâtre
 

  • 1923 : Amédée et les messieurs en rang de Jules Romains, mise en scène Louis Jouvet, Comédie des Champs-Élysées
  • 1926 : La Comédie du bonheur de Nicolas Evreinoff, mise en scène Charles Dullin, Théâtre de l'Atelier

Publié dans Journalistes

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