Misch Rochus

Publié le par Mémoires de Guerre

Rochus Misch, né à Stare Siołkowice le 29 juillet 1917 et mort à Berlin le 5 septembre 2013 (à 96 ans), est un SS-Oberscharführer de la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler durant la Seconde Guerre mondiale. Il a servi comme garde du corps, estafette et standardiste auprès d'Adolf Hitler de 1940 à 1945. Avant sa mort en 2013, il était l'un des deux derniers survivants du Führerbunker de Berlin, parmi ceux qui y étaient présents lors des derniers jours de la guerre en Europe, aux côtés de Hitler

Misch Rochus
Misch Rochus

Enfance et jeunesse

Rochus Misch est né en Silésie, région faisant alors partie de l'Empire allemand, qui deviendra polonaise après 1945. Son père, soldat, meurt quelques heures avant sa naissance au cours de la Première Guerre mondiale. Sa mère meurt en 1920, alors qu'il n'a que deux ans et demi. Élevé par ses grands-parents, il suit une formation de dessinateur après le collège. En 1936, lors des Jeux olympiques de Berlin, le jeune Misch prend place au premier rang, à l'extérieur, devant l'entrée du stade. Il y voit le Führer pour la première fois et est fasciné, comme beaucoup de ses compatriotes. 

Parcours dans la SS

L'année suivante, Misch est appelé au service militaire. Il intègre la Verfügungstruppe, une unité de la SS destinée aux opérations militaires. Il est incorporé dans le régiment « Leibstandarte-SS-Adolf Hitler » (LSSAH), également chargé de la protection d'Adolf Hitler. En septembre 1939, l'Allemagne attaque la Pologne : son régiment fait partie du 13e corps d'armée. Le soldat Misch est blessé près de Varsovie le 24 septembre. Alors en convalescence, il est recruté pour le service personnel du Führer en tant que garde du corps, estafette et standardiste. C'est ainsi qu'il intègre, en avril 1940, la garde personnelle de Hitler (Führerbegleitkommando), le FBK, et s'installe dans les appartements de la chancellerie du Reich à Berlin.

Au début de l'année 1945, la fin du IIIe Reich est proche. Dès la mi-mars, Hitler, ses derniers fidèles, ses secrétaires et ses gardes se terrent dans le Führerbunker. Le SS Misch a alors la charge du standard téléphonique. Rochus Misch déclare avoir croisé le Führer pour la dernière fois le 30 avril, peu avant son suicide : « C'était vers 11 heures. Il passe devant moi, s'arrête, me jette un coup d'œil avant de faire demi-tour et disparaître ». Il observe comment, dans son petit espace, Magda Goebbels, la femme du ministre de la Propagande, habille ses six enfants avant de les empoisonner. Il croise Joseph Goebbels, qui lui lance, avant de se suicider à son tour : "Nous avons appris à vivre, nous allons donc bien savoir comment mourir. Vous pouvez maintenant disposer. C'est fini.

Captivité et retour à Berlin

Misch est capturé par les troupes soviétiques le 2 mai 1945 puis emprisonné à la prison de la Loubianka à Moscou. Après avoir passé neuf ans dans des prisons du Kazakhstan et de Sibérie, il revient à Berlin en 1954 ; avec l'aide financière d'un fonds gouvernemental, destiné à aider à la réinsertion des soldats ayant subi une longue détention, il rachète l'année suivante une petite boutique de peinture et de décoration d’intérieur qu'il fait prospérer. Avec un ami, Adolf Kleinholdermann, il entreprend également de vendre du beurre de cacahuète aux forces d’occupation américaines à Berlin.  Cette activité est florissante mais Gerda, son épouse depuis 1942, lui conseille de rester dans son affaire initiale de décoration. En 1975, Gerda est élue au parlement de Berlin où elle siège plusieurs années.

En 1985, âgé de 68 ans, Misch prend sa retraite dans sa maison du quartier de Berlin-Rudow. Son épouse meurt en 1998, atteinte de la maladie d'Alzheimer. Rochus Misch a affirmé n'avoir jamais été membre du parti nazi (NSDAP). En octobre 2008, après la mort de l'estafette Armin Lehmann, Misch était, avec Günther Schwägermann, l'un des deux derniers survivants du bunker de Hitler.  Le journaliste Nicolas Bourcier a écrit le livre J'étais garde du corps d'Hitler (Le Cherche Midi, 2006) à partir des entretiens qu'il a eus avec Rochus Misch en 2004 et 2005. À propos de cet ouvrage, l'historien Stephan Martens considère que "Misch a une mémoire sélective" et que "recueillir sans distance un tel témoignage pose un problème éthique". 

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