Mohammedi Saïd

Publié le par Roger Cousin

Mohammedi SaïdMohammedi Said, (parfois connu sous son nom de guerre, Si Nacer) (1912-1994), était un dirigeant de la Révolution algérienne en tant que colonel de l'ALN en Wilaya III durant la guerre d'indépendance et homme politique algérien. Né à Ait Frah, près de Larbaa Nath Irathen (Kabylie en Algérie française à l'époque). Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est d'abord aspirant de l'armée française. Il s'engage ensuite dans la Waffen-SS et la LVF et combat sur le front russe. Après un séjour à Berlin, il reçut la croix de fer, et était un soldat exemplaire, il a été, à la fin 1944, en même temps que 5 autres compagnons d'armes, envoyé par l'Abwehr en mission de renseignement et sabotage en Algérie, mais il a été arrêté dans la région de Tébessa. Condamné aux travaux forcés et à l'emprisonnement à perpétuité. Libéré, après plusieurs remises de peine, au début de 1952, il est passé à la clandestinité.

De cet épisode, il gardera son Stahlhelm casque allemand et sa mitraillette qu'il avait confiés à des militants du nationalisme algérien avant son arrestation et qu'il portera dans le maquis. Mohammedi Saïd avait été militant de l'Étoile nord-africaine, du PPA et du MTLD. Il avait pris contact avec la résistance dès sa sortie de prison en 1952. Il était en contact avec Krim Belkacem et d'autres responsables qui activaient dans la clandestinité. Effectivement sur le plan militaire, Krim avait sous la main un officier de la Wehrmacht. En 1956, il assurera la sécurité et le bon déroulement tout en participant au congrès de la Soummam, à l'issue duquel il devient colonel, commandant de la Wilaya III et membre suppléant du CNRA.

Connu pour ses discours mobilisateurs, il organisera avec succès les troupes et leur inculquera la rigueur et l'esprit militaire, rendant par cela la wilaya III la plus puissante et la mieux organisée des wilayas. Fait qui lui vaudra d'être choisi par ses pairs pour faire l'Académie des officiers supérieurs du Caire en vue d'être désigné le premier officier Général de l'ALN, suite à cela il fut nommé par le GPRA chef d'État-Major. Il prit ainsi le commandement de l'ALN. Il dirige en avril 1958 le Comité d'Organisation Militaire (COM), installé à la frontière algéro-tunisienne,(EMG) en octobre 1958. À son retour du Caire, Mohammedi Said est chef d'État Major. Après une première réorganisation il s'occupera du COM Est, qui regroupe les représentants des Wilaya l, II et III. Lors d'une deuxième réorganisation du COM, il est nommé ministre d'État du GPRA, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie.

Il est élu membre du Bureau politique au Congrès de Tripoli. Il est chargé de l'Éducation et de la Santé publique. Député de Tizi Ouzou le 20 septembre 1962, il est nommé ministre des Anciens moudjahidines et des victimes de la guerre le 27 septembre dans le premier gouvernement formé par Ahmed Ben Bella. Le 16 mai 1963, il devient 2e vice-président du Conseil. Membre du Comité Central et du Bureau Politique du FLN le 24 avril 1964. Toujours député, il fut écarté par Ben Bella; il perd son poste ministériel lors du remaniement du 2 décembre 1964, suite à son opposition inlassable au système de dictature qui se mettait en place progressivement, il appelait à rendre la parole au peuple et à des élections libres.

En 1967, à la commémoration de la mort de Amirouche Aït Hamouda au village de Tassaft Ouguemoun, ce fut le dernier meeting qu'il fit, dénonçant la politique autocratique de Boumedienne. Il le désigna nommément de despote et de dictateur. Ce dernier l'assigna à résidence surveillée pendant 3 ans. En 1991, dans le documentaire "Les années algériennes", le colonel Mohammedi Said assume et couvre ses soldats qui avaient pris part au Massacre de Melouza, contre les messalistes. À la fin de sa vie, il est sympathisant du Front islamique du salut (FIS), dans lequel il voyait un mouvement populaire capable de changer le régime en place. Il meurt le 5 décembre 1994 à Paris.

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