Pfannenstiel Wilhelm

Publié le par Roger Cousin

Wilhelm Hermann Pfannenstiel (né le 12 février 1890 à Breslau en Allemagne, mort le 1er novembre 1982 à Stuttgart) est un médecin, officier supérieur SS et membre du parti nazi. Il est fils de Hermann Pfannenstiel (1862-1909), un gynécologue assez connu. 

Wilhelm Pfannenstiel Wilhelm Pfannenstiel

Wilhelm Pfannenstiel

En 1931, il devient professeur d'hygiène à l'université de Marbourg en Allemagne et dirige la Société allemande pour l'hygiène de la race. En août 1942, il fait une inspection du camp d'extermination de Belzec avec Kurt Gerstein au cours de laquelle il est le témoin oculaire d'une mise à mort par gazage de Juifs venant de Lwow, fait qui est consigné dans le rapport détaillé de Kurt Gerstein et largement corroboré dans le rapport de Wilhelm Cornides, sous-officier dans la Wehrmacht.

Au printemps 1943, il devient consultant en hygiène alimentaire dans la 6e armée allemande, participe à la bataille des Ardennes en 1944, se retrouve sur le front en Hongrie et finalement est arrêté par l'armée américaine en Autriche. Interné à Darmstadt dans un camp de prisonniers de guerre, il est reconnu par la UNWCC (United Nations War Crimes Commission). Interrogé sur le bien fondé du rapport Kurt Gerstein, il nie être jamais allé à Belzec seulement à Lublin. Transféré dans un autre camp de prisonniers à Garmisch-Partenkirchen, une requête est déposée en 1948 contre lui qui le contraint à comparaitre devant un tribunal de dénazification à Tübingen. Il est arrêté puis libéré, le tribunal n'ayant pas trouvé dans le rapport Gerstein de preuves suffisantes de son implication directe dans des crimes de guerre.

Le 6 juin 1950, interrogé une nouvelle fois, Pfannenstiel dépose devant le tribunal de Darmstadt et revient sur ses précédentes déclarations. Il reconnait avoir été à Belzec et avoir assisté à une opération de gazage.

« citation : les Juifs sont entrés tranquillement et sans faire de résistance dans les chambres à gaz; ce n'est que lorsqu'ils se sont trouvés dans l'obscurité qu'ils se sont agités. Et à ce moment là le moteur a démarré; d'après mes souvenirs l'opération n'a pris qu'un temps relativement court. [...] La lucarne qui se trouvait à chaque porte s'était vite recouverte de buée à l'intérieur de sorte que l'on ne pouvait plus rien voir de l'extérieur; Quand le silence régna, on ouvrit les portes qui se trouvaient sur les portes extérieures du bâtiment. C'est par là qu'on retira les cadavres qui furent jetés dans de grandes fosses pour y être brûlés.[...] La crémation des cadavres était loin d'être satisfaisante. Les vêtements et les objets des morts faisaient de grands tas dans le camp »

Entre 1954 et 1959, il s'occupa de la division tests thérapeutiques dans une compagnie pharmaceutique allemande. En janvier 1965 il est témoin à charge dans le procès à Munich contre le personnel SS du camp de Belzec au rang duquel figure Josef Oberhauser ancien officier d'ordonnance de Christian Wirth, inspecteur général des camps d'extermination de l'Aktion Reinhard. Pendant toutes ses années, il continue d'exercer sa profession de médecin en Allemagne. Il meurt en 1982 à Stuttgart.

Publié dans Médecins SS

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