Pflimlin Pierre

Publié le par Mémoires de Guerre

Pierre Pflimlin, né le 5 février 1907 à Roubaix et mort le 27 juin 2000 à Strasbourg, est un avocat et homme d'État français, personnalité de la IVe République. D'obédience démocrate-chrétienne, il entame sa carrière politique après la Seconde Guerre mondiale comme député du Bas-Rhin puis est nommé plusieurs fois ministre, chargé de portefeuilles aussi lourds que l'Agriculture, la France d'outre-mer, les Finances et les Affaires économiques.

Désigné président du Conseil le 14 mai 1958, il préconise une politique libérale vis-à-vis de l'Algérie française et prône une réforme profonde de l'État, mais face à l'intensité de la crise causée par le problème algérien et redoublée par le putsch d'Alger, il cède le pouvoir au général de Gaulle quelques jours seulement après son investiture. Il quitte alors le devant de la scène politique et devient, à partir de 1959, maire de Strasbourg, poste qu'il occupe jusqu'en 1983.

Nommé ministre d'État chargé de la Coopération en avril 1962, il démissionne un mois plus tard pour s'opposer à la politique européenne du général de Gaulle, qu'il juge trop éloignée de ses propres convictions europhiles. Il exerce sa dernière fonction d'envergure en devenant président du Parlement européen, entre 1984 et 1987, année durant laquelle il met un terme à sa carrière politique. 

Pflimlin Pierre
Pflimlin Pierre

Jeunesse

Né dans le Nord dans une famille alsacienne — son père étant à cette époque directeur dans une entreprise textile —, Pierre Pflimlin devait revenir, jeune enfant, en Alsace, où il fit ses études au lycée de Mulhouse, à l'Institut catholique de Paris et enfin à l'université de Strasbourg. Diplômé en droit et en sciences politiques, il devint avocat en 1933 au barreau de Strasbourg. 

Carrière politique

Il commence par militer aux Jeunesses patriotes, une ligue d'extrême droite, avant de rejoindre l'Action populaire nationale d'Alsace, un mouvement dissident de l'Union populaire républicaine, le grand parti catholique alsacien. Il travailla au secrétariat général de la jeunesse, à Vichy, en 1941, puis fut nommé juge d'instruction à Thonon-les-Bains (de 1941 à 1944), et substitut du procureur de la république à Metz (en 1944). Démocrate-chrétien, il est membre du Mouvement républicain populaire (MRP) dès sa création en 1945 et en occupe la présidence de 1956 à 1959. Ses premières fonctions ministérielles furent celles de sous-secrétaire d'État au ministère de la Santé publique et de la Population (en 1946), puis de sous-secrétaire d'État à l'Économie nationale.

Il est ensuite très souvent ministre durant la Quatrième République, notamment ministre de l'Agriculture dans huit gouvernements entre 1947 et 1951, sans compter des portefeuilles dans une grande partie des gouvernements s'étant succédé jusqu'en 1958 (commerce, l'Europe, la France d'outremer, les finances et les affaires économiques, etc.). Il est l'avant-dernier président du Conseil de la Quatrième République. Investi par l'Assemblée le 14 mai 1958 alors qu'un comité de salut public composé de civils et de militaires, présidé par le général Massu, s'est constitué le 13 mai dans la soirée à Alger. Il est contraint à la démission deux semaines plus tard pour faciliter l'arrivée au pouvoir du général de Gaulle, puis il occupe dans son gouvernement le poste de ministre d'État (1er juin 1958-8 janvier 1959).

Il revient au gouvernement lors de la nomination de Georges Pompidou, comme ministre d'État, ministre de la Coopération (15 avril-15 mai 1962), démissionnant prématurément au bout d'un mois avec les autres ministres issus du MRP, en raison de graves désaccords avec le général de Gaulle au sujet de la construction européenne. Il passe pour avoir été le premier maire catholique de Strasbourg de 1959 à 1983. En fait il fut, semble-t-il, le premier maire faisant profession de catholicisme. Il y avait eu avant lui Charles Hueber (1929-1935), baptisé catholique mais qui, passé au communisme, encourageait les ouvriers à sortir de l'Église. Président du Parlement européen de 1984 à 1987, il se retire de la vie politique à la fin de sa présidence. Il a publié, en 1991, les Mémoires d'un Européen (Fayard). Pierre Pflimlin et son épouse Marie-Odile, décédée en 1985, sont inhumés au cimetière Saint-Gall de Strasbourg. Il est le père d’Étienne Pflimlin ancien président du Crédit mutuel, d’Odile, professeur agrégé d’allemand, et d'Antoinette, comédienne. 

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