Poujade Robert

Publié le par Mémoires de Guerre

Robert Poujade, né le 6 mai 1928 à Moulins et mort le 8 avril 2020 à Paris, est un homme politique français, le premier avoir été ministre de l’Environnement. Il a été aussi durant trente ans maire de Dijon. 

Poujade Robert
Poujade Robert

Origines, études et débuts professionnels

Fils d'Henri Poujade, professeur agrégé de lettres, il fait lui-même des études supérieures qui le conduisent, après une préparation au lycée Alphonse-Daudet, à l'École normale supérieure (promotion 1948) et à l'agrégation de lettres (1953). Il commence sa carrière d'enseignant en 1954 comme professeur de lettres supérieures au Lycée Carnot de Dijon. 

Début de carrière politique

Il s'engage dès l'âge de 18 ans au sein du mouvement gaulliste et milite successivement au RPF, chez les Républicains sociaux, à l'UNR, à l'UDR et au RPR. Secrétaire national des étudiants du RPF, il organise ensuite la fédération de la Côte-d'Or des Républicains sociaux, puis il est nommé en 1958 secrétaire général de la fédération départementale de l'UNR. En 1960, il entre au comité central de l'UNR, et au bureau en 1961. Il devient l'un des secrétaires nationaux du parti gaulliste en 1967, avant d'être nommé secrétaire général de l'UDR (1968-71), puis membre du bureau politique du RPR en 1984.

Après un bref passage (janvier-février 1963) comme conseiller technique au cabinet de Jacques Maziol, ministre de la construction du gouvernement de Georges Pompidou, il est nommé membre du conseil économique et social, au sein duquel il siège en tant que « personnalité qualifiée » de septembre 1964 à avril 1967. Il est également membre de la commission de développement économique régional (CODER) de la Bourgogne de 1965 à 1973. 

Protection de l'environnement

La protection de l’environnement l'intéresse tôt puisqu'il est membre dans les années 1960 de la Ligue urbaine et rurale et de la Ligue contre le bruit. Président du Haut comité de l'environnement créé en 1970 sous la responsabilité de la DATAR, il est nommé en janvier 1971 ministre délégué auprès du premier ministre, chargé de la protection de la nature et de l'environnement, dans les gouvernements Chaban-Delmas (janvier 1971-juillet 1972) et Messmer (juillet 1972-mars 1973), puis ministre de la protection de la nature et de l'environnement (Gouvernement Messmer, avril 1973-février 1974). 

Avec un budget de près de 200 millions de francs et 300 fonctionnaires, ce ministère s'étoffe à la suite du premier choc pétrolier. Ses premières missions concernent la lutte contre la pollution sonore, le développement d’un réseau de contrôle de la qualité de l’air, l'extension des compétences des agences de l’eau, des contrats entre l’État avec les branches industrielles polluantes pour mettre en place des normes de lutte contre les nuisances (notamment avec la papeterie, cimenterie, l’industrie de surfaçage, BTP, cette dernière le menaçant indirectement).

Créateur du ministère de l'Environnement en France, il a par la suite assuré des fonctions en lien avec cette préoccupation. Il a ainsi été président du Conservatoire du littoral (1976), président de la Commission nationale des Secteurs sauvegardés (1978), président de l'Association des Villes et Pays d'art et d'histoire, vice-président de la section française du Conseil international des monuments et des sites (Icomos) (1978). Il a été nommé inspecteur général de l'Instruction publique en 1974. 

Maire de Dijon

En 1962, il tente en vain de se faire élire député face au sortant, le chanoine Kir (CNI). Il prend sa revanche sur ce dernier lors des élections générales de 1967, où il parvient à prendre le siège de la 1re circonscription de la Côte-d'Or. La même année, il est élu au conseil général de la Côte-d'Or (canton de Dijon-Ouest). A la suite du décès du chanoine Kir, il est élu au conseil municipal de Dijon le 28 mai 1968, et en devient le maire le 7 janvier 1971. Dès le début de son mandat, Poujade s’attelle à la protection du centre ville : en 1971, Dijon devient le premier secteur sauvegardé de France déclaré comme tel. 

Sa plus grande réalisation de maire reste la construction de l'auditorium au cœur du nouveau quartier d'affaire qu'il appelait de ses vœux et qui ouvre en 1998. Après 30 ans à la tête de la ville, Robert Poujade décide en 2000 de ne pas se représenter. Jean-François Bazin, ancien président du conseil régional de Bourgogne et pressenti pour lui succéder, échoue face à François Rebsamen au scrutin de 2001, faisant basculer la ville à gauche pour la première fois depuis l'entre-deux-guerres.

Vie personnelle

Son épouse Marie-Thérèse est condamnée en 2011 pour avoir occupé un emploi fictif de chargée de mission à la mairie de Paris sous la magistrature de Jacques Chirac

Distinctions

  • Commandeur de la Légion d'honneur : promu officier de l'ordre national de la Légion d'honneur le 20 février 2004, il est promu commandeur de l'ordre national de la Légion d'honneur le 1er janvier 2012.
  • Chevalier de l'ordre national du Mérite
  • Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres
  • Officier de l'ordre des Palmes académiques (en 2004)
  • Médaille d'honneur de la Jeunesse et des Sports
  • Commandeur de l'Ordre du mérite de la République italienne
  • Une rue porte son nom dans la commune d'Étival-lès-le-Mans (Sarthe) depuis 2016 à la suite de la construction d'un éco-quartier

Détail des fonctions et mandats

Au niveau local
  • Conseiller municipal de Dijon de 1968 à 1971
  • Maire de Dijon de 1971 à 2001
  • Candidat aux élections municipales de Dijon en 1959 et en 1965 sous la bannière UNR, c'est en 1968 qu'il est élu lors d'élections partielles. La liste gaulliste qu'il conduit en 1971 est élue au premier tour avec 50,78 % des voix. Il est réélu au premier tour en 1977 (52 %), en 1983 (68,31 %), en 1989 (58,80 %). En 1995, contraint au ballottage par des divisions à droite, il est réélu au second tour. Il ne se représente pas en 2001.
  • Conseiller général de la Côte-d'Or de 1967 à 1988 (canton de Dijon-Ouest puis, à partir de 1973, de Dijon 6)
  • Président du Conseil général de la Côte-d'Or de 1982 à 1988
  • Conseiller régional de Bourgogne de 1970 à 1986
À l'Assemblée nationale
  • Député UDR puis RPR de la Côte-d'Or de 1967 à 1971, de 1978 à 1981 et de 1986 à 2002, il siège à la commission de la défense nationale et des forces armées de 1986 à 2002
  • Élu député pour la première fois en 1967, avec 56,70 % des voix, Robert Poujade prend sa revanche sur Félix Kir qui l'avait battu en 1962. Il est réélu en 1968 avec 50,70 % des voix au premier tour, puis en 1973 avec 53,36 % au second tour, et en 1978 avec 53,30 %. De 1971 à 1974, étant nommé au gouvernement, il laisse son siège à son suppléant René Blas. Ce dernier refuse de lui céder la place en 1974. Robert Poujade est réélu en 1978. En 1981, il est battu sur le fil (49,15 % des voix) par Roland Carraz lors de la vague rose consécutive à l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République. Il retrouve son siège en 1986 lors des législatives proportionnelles, sa liste obtenant 52,95 % des voix devant celle du PS (33,04 %). Il est réélu au premier tour en 1988 dans la 1re circonscription de la Côte-d'Or avec 51,95 % des voix, puis en 1993 avec 50,72 % des voix. En 1997, il l'emporte au second tour avec 53,64 % des voix. Il ne se représente pas en 2002.
Au gouvernement
Autres
  • Membre du Conseil économique et social de 1964 à 1967
  • Président du conseil d'administration de la Bibliothèque nationale de France (1978)
  • Vice-président de l'Association des maires de France (1983)

Publications

  • Le Ministère de l'impossible, Paris, éd. Calmann-Lévy, collection Questions d'actualité, 1975 (ISBN 2-7021-0052-X).
  • Discours académiques (Allocutions prononcées en clôture des séances solennelles de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, 1972-1995), Dijon, Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, 1995.
  • Passage du siècle : les étapes d'une renaissance urbaine, Éd. de l'Armançon, 2007 (ISBN 2-84479-106-9).
  • Avec De Gaulle et Pompidou (Mémoires), Éd. de l'Archipel, 2011 (ISBN 2-8098-0513-X).
  • Retrouver Malraux. Souvenirs et relecture, Éd. Pierre-Guillaume de Roux, 2011 (ISBN 978-2-36371-016-1).
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