Reinhardt Max

Publié le par Mémoires de Guerre

Issu d’une famille de commerçants juifs, Maximilian Goldmann vient au monde le 9 septembre 1873 à Baden, ville de la Basse-Autriche de l’Empire Austro-Hongrois. 

Reinhardt MaxReinhardt Max

Il suit des études de comptabilité et de commerce en vue de devenir banquier, mais la passion du théâtre va en décider autrement. En effet, parallèlement à ses études, il prend des cours de comédie et débute sur scène, dès 1890, dans un petit théâtre privé viennois. Sous le nom de Max Reinhardt, il enchaîne les engagements dans plusieurs théâtres de la capitale autrichienne et effectue des tournées à travers l’Empire. En 1901, Max Reinhardt fonde à Berlin, avec quelques amis, le Kleine Theater. Deux ans plus tard, il en prend la direction mais également celle du Neuen Theater. Sa conception de l’art scénique, qui affirme l’autonomie du metteur en scène face à l’auteur, révolutionne l’art théâtral très académique en ce début de siècle. Adepte du grand metteur en scène Edward Gordon Craig (1872-1966), Reinhardt incarne à lui seul le renouveau de la scène germanique. Sa renommée est telle, que les autorités culturelles impériales lui offre, en 1905, la tête du prestigieux Deutchen Theater. La même année, il y fonde une école d’art dramatique et en reste le maître incontesté jusqu’en 1933, année de sa destitution par les nazis.

En 1910, Max Reinhardt aborde discrètement le cinéma, avec «Sumurûn» une petite comédie romantique avec Elsa Wiesenthal. Deux ans plus tard, il adapte la pièce de Karl Vollmöller «Der mirakel», interprétée par Maria Carmi. Une autre version en est tournée la même année par Mime Misu, basée essentiellement sur la direction artistique de Reinhardt lui-même. En 1913, il réalise «L’île des bienheureux», une œuvre d’avant-garde, filmée principalement en longs plans-séquences, puis «La nuit vénitienne», une pantomime avec Alfred Abel, où il refuse d’insérer des intertitres. Très accaparé par le théâtre, sa carrière sur grand écran stagne quelque peu. Cependant, l’influence qu’il va exercer sur le cinéma expressionniste allemand va être considérable.

Durant les années qui vont suivre, Max Reinhardt ne rechigne pas au travail. En effet, dès 1919, il ouvre une grande école de comédie au Zirkus Schumann de Berlin. Puis en 1920, il fonde le festival de Salzbourg; en 1923, il achète et transforme le Josefstadt de Vienne; en 1924, il engage les dramaturges Bertolt Brecht et Carl Zuckmayer au Deutschen Theater et en 1928, il crée à Vienne une école de mise en scène et de jeu nommée Max-Reinhardt-Seminar. Cette dernière jouit d’une très belle réputation. Cependant, Max Reinhardt restera dans l’histoire de la culture germanique comme le plus grand découvreur de talents du vingtième siècle. En effet, ses ateliers et ses théâtres drainent une multitude de comédiens, écrivains et techniciens, parmi lesquels, nous pouvons citer: Paul Leni, Friedrich Wilhelm Murnau, Ernst Lubitsch, Conrad Veidt, Werner Krauss, Ernst Deutsch, Paul Wegener, etc…. En 1933, après son éviction par les nazis du Deutschen Theater, il prend la direction du Josefstadt de Vienne. Deux ans plus tard, il coréalise avec son ancien élève William Dieterle, une adaptation très hollywoodienne de la pièce de Shakespeare : «Le songe d’une nuit d’été». En 1937, il s’installe définitivement aux Etats-Unis. Il meurt le 31 octobre 1943, à New York, emporté par une pneumonie.

Publié dans Métiers du Spectacle

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