Wendel François de

Publié le par Roger Cousin

François de Wendel, second du nom, né le 5 mai 1874 à Paris, mort le 12 janvier 1949 à Paris, est un industriel et homme politique français. Il est le fils de Henri de Wendel (1844-1906), industriel, et de Berthe Henriette Hélène Marie de Corbel de Vaulserre (1849-1918). Il épouse, le 7 décembre 1905, en l’Église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou à Paris, Marie Céline Odette Humann (Vallauris, 1er mai 1884 - Suresnes, 3 février 1954), fille de l'amiral Edgar Humann-Guilleminot (7 mai 1838 - 1914), petit-fils de Georges Humann, et d’Isabelle de Bouthillier-Chavigny. Ils ont ensemble quatre enfants :

  • Marguerite de Wendel (1907 - 1976), qui épouse en 1926 son cousin le comte Emmanuel de Mitry (fils de Marie-Thérèse de Gargan, elle même fille du baron Charles Joseph de Gargan, fils de Marguerite Joséphine de Wendel).
  • Odile de Wendel, (1908), qui épouse le comte Geoffroy de Montalembert en seconde noces.
  • Henri de Wendel, second du nom (1913-1982), qui épouse Galliane Marie Antoinette Haudry de Soucy
  • Isabelle de Wendel (1920 - 1961)


Wendel François de Au cours de sa jeunesse, entre Paris et Hayange, il baigne dans un milieu durement touché par la cession de l'Alsace-Lorraine à l'Allemagne, et qui croit à un retour prochain à la France du territoire annexé. Il obtient en 1891, à 18 ans, le permis d'émigration qui lui permet d’éviter le service militaire allemand et de poursuivre ses études en France dans un lycée jésuite, mais lui interdit le retour en Lorraine annexée (actuel département de la Moselle). Il fait son service militaire à Chartres en 1896, juste après sa sortie de l'École des Mines de Paris (promotion 1896, sorti 11e sur 33 de sa promotion en 1899). Il fait un voyage aux États-Unis de 1899 jusqu'en 1901, consacré à l'étude de la sidérurgie.

Après la mort de Charles de Wendel en 1870, les affaires familiales sont dirigées par Henri avec Robert de Wendel et le baron de Gargan. C'est donc avec eux que François de Wendel travailla d'abord. En 1903, suite à la mort de Robert de Wendel, il est nommé gérant de la société les Petits-fils de François de Wendel et Cie (la partie allemande des établissements de Wendel, autour de Hayange, société créée sous cette forme par Mme François de Wendel née de Fischer, grand-mère de Henri et Robert) et de la société de Wendel et Cie (partie française, autour de Joeuf). Il dirigea ces sociétés jusqu'à sa mort, poursuivant ainsi la tradition de ses ancêtres qui exploitaient les forges de Hayange depuis 1704. Il fut également président du Comité des forges de France de 1918 jusqu'à sa dissolution par le gouvernement de Vichy en 1940, et régent de la Banque de France. Il put prendre le contrôle de différentes mines, notamment en Rhénanie et Westphalie et dans le Limbourg hollandais, et d'entreprises métallurgiques, après la Première Guerre mondiale.

Contre l'avis de la famille de Wendel (et notamment de son frère cadet Humbert), très discrète en politique, François se lance très tôt en politique. Il prenait ainsi certainement un risque considérable à une époque où les biens familiaux étaient répartis entre la Lorraine française et la Lorraine annexée à l'Allemagne. En 1892, François de Wendel avait choisi de se faire naturaliser français, suivi par ses frères (mais leur père, de nationalité française avant 1871, est resté allemand). Leur cousin Charles a pris la nationalité allemande en 1905 et se fit élire au Reichstag (il reprit la nationalité française vers 1912). Dès 1900, François de Wendel était conseiller général de Briey. Il n'arrive pas à se faire élire député en 1906 face à Albert Lebrun. En 1914, il se présenta à Briey aux élections de l'Assemblée nationale, et fut élu contre Grandjean par 4420 voix sur 8154 votants. Il se fait ensuite réélire sur la liste d'entente républicaine et d'action sociale, avec Albert Lebrun. Il est constamment réélu. À l'Assemblée nationale, il appartient à plusieurs commissions : mines, assurance et prévoyance sociale, affaires étrangères. À partir de 1919, il est membre du comité consultatif des mines.

La Première Guerre mondiale vit les Wendel à nouveau chassés de Lorraine. Les Wendel, dont aucun n’a, en 1914, la nationalité allemande, s'engagent du côté de la France pour laquelle plusieurs membres de la famille combattent. Leurs biens en Lorraine annexée sont mis sous séquestre par les autorités allemandes et fonctionnent — à marche, il est vrai, très réduite — au bénéfice du Reich ; par leur fondé de pouvoir allemand Robert Pastor, les Wendel conservent toutefois la propriété théorique de l'ensemble industriel. Quant aux biens du bassin de Briey, occupé dès le début du conflit par l'armée allemande, ils sont administrés sous contrôle allemand ; l’usine de Jœuf est en partie démantelée.

Le 20 novembre 1918, les Wendel sont de retour à Hayange. Si les débuts de l'entre-deux-guerres sont difficiles avec la remise en marche des installations et le rétablissement des marchés, les patrons lorrains redressent assez vite la situation (rachat des parts Schneider dans Joeuf, modernisation des installations, investissements multipliés dans d'autres lieux et entreprises...). En partie sans doute du fait de la visibilité politique de François de Wendel, ils sont la cible d'attaques virulentes ; la plus notable est l'affaire dite des bombardements de Briey où on les accuse — à tort, comme l'ont désormais démontré des historiens tels que Jean-Noel Jeanneney — d'avoir contribué à prolonger la guerre en intervenant pour empêcher la destruction des usines de Joeuf. En 1933, François de Wendel se fait élire au Sénat (premier tour) en remplacement d'Albert Lebrun qui était devenu président de la République. Il y fait partie des commissions des mines, des travaux publics, des armées, des finances, des affaires étrangères.

La guerre qui commence en 1939 est à la fois semblable et différente de la précédente pour les usines et mines de Wendel. Placées devant la ligne Maginot, les mines de Petite-Rosselle doivent être abandonnées et noyées. La défaite de 1940 est plus brutale pour l‘entreprise et son patrimoine est déchiré entre Roechling et les Hermann Goering Werke. Il refuse de se rendre à l'Assemblée (à Vichy) le 10 juillet 1940 pour voter les pleins pouvoirs à Pétain. Dans les trois dernières années de sa vie, il est écarté de la vie politique et se consacre à la réorganisation de ses grandes affaires.

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