Un héros parti discrètement

Publié le par La Libre Christian Laporte

Belgique - Il avait fait sienne la phrase de Saint-Exupéry disant qu’"on n’a jamais fini de faire son devoir" . 

S’il mena une belle carrière d’architecte-expert judiciaire tout au long du siècle qu’il passa sur cette terre, doublée d’une heureuse vie de famille, ce furent les années de la Seconde Guerre mondiale qui avaient façonné le caractère de Jules-L. Verbeet qui avait atteint son centenaire le 14 mars dernier mais qui vient malheureusement de disparaître. Son parcours de guerre ? Celui de tous ces Belges qui, dès le 10 mai 1940, n’ont jamais renoncé à se battre pour l’indépendance du pays et qui n’ont déposé les armes que lorsque l’hydre nazie fut définitivement terrassée. Jules-L. Verbeet avait tout naturellement participé à la campagne des 18 jours avant de s’engager dans le renseignement et l’action; ce qui l’amena à terminer la guerre au fameux 2e Bureau du ministère de la Défense. 

Pourtant, tout avait failli se terminer le premier jour du conflit car le sous-lieutenant de cavalerie Verbeet se retrouva sous les tirs nourris de la Luftwaffe au nord du canal Albert. Mais pas question de subir le joug nazi : au lendemain de la capitulation, il entra dans la clandestinité. Actif au sein du réseau Bayard et du Mouvement national royaliste, Jules-L. Verbeet s’illustra en débusquant le repaire de Prosper Dezitter qui collaborait avec la police secrète allemande et pour l’Abwehr. Un odieux personnage qui précipita la déportation de nombre de résistants belges. Après moult missions pour les réseaux Comète et Sabot, le résistant partit outre-Manche. 

Mais en 1942-1943, on le retrouva aux côtés des Services de renseignements alliés en France. A Marseille, il échappa de peu aux nazis alors qu’il avait des plans d’évacuation de Belges sur lui. A Lyon, il évita de justesse la Gestapo mais finit par être arrêté en Espagne. Après moult aventures, il arriva à Londres pour préparer la libération de la Belgique. Cinq années pour le moins extraordinaires mais Jules-L. Verbeet, de la trempe des vrais héros avait exprimé le souhait d’avoir des funérailles dans la stricte intimité familiale

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article