Grèce. Aube dorée : "Nous sommes des Grecs fiers, nous avons des armes"

Publié le par Le Nouvel Observateur

Apologie des armes, dénonciation de la classe politique grecque vendue à l'étranger : le député Michalis Arvanitis assume l'idéologie néo-nazi de son parti Aube dorée, accusé du meurtre d'un rappeur.

Plus d’une centaine de militants du parti néonazi grec Aube dorée manifestent bruyamment, mercredi 2 octobre, devant le tribunal d’Athènes où viennent d’être inculpés leurs "héros"

Plus d’une centaine de militants du parti néonazi grec Aube dorée manifestent bruyamment, mercredi 2 octobre, devant le tribunal d’Athènes où viennent d’être inculpés leurs "héros"

Dans une interview exclusive au "Nouvel Observateur", l’avocat Michalis Arvanitis, député du parti néonazi grec Aube dorée, dont des chefs et députés viennent d’être inculpés pour "entreprise criminelle" après un meurtre le 18 septembre, assume sans détour son amour pour les armes, et prétend que la formation d'extrême droite grecque théorie du "complot" d’une classe politique "vendue aux intérêts étrangers".

Après le meurtre du 18 septembre, la police a découvert des armes chez certains des membres de votre parti…

- Moi aussi j’ai une arme à la maison. C’est une Winchester de collection, l’arme des cowboys, achetée pour les 120 ans de la marque. Si jamais on découvrait cette arme chez moi et que je ne l’avais pas déclarée, personne ne dirait que c’est une arme de collection ! J’aime tellement cette arme que le soir du jour où je l’ai acheté, j’ai viré ma femme du lit et j’ai dormi avec la Winchester. Nous, les hommes, nous, les Grecs, nous avons une faiblesse pour les fusils. Quand je rentre chez moi, je les caresse. Je les aime. Quel homme ayant servi dans l’armée grecque n’aime pas les armes ! Celui qui dit qu’il les aime pour protéger sa famille et sa Patrie doit être fier de lui. Nous sommes des Grecs fiers, nous avons toujours des armes. On peut donc trouver un fusil dans chaque maison en Grèce.

Que pensez-vous de l’inculpation et de la détention provisoire de votre leader après cet assassinat ?

- Regardez la France. Si quelqu’un qui prétend être du Front national tue un homme, va-t-on mettre Mme Le Pen en prison ? Va-t-on dire que le Front national, qui, je crois, a 30% dans les sondages, est une organisation criminelle ? Les Français, eux, connaissent les lois et ils savent faire de la politique. Comment peut-on ridiculiser notre chef, le leader d’un parti qui représente un demi-million de personnes ? En Grèce nous ne sommes pas en démocratie mais dans un régime parlementariste clientéliste. Nos hommes politiques savent seulement servir les intérêts étrangers. Ils nous mènent vers la décadence. Comme par hasard, l’arrestation de nos députés s’est passée le jour du vote au Parlement du troisième mémorandum [les mesures d’économies et d’austérité imposées par l’Union européenne et le FMI, NDLR]. Les autres politiciens jouent avec la Patrie, ils la vendent.

Mais ce meurtre, de ce rappeur, le premier d’un citoyen grec par un de vos membres, a bien eu lieu ?

- Le meurtrier n’appartient pas à notre parti. C’est un communiste infiltré dans nos rangs pour commettre cet assassinat et être arrêté. C’est une provocation destinée à casser Aube dorée qui s’envolait dans les sondages [le parti néonazi, qui avait réuni 7% des voix aux dernières élections, atteignait jusqu’à 14% dans les dernières études d’opinion, NDLR]. En tant que député et avocat, je ne vois pas de preuves contre nous. Tout ce que l’on a vu, c’est quelques coups de pieds dans des cartons de légumes sur un marché tenu par des immigrés Pakistanais illégaux.

Comment comptez-vous réagir ?

- Nous allons réagir comme un parti légal, parlementaire [18 députés dont six sont inculpés et trois en détention provisoire]. Nous allons représenter les Grecs dignement au Parlement. Dire que nous sommes une organisation criminelle, c’est ignoble et sans fondement. Avant les élections déjà, cette accusation infâme était utilisée contre nous. On ne peut porter plainte contre tous ceux qui disent ça, tellement ils sont nombreux. Mais on l’a fait et on le fera. Le peuple voit. Le peuple entend. Le peuple est indigné, enragé. Il a compris qu’on nous a jeté dans un piège. Et le peuple s’est réveillé.

Publié dans Articles de Presse

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