Carantec. En souvenir d'un certain 18 juin 1940

Publié le par Le Télégrame

Le jour où le Général de Gaulle prononça, il y a 74 ans, son fameux Appel du 18 juin, sa famille proche était en transit à Carantec (29). Une plaque sera apposée, dans l'impasse concernée, le 16 juin. L'occasion, pour le musée maritime, de mettre au grand jour l'histoire d'une évacuation avortée...

 

 Abonnez-vous au TélégrammeSe connecterVous bénéficiez encore de 2 articles offerts Jeu Concours gratuit :	Gagnez vos places pour Bobital   fermer  Le Télégramme, l'info vous suit partout ActualitéBretagneSportsLoisirsAnnonces  TV Ciné Musique Multimédia Livres Recettes Jeux concours Histoire Voyage  LOISIRS Histoire Carantec. En souvenir d'un certain 18 juin 1940 22 mai 2014 à 10h26/ Sophie Prévost /  « Cette commémoration va permettre de dire la vérité sur une histoire finalement méconnue de bien des Carantécois », assure le président du musée maritime, Jean-Pierre Daffniet

Abonnez-vous au TélégrammeSe connecterVous bénéficiez encore de 2 articles offerts Jeu Concours gratuit : Gagnez vos places pour Bobital fermer Le Télégramme, l'info vous suit partout ActualitéBretagneSportsLoisirsAnnonces TV Ciné Musique Multimédia Livres Recettes Jeux concours Histoire Voyage LOISIRS Histoire Carantec. En souvenir d'un certain 18 juin 1940 22 mai 2014 à 10h26/ Sophie Prévost / « Cette commémoration va permettre de dire la vérité sur une histoire finalement méconnue de bien des Carantécois », assure le président du musée maritime, Jean-Pierre Daffniet

La plaque sera dévoilée sur le muret d'une maison grise et blanche, située rue du Petit-Thouars, à Carantec. Lundi 16 juin à 14 h, une délégation de treize Australiens, une de douze Britanniques, des élus locaux et, bien entendu, toute la population seront invités à se recueillir devant la villa d'Arvor.

Un pan de la grande Histoire 

Cette fameuse demeure illustre, par sa petite histoire, un pan de la grande Histoire. Que le Général de Gaulle y passa, juste avant de partir pour Londres prononcer son appel à la résistance du 18 juin 1940, que sa femme Yvonne et ses trois enfants y séjournèrent durant une semaine, avant de prendre in extremis un bateau pour l'Angleterre, n'est ici plus un secret pour personne.

« Même si les derniers témoins directs de cet épisode sont aujourd'hui décédés, bien des Carantécois en ont entendu parler et le musée maritime se mobilise, depuis de nombreuses années, pour le leur rappeler », note Pascal Messager, un lieutenant-colonel de gendarmerie qui se passionne pour le sujet depuis dix ans.

Une part d'ombre 

Ces « sept jours qui ont marqué la France » comportent néanmoins aussi une part d'ombre. Un épisode longtemps insoupçonné, lié au séjour de la famille de Gaulle et qui s'apprête aujourd'hui à être mis en lumière.
« Lors de l'entretien qu'a eu le Général de Gaulle avec Winston Churchill l'après-midi du 17 juin, il est quasi certain que l'évacuation des quatre membres de sa famille depuis Carantec a été évoquée, note Pascal Messager. Un hydravion a d'ailleurs décollé de Plymouth, dans la nuit du 18 juin. Mais il s'est écrasé, pour une raison qui restera probablement à jamais non élucidée, moins de deux heures plus tard, dans un champ, à Ploudaniel. Les quatre occupants ont été tués ».

Sans nouvelles de l'hydravion, les services secrets britanniques envoyèrent alors une vedette lance-torpilles de la Royal Navy jusqu'à Carantec. Arrivé sur place le 19 juin au soir, l'officier concerné apprit qu'Yvonne, Philippe, Anne et Élisabeth avaient déjà quitté la commune pour embarquer à bord d'un navire marchand en direction de Falmouth, depuis Brest, la veille.

« Merci à eux » 

L'évacuation par les airs, au-dessus de la baie de Morlaix, n'aura donc jamais lieu. Au musée maritime, on avoue avoir eu vent de ces faits, « il y a seulement un an, grâce à la commémoration faite en l'honneur des pilotes australiens et britanniques, par la commune de Ploudaniel ».

Restée secrète, la mission ne fut jamais officiellement évoquée par Charles de Gaulle, très soucieux de séparer sa vie publique de sa vie privée. « Mais son fils Philippe parle de l'hydravion dans ses mémoires et l'officier Sir Brooks Richard détaille l'opération par le menu dans son livre "Flottilles secrètes". Tout concorde », rappelle encore Pascal Messager.

Alors que la côte normande va largement honorer, en juin, les 70 ans du Débarquement et de la Libération, Carantec n'aurait, pour rien au monde, voulu passer à côté de sa propre histoire.

En associant les familles des pilotes à la cérémonie du 16 juin, la commune dira officiellement « Merci » à ces quatre hommes méconnus, « qui ont donné leur vie pour sauver, au final, le destin de la France ».

EN COMPLÉMENT

Musée maritime. « Devoir de mémoire »

C'est au musée maritime, en plein centre de Carantec, que la plupart des témoignages et documents réunis sur le passage de la famille de Gaulle dans la commune, en juin 1940, sont d'ores et déjà présentés.
« Nous sommes tous des bénévoles et des passionnés, motivés par l'envie de transmettre aux jeunes générations l'histoire de ces aïeuls, qui ont pris part, depuis la baie de Morlaix, à la grande Histoire », souligne Jean-Pierre Daffniet.
Le président de l'association commente régulièrement l'exposition permanente évoquant, dans un local adjacent, l'histoire et le périple des 28 bateaux qui permirent, de nos côtes, l'évasion de centaines de Bretons vers l'Angleterre, dès l'Armistice de 1940, et après l'instauration du Service du travail obligatoire (STO), en 1943. On y apprend énormément sur le réseau Sibiril, notamment.

« Trouver les pièces du puzzle »

« C'est toujours émouvant de voir un gamin de neuf ans venir identifier, avec sa grand-mère, lors des grandes vacances, le portrait de son arrière-grand-père sur l'un des panneaux... », s'émeut aussi Jean-Pierre Daffniet, qui avoue recevoir encore régulièrement de nouveaux documents de la part des familles, « qui permettent d'alimenter les pièces du puzzle ».
Certes, Carantec, occupée par l'armée allemande dès le 19 juin 1940, n'a pas été le théâtre de combats. « Mais les marins de la baie de Morlaix ont su prendre d'énormes risques, au cours de cette seconde Guerre mondiale, pour défendre leur pays. Il est de notre devoir de le rappeler ».

 

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article