Européennes 2014 : des nazis au Parlement de Strasbourg ?

Publié le par Le Point

Européennes 2014 : des nazis au Parlement de Strasbourg ?

En Grèce, le bon score d'Aube dorée, qui rafle 9,4 % des suffrages, éclipse presque la victoire du Front de gauche et de son jeune leader Alexis Tsipras.

Manifestation des partisans d'Aube dorée le 23 mai à Athènes

Manifestation des partisans d'Aube dorée le 23 mai à Athènes

Et si le nouveau Parlement européen se dotait de députés néonazis ? D'élus tenant un discours négationniste jusqu'à Strasbourg ? Et si ces nouveaux députés imposaient à toute l'Europe l'interdiction d'accès aux soupes populaires pour les ressortissants non membres de l'Union, cartes d'identité à l'appui ? Cette hypothèse paraissait complètement incongrue il y a encore deux ans, mais elle est devenue réalité depuis dimanche. Aube dorée, le parti néonazi grec, a atteint les 9,4 % et obtient trois sièges à Strasbourg. "C'est honteux", s'insurge Maria Spyraki, élue conservatrice aux européennes. "Les Grecs ont dans leur ADN un rejet violent du nazisme et de toute forme d'extrémisme. Il y a d'autres méthodes pour exprimer sa colère."

La presse hellénique parle "de choc et d'horreur" et tente d'analyser les motivations d'un électeur grec sur dix qui s'est dirigé vers ce parti, tout en la distinguant de la poussée des partis extrémistes en Europe. Pourtant, Aube dorée voyait sa percée arriver. Son porte-parole, Ilias Kassidiaris, a même lancé un appel à Marine Le Pen pour s'unir avec elle à Strasbourg. Si la présidente du Front national a, pour le moment, rejeté cette éventualité, rien n'est définitif pour Aube dorée. Toute la presse et les commentateurs se font ainsi l'écho de la victoire de Marine Le Pen en France, en parlant de séisme dans l'Hexagone, mais aussi sur le Vieux Continent. "Dans le pays de Mai 68, un jeune sur trois et les ouvriers ont voté pour le Front national", titre le grand quotidien Kathimerini. 

"Une victoire historique"

Cette progression du parti néonazi en Grèce et du FN en France ternirait presque la victoire du Front de gauche Syriza et de son dirigeant Alexis Tsipras à Athènes. Avec 26,5 % des voix contre 22,7 % pour la Nouvelle Démocratie du Premier ministre Antonis Samaras, le Syriza n'hésite pas à parler de "victoire historique". Il faut dire que le parti d'Alexis Tsipras, 39 ans, ne faisait que 4,5 % des voix aux dernières européennes et n'avait qu'un seul député européen. "Syriza devient la première force politique du pays", titre le journal des rédacteurs. 

Alexis Tsipras se veut surtout "l'homme de l'anti-rigueur, qui veut mettre un terme à la tutelle budgétaire de l'Union européenne et du FMI et réduire le chômage, qui touche 27,8 % de la population active", souligne le quotidien de gauche. Sa victoire est un message fort pour le gouvernement de coalition au pouvoir. Antonis Samaras a admis avoir "entendu le message de rejet de l'austérité" et promet des changements rapidement. Reste à savoir si ce gouvernement aura le temps de mener à bien ses réformes avant d'être renversé.

Publié dans Articles de Presse

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