Le Pen Marine

Publié le par Mémoires de Guerre

Marion Anne Perrine Le Pen, dite Marine Le Pen, née le 5 août 1968 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est une femme politique française. Engagée dès sa majorité au sein du Front national, elle occupe plusieurs mandats locaux à partir de 1998 (conseillère régionale d'Île-de-France, du Nord-Pas-de-Calais puis des Hauts-de-France, conseillère municipale d'Hénin-Beaumont) et siège de 2004 à 2017 au Parlement européen, où elle co-préside le groupe Europe des nations et des libertés (ENL) à partir de 2015.

Elle est élue présidente du Front national lors de son congrès de 2011, succédant à son père, Jean-Marie Le Pen, qui dirigeait le parti depuis sa fondation. Candidate à l'élection présidentielle de 2012, elle arrive en troisième position au premier tour en obtenant 17,9 % des suffrages exprimés. De nouveau candidate à l'élection présidentielle de 2017, elle se qualifie pour le second tour, qu'elle perd face à Emmanuel Macron en obtenant 33,9 % des voix. Lors des élections législatives de 2017, elle est élue députée dans la onzième circonscription du Pas-de-Calais. 

Le Pen Marine

Famille et vie privée

Marion Anne Perrine Le Pen naît le 5 août 1968 à Neuilly-sur-Seine, benjamine des trois filles de Jean-Marie Le Pen et de sa première épouse, Pierrette Lalanne. Alors qu’elle est baptisée le 25 avril 1969 sous le nom de Marine en l'église de la Madeleine, son père lui donne pour parrain Henri Botey. Elle est également la tante de Marion Maréchal, qu'elle a élevée avec sa sœur Yann entre sa naissance et la rencontre de cette dernière avec Samuel Maréchal. Le 2 novembre 1976, un attentat à la bombe détruit le domicile parisien de son père, Jean-Marie Le Pen, au 9, villa Poirier. Les vingt kilos d'explosifs, l'une des plus grosses charges qu'ait connues Paris depuis la Seconde Guerre mondiale, détruisent toute une partie de l'immeuble de cinq étages. Hormis quelques égratignures dues aux éclats de verre, Marine Le Pen est indemne, tout comme ses deux sœurs Marie-Caroline et Yann, qui dormaient auprès d'elle. Ses parents se séparent en 1984, alors qu'elle a 17 ans. L'événement prend une tournure médiatique dont elle vit très mal certaines péripéties. Après le départ de sa mère tombée amoureuse d'un journaliste venu l'interviewer, en 1984 également, elle entretient une relation avec le chargé de communication de son père, Lorrain de Saint Affrique

En juin 1997, elle épouse Franck Chauffroy, dirigeant d'entreprise ayant travaillé pour le Front national. De ce mariage naissent trois enfants, Jehanne, née en 1998, et les jumeaux Louis et Mathilde, nés en 1999, baptisés dans l'église catholique traditionaliste de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Divorcée en avril 2000, elle se remarie, en décembre 2002, avec Éric Iorio, ancien secrétaire national du FN aux élections et ancien conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais, dont elle divorce en juin 2006. À partir de 2009, elle a pour compagnon Louis Aliot, lui-même divorcé, secrétaire général du Front national d'octobre 2005 à mai 2010 puis vice-président du parti depuis janvier 2011. Louis Aliot annonce leur séparation en septembre 2019. Elle vit, jusqu'en 2014, dans une dépendance de la propriété de Montretout à Saint-Cloud, où la famille Le Pen s'est installée à la fin des années 1970. Elle déménage ensuite pour une résidence qu'elle acquiert à La Celle-Saint-Cloud. Elle se définit comme « catholique non pratiquante ». 

Formation

Marine Le Pen est élève au lycée Florent-Schmitt de Saint-Cloud. À cause notamment d'une note de 4/20 à l'épreuve de philosophie, elle n'obtient son baccalauréat (série B) qu'au rattrapage en 1986. Elle étudie par la suite le droit à l'université Paris II-Assas, où elle obtient une maîtrise en droit (mention carrières judiciaires) en 1990, puis un DEA de droit pénal en 1991. Elle est alors « cornaquée par Jean-Claude Martinez, professeur de droit public dans la même fac et proche conseiller de son père », qui décrit une étudiante « très médiocre et très fêtarde ». Un jour, elle vit très mal qu'un professeur fasse travailler sa classe sur un arrêt de 1973 rendu contre son père pour « apologie de crime de guerre ». En 1992, après avoir suivi l'École de formation professionnelle des barreaux de la cour d'appel de Paris (EFB), elle obtient le certificat d'aptitude à la profession d'avocat (CAPA) et devient avocate au barreau de Paris. Dans son autobiographie À contre flots (éditions Grancher, 2006), elle indique qu'elle souhaitait entrer dans la vie active alors que son père aurait préféré qu'elle passe son doctorat. 

Carrière professionnelle

Elle s'inscrit au barreau de Paris en 1992. Elle entre alors au cabinet de Georges-Paul Wagner, intime de la famille Le Pen. En 1994, elle s'installe à son compte dans un bureau de la rue de Logelbach qu'elle loue à Sylvain Garant, un avocat proche de la droite du RPR. L'Express relève que sa carrière d'avocate est très brève « dans une profession où il en faut souvent dix pour exister », et que « son seul « grand » procès reste celui du sang contaminé, en octobre 1992 puis juillet 1993 », dans lequel le cabinet Wagner défend l'association des polytransfusés ; commençant sa carrière professionnelle, elle n'y plaide pas. Elle se porte volontaire aux permanences de comparutions immédiates à la 23e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, « travail mal payé mais qui permet aux jeunes avocats d'arrondir leurs fins de mois et d'acquérir une certaine compétence ». 

Dans ce cadre, elle est amenée à défendre des étrangers en situation irrégulière. L'Express précise que « ses anciens confrères, de droite comme de gauche, brossent le portrait d'une avocate « bosseuse et pugnace », « indestructible et fêtarde », évitant toute forme de prosélytisme ». Elle doit faire face à l'hostilité de certains de ses confrères, dont Arnaud Montebourg et Jean-Marc Fédida, opposés à son élection à la conférence des avocats du barreau de Paris. Elle quitte le barreau pour entrer le 1er janvier 1998 au service juridique du Front national. Renaud Dély lie ce changement à l'échec de son activité d'avocate indépendante : « Elle n'a pas de clients, pas de dossiers, et donc pas de revenus ». 

Parcours politique

Débuts

En 1983, elle accompagne son père pendant quelques jours lors de la campagne qu'il mène pour les élections municipales dans le 20e arrondissement de Paris, afin de se rapprocher de celui-ci, qui vit souvent éloigné de ses filles. Elle décrit cet épisode comme « un choc ». En 1986, à l'âge de 18 ans, elle adhère au Front national, le parti dirigé par son père. La stigmatisation qu'elle éprouve dans le cadre scolaire en raison de son ascendance a, selon elle, « fabriqué un véritable ciment familial », et la notion de « regroupement dans l’adversité » aurait contribué pleinement à son engagement politique. Durant ses années à l'université, elle prend part au Cercle national des étudiants de Paris (CNEP), un mouvement étudiant proche du Front national, dont elle est un temps la présidente d'honneur. Renaud Dély indique qu'à cette époque, « la politique l'intrigue plus qu'elle ne l'intéresse. Elle y est aimantée par son nom plus que par ses convictions encore peu arrêtées ». Néanmoins, « ses véritables amis » d'alors sont des membres du Groupe union défense — un groupuscule d'extrême droite radicale —, Frédéric Chatillon en particulier, qui demeureront parmi ses plus proches comme présidente du FN.

Elle figure en dernière position sur la liste du FN lors des élections municipales de 1989 à Saint-Cloud, puis se voit proposer par Carl Lang la deuxième place sur la liste du FN dans le Nord-Pas-de-Calais aux élections régionales de 1992 ; mais venant de prêter serment comme avocate, elle décide de décliner. Elle se présente pour la première fois à une élection lors des législatives de 1993. Âgée de 24 ans, elle est la candidate du Front national dans la 16e circonscription de Paris qui se trouve dans le 17e arrondissement. Elle recueille 11,1 % des voix, arrivant derrière le député sortant, Bernard Pons, qui est réélu dès le premier tour avec 63,1 % des votes, et le candidat socialiste, Jean-Luc Gonneau (11,8 %). En septembre 1996, aux côtés de Bruno Gollnisch, elle assiste au procès intenté à Éric Delcroix, connu comme avocat des négationnistes français, à l'issue duquel il est condamné pour contestation de crimes contre l’humanité.

C'est en 1998 qu'elle obtient son premier mandat politique en tant que conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais, élue dans le Nord sur la liste conduite par Carl Lang. En 1998, elle pilote également la création du service juridique du Front national, qu'elle dirige jusqu'en 2003. Ce service est créé par Jean-Marie Le Pen, sa fille lui en ayant fait la suggestion à l'automne 1997 ; dans le même temps, le président du FN « relègue l'avocat du parti, Marcel Ceccaldi, à un rang secondaire, et donne à sa fille la haute main sur tous les litiges en cours du parti. De fait, c'est Ceccaldi qui règle tout au FN, c'est lui qui abat tout le boulot juridique, mais c'est Marine Le Pen qui empoche les bénéfices grâce au coup de pouce de son père ». D'abord peu assidue à ce poste, elle s'y investit lorsque la scission du parti s'annonce ; elle est notamment chargée par son père de réaliser un audit des différentes associations créées par Bruno Mégret afin de réduire son influence. À partir de 2000, elle siège au sein du bureau politique, l'instance dirigeante du mouvement.

Lors de la crise que traverse le parti à la fin des années 1990, elle adopte la ligne « TSM » (« Tout sauf Mégret »), aux côtés de Jean-Claude Martinez, Roger Holeindre et Bruno Gollnisch. En 1997, sur les conseils de son beau-frère Samuel Maréchal, elle se présente aux élections du comité central du FN pour contrer Bruno Mégret (dont l'épouse Catherine vient tout juste d'être élue maire de Vitrolles), mais échoue à se faire élir en raison du barrage des mégrétistes, qui voient dans cette candidature une illustration des velléités de Jean-Marie Le Pen de contrôler le parti ; alors que cet incident accroît les tensions entre ce dernier et Bruno Mégret, Marine Le Pen est finalement repêchée sur la liste complémentaire de vingt membres cooptés par son père. À la même période, elle prend en charge la section des libertés au sein du « pré-gouvernement » formé par le FN, décrit par Valérie Igounet comme une « sorte de cabinet fantôme qui œuvre à la démégrétisation ». 

D'après Marine Turchi de Mediapart, « elle joue alors un rôle crucial dans la contre-offensive, gagnant ses surnoms de « garde rouge », « policière » et « capo » dans les couloirs du FN. Aidé par les avocats Marcel Ceccaldi et Wallerand de Saint-Just, la jeune diplômée monte alors des dossiers contre les « traîtres », et organise la purge. Elle diligente notamment un audit scrupuleux des activités des mégrétistes ». Elle soulignera à plusieurs reprises l'opposition entre la vision politique de Bruno Mégret, qui désire s'allier avec le RPR, à la ligne « ni droite ni gauche », impulsée par Samuel Maréchal et dont elle est partisane, en lien avec sa stratégie de « dédiabolisation du Front national ». En parallèle, elle participe aux sessions de formation du FN, « enseignant aux militants les règles de la garde à vue, de la détention préventive et du droit de réponse ». 

Ascension au sein du Front national

Émergence électorale et médiatique en 2002

Lors de la campagne présidentielle de 2002, elle intègre dans l'équipe de son père la cellule « idées-images », menée par Jean-François Touzé et qui comprend également Olivier Martinelli ainsi qu'Éric Iorio et Louis Aliot ; Joseph Beauregard et Nicolas Lebourg précisent que cette cellule « travaille à policer l'image du candidat, par exemple avec une affiche en noir et blanc où il sourit largement, appuyé sur un poing qui ne figure pas l'agressivité mais le point d'appui d'un homme expérimenté ». Elle est également chargée de relancer les maires qui ont signé un engagement de parrainage mais n’ont pas donné suite. Durant l'entre-deux-tours, elle suggère à son père, qui doit affronter Jacques Chirac, de changer le nom du FN. Libération relève « son influence et son omniprésence au sein de l'appareil du Front ».

Le 5 mai 2002, au soir du second tour, elle apparaît pour la première fois sur la scène médiatique69. Alain Vizier, le directeur de la communication du Front national, est alors chargé d'envoyer les cadres du parti sur différents plateaux de télévision, et l'un des intervenants qui devait représenter le FN sur France 3 s'étant désisté au dernier moment, il fait appel à Marine Le Pen. Réalisant une prestation remarquée à cette occasion, celle-ci va continuer d'apparaître régulièrement dans les médias pendant les mois qui suivent, et gagner rapidement en notoriété, y compris dans les médias européens. Jean-Marie Le Pen, qui lui avait demandé d'« aller à toutes les émissions » à la fin des années 1990, déclare en 2004 : « Marine, ce sont les médias qui l'ont faite. Elle est comme un cheval de course. Les amateurs et les professionnels du turf ont jugé qu'elle avait des qualités et ce sont eux qui l'ont promue ».

Après l'élection présidentielle, elle réactive l'association Génération Le Pen, fondée après les élections régionales de 1998 par Samuel Maréchal afin de regrouper les nouveaux élus FN. Elle la renomme Générations Le Pen, avec pour objectif « la dédiabolisation de l'image du président du FN », selon Louis Aliot, qui en prend le secrétariat général. Elle se défend de vouloir transformer cette structure « en un outil de promotion personnelle », Louis Aliot assurant qu'elle n'est « pas candidate à la succession de son père », alors que ce dernier a désigné plusieurs fois Bruno Gollnisch comme son futur successeur. L'initiative inquiète notamment Carl Lang, qui évoque le risque d'implosion du parti. Joseph Beauregard et Nicolas Lebourg indiquent : « L'objectif est de faire permuter le parti d'un Le Pen à l'autre. […] Les choses commencent en réalité à se superposer, comme en témoigne le fait que Jean-Marie Le Pen coécrive avec sa fille et Louis Aliot son discours de la rentrée politique de 2002 ».

En juin 2002, elle se présente aux élections législatives dans la treizième circonscription du Pas-de-Calais (Lens), suivant les conseils d'Éric Iorio, lui-même candidat FN dans une circonscription voisine. D'après Bruno Bilde, « il a proposé Lens à Marine, parce que le bassin minier était en plein essor électoral. Et puis le physique « flamand » et la gouaille de Marine s'accordaient bien au lieu ». Contre toute attente, elle obtient 24,2 % des voix au premier tour, ce qui lui permet de se qualifier pour le second tour, lors duquel elle recueille 32,3 % des suffrages face au candidat socialiste, Jean-Claude Bois. L'historienne Valérie Igounet souligne que « si elle perd l'élection en termes de voix, elle l'emporte sur un autre plan, celui de la notoriété » : « ces élections de 2002 marquent le début de sa carrière politique ». Évoquant le « début d’un phénomène de starisation qui culminera quelques années plus tard à Hénin-Beaumont », Libération considère également que « par son exposition et son résultat, cette campagne marque un tournant dans la trajectoire nordiste de Marine Le Pen ». 

Le Pen Marine

Débuts de la rivalité avec Bruno Gollnisch (2002-2007)

Sa stratégie de « dédiabolisation » du Front national commence à déranger au sein du parti. C'est dans cette optique qu'elle déclare par exemple : « Il faut faire émerger un islam français, parce que l'islam de France, on a l'impression que c'est une notion territoriale ». Sur la question de l'avortement, elle affiche une position beaucoup plus souple que la ligne traditionnelle du FN, ce qui est également source de critiques en interne. Lors du XIIe congrès du Front national, qui se tient à Nice en avril 2003, elle est reléguée à la 34e place du comité central par les votes des délégués départementaux. Malgré ce désaveu, Jean-Marie Le Pen, qui considère l'affront à sa fille comme un manquement au parti, la nomme vice-présidente du parti le lendemain. À l'automne 2003, elle effectue une visite à New York et Washington en compagnie de Louis Aliot, Pierre Ceyrac, Éric Iorio (qui est alors son époux et cadre du FN) et Guido Lombardi, ancien représentant de la Ligue du Nord, pour y rencontrer de hauts responsables américains. Pour Carl Lang, il s'agit d'un « voyage clé, quasi secret » pendant lequel elle « déverrouille des portes, des feux rouges qui vont devenir des feux verts, vis-à-vis de la communauté juive, par exemple ». Selon l'historienne Valérie Igounet, « ce voyage doit être considéré comme un remake de la tournée de son père, en 1987. Il reste méconnu et, en même temps, essentiel pour comprendre l’ouverture médiatique des années 2010 ».

En 2004, elle est choisie comme tête de liste du Front national pour les élections européennes dans la circonscription Île-de-France, au regret de Steeve Briois et Bruno Bilde qui souhaitaient sa candidature dans la circonscription Nord-Ouest afin d'y poursuivre son implantation. Jean-Marie Le Pen salue publiquement le succès de son parti dans la circonscription Île-de-France alors que le FN baisse de quatre points par rapport au précédent scrutin. Élue au Parlement européen, elle assiste à 58 % des sessions à Strasbourg (173 jours sur 298) et vote près de 42 % des lois en accord avec la majorité des autres eurodéputés français. Elle se met en congé des instances du FN en 2005, après la déclaration de son père sur l'occupation allemande. D'après Romain Rosso, journaliste à L'Express, « il semble qu'elle eût d'abord remis sa démission à son père, puis qu'elle se soit enfin pleinement décidée à se porter candidate à la succession pour trancher définitivement le débat ». Sa décision pousse Jean-Marie Le Pen à désigner de nouveau Bruno Gollnisch comme son futur successeur dans les médias. Elle mène également campagne pour le « non » au référendum sur le projet de traité établissant une constitution pour l'Europe. À la fin de la même année, Marie-France Stirbois et Jacques Bompard, qui dénoncent la trop grande influence de Marine Le Pen au Front national, sont exclus du bureau politique. Le rythme de ses apparitions dans les médias est accéléré par la sortie en 2006 de son livre autobiographique, À contre flots.

Le XIIIe congrès du Front national, qui se tient en novembre 2007 à Bordeaux, voit pour la première fois les militants voter directement pour le comité central : selon Sylvain Crépon et Nicolas Lebourg, « l'opération visait alors à renforcer Marine Le Pen contre Bruno Gollnisch, ce dernier comptant plus de soutiens parmi l'encadrement, la fille du chef étant plus populaire parmi les militants ». Marine Le Pen arrive cependant en deuxième position (75,8 %), derrière Bruno Gollnisch (85,1 %). Ce même congrès est marqué par une grève de nombreux opposants à Marine Le Pen qui décident de ne pas se présenter au comité central. Jean-Marie Le Pen la nomme vice-présidente exécutive du FN chargée des « affaires intérieures », ce qui implique, entre autres, la formation des cadres et des militants, la communication interne et externe du parti et la « propagande ». Pour le journaliste Romain Rosso, ce poste équivaut à celui de « présidente bis. Pour tous, il est entendu que ce mandat est le dernier [de Jean-Marie Le Pen], celui de la « transition », même si l'on ne trouve trace d'aucune déclaration du chef en ce sens ».

Désignée directrice stratégique de la campagne de son père, elle présente, le 11 décembre 2006, la nouvelle campagne d'affichage du Front national. Celle-ci se compose de six affiches au total représentant chacune un Français avec le même pouce vers le bas pour illustrer l'« échec » de la droite et de la gauche dans chacun de ces domaines. Parmi toutes ces affiches, l'une, qui met en scène une jeune femme maghrébine, est peu appréciée en interne, notamment parmi les catholiques traditionalistes qui lui reprochent son passé de « night-clubbeuse ». Marine Le Pen défend ce choix destiné à moderniser l'image de son père : « Sur cette affiche, on évoque la nationalité, l'assimilation, l'ascenseur social, la laïcité, qui sont des domaines dans lesquels la droite et la gauche ont absolument échoué. Un certain nombre de Français d'origine immigrée sont conscients de cet échec et entendent obtenir des réponses. Beaucoup d'entre eux se tournent vers le candidat Jean-Marie Le Pen pour en obtenir », explique-t-elle.

En 2015, Gaël Sliman, directeur de l'institut de sondages Odoxa, estime que « cette affiche était une rupture trop brutale, l'image renvoyée était trop éloignée de la réalité du FN de l'époque. Cela a contribué, alors qu'il était déjà en perte de vitesse, à le décrédibiliser ». D'après Valérie Igounet, Frédéric Chatillon, Alain Soral et Philippe Péninque sont « les vrais instigateurs de la campagne « à contre flots » menée par Marine Le Pen pour son père en 2007, d'après le titre qu'elle a donné à son livre publié en 2006. De la ligne portée lors de cette campagne, Marine Le Pen « garde le « ni droite, ni gauche », mais gomme les appels du pied « aux Français d'origine étrangère ». L'échec de Jean-Marie Le Pen à l'élection présidentielle (10,44 %) provoque des dissensions au sein du parti. Marine Le Pen est accusée par ses concurrents d'avoir éloigné le parti de sa tradition en l'ouvrant aux influences externes et en adoptant une stratégie de « dédiabolisation » finalement vaine. Elle semble toutefois devoir être la seule rescapée de ce que la presse appelle un « effondrement » du FN, puisqu'elle est le seul membre du parti à se qualifier au second tour des élections législatives le 17 juin 2007, où elle réalise dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais un résultat de 41,7 % face au socialiste Albert Facon. 

Implantation dans le Nord-Pas-de-Calais

Candidatures à Hénin-Beaumont

C'est en 2007 que Marine Le Pen décide de s'installer à Hénin-Beaumont, une commune ouvrière de 26 000 habitants située dans l'ancien bassin minier du Pas-de-Calais, et en difficulté économique à la suite de nombreuses fermetures d'usines. Aux élections législatives de juin 2007, elle se présente ainsi dans la quatorzième circonscription du département comme le lui avaient demandé Bruno Bilde et Steeve Briois, figures de proue locales du FN. Ce dernier, conseiller municipal d'Hénin-Beaumont, mène depuis près de quinze ans un important travail d'implantation dans cette ville, avec des résultats électoraux en progression à chaque élection. Accusée par ses adversaires d'être « parachutée », Marine Le Pen explique le choix de cette circonscription par le fait qu'elle serait « symbolique des problèmes majeurs de la France : chômage, délocalisation, insécurité ». Libération relève que ce choix lui permet aussi de « s'appuyer sur un fief, comme son rival Bruno Gollnisch, bien implanté en Rhône-Alpes. Plus prometteur électoralement que l'Île-de-France, le Nord-Pas-de-Calais se prête mieux au récit politique que Marine Le Pen veut construire autour d'elle ». Lors de la campagne, un ancien élu local socialiste, Daniel Janssens, prend la tête du comité de soutien à Marine Le Pen. Il fut pendant dix-sept ans secrétaire de la section du PS à Leforest et pendant vingt-quatre ans premier adjoint au maire de Leforest. S'affirmant déçu par le député sortant socialiste Albert Facon, Daniel Janssens déclare vouloir « donner un coup de pied dans la fourmilière ». Marine Le Pen reçoit également le soutien, durant l'entre-deux tours, des gaullistes Alain Griotteray, Michel Caldaguès et Paul-Marie Coûteaux.

Au premier tour, Marine Le Pen améliore sensiblement le résultat du FN des législatives de 2002 lors desquelles s'était présenté Steeve Briois, alors qu'au niveau national le FN subit un fort revers (4,3 %). Elle obtient 10 593 voix, soit 24,5 % des suffrages exprimés (contre 20,1 % en 2002) ; elle est la seule candidate du Front national à même de se maintenir au second tour, alors qu'ils étaient 37 en 2002. Un « front républicain » se constitue alors, rassemblant tous les candidats du premier tour à l'exception de celui du MPF. Au second tour, le 17 juin 2007, la progression par rapport à 2002 est plus importante qu'au premier : Marine Le Pen recueille 107 voix, soit 41,65 % des suffrages exprimés (au lieu de 32,1 %). Le député sortant socialiste Albert Facon, est donc réélu, mais perd environ 1 700 voix et près de 10 points par rapport à 2002. Marine Le Pen a gagné dix-sept points et près de 6 500 voix par rapport au premier tour. Certains analystes politiques relèvent que Marine Le Pen a bénéficié du travail de l'implantation locale de Steeve Briois et du report de voix au second tour d'un nombre important d'électeurs qui avaient voté pour des notables locaux centristes et communistes. De plus, il semble que ce soient les thématiques économiques et sociales (désindustrialisation, chômage, sentiment d'abandon, etc.) qui permettent à Marine Le Pen de réaliser un tel résultat, plus que le discours sur l'immigration et l'insécurité.

Cette élection permet à la vice-présidente du Front national de s'imposer un peu plus au sein du parti après les critiques dont elle avait été l'objet à la suite des résultats de l'élection présidentielle. Elle l'aura incitée à poursuivre son implantation à Hénin-Beaumont après une première expérience positive et le constat que son discours semble bien passer auprès de la population. Fin juin 2007, elle loue un appartement dans cette ville et s'inscrit sur les listes électorales de la commune. Pour l'historienne Valérie Igounet, le score qu'elle a obtenu au second tour « la confort[e] sur, au moins, deux aspects inhérents : sa légitimité politique — en train de s'affirmer — et son avenir de présidente du FN ». À l'occasion du congrès du FN qui se tient à Bordeaux en novembre 2007, Valérie Igounet relève que « le poste de délégué général est supprimé, selon le souhait de Marine Le Pen et de Louis Aliot, confirmé au poste de secrétaire général. À la place, deux vice-présidences sont créées. La première est confiée à Marine Le Pen qui s’occupe de la formation, de la propagande et de l’information. Bruno Gollnisch, second vice-président, est chargé de l’international. S’il sort vainqueur des urnes – il devance Marine Le Pen au Bureau politique –, Bruno Gollnisch apparaît pourtant comme le grand perdant de cette manifestation. Ses nouvelles attributions ne font guère le poids face à celles de sa concurrente. Bruno Gollnisch visait, depuis longtemps, la place du père. Bordeaux signe la fin de ses espoirs ».

Aux élections municipales de mars 2008, elle figure en deuxième position sur la liste du Front national à Hénin-Beaumont conduite par Steeve Briois120. La campagne est marquée par l'agression de Marine Le Pen, insultée par deux individus, dont l'un brandit un pistolet et, selon certains témoins, tire un coup de feu. Le principal coupable sera condamné à dix mois de prison dont deux ferme. Avec un résultat de 28,83 %, Steeve Briois et Marine Le Pen échouent dans leur tentative de remporter la mairie, mais font élire cinq conseillers municipaux, dont Marine Le Pen elle-même. Le groupe FN dépose un recours en annulation contre l'élection de la liste du Parti socialiste, mais celui-ci est rejeté par le tribunal administratif de Lille ; Steeve Briois porte l'affaire devant le Conseil d'État, qui rejette à son tour la demande. Le maire d'Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville, est finalement révoqué de ses fonctions pour « détournement de fonds publics, corruption, faux en écriture privée et usage de faux, favoritisme et recel de favoritisme ». 

Des élections municipales partielles sont organisées les 28 juin et 5 juillet 2009. Lors de ce scrutin, et alors que le Front national paraît affaibli au niveau national, la liste du FN dirigée par Steeve Briois et Marine Le Pen profite de la division de la gauche et arrive largement en tête du premier tour, avec 39,34 % des suffrages. Mais entre les deux tours se met en place un « front républicain », qui va de l'extrême gauche à l'UMP, visant à empêcher la victoire du Front national. Lors du second tour qui a lieu le 5 juillet 2009, le FN échoue face à la liste divers gauche menée par Daniel Duquenne, qui obtient 52,38 % des voix. Le FN obtient cependant un résultat historique avec 47,62 % des voix, pour une participation de 62,38 %. Marine Le Pen, fraîchement réélue conseillère municipale, parle de « défaite qui a tout de même un petit goût de victoire », précisant qu'il ne lui a manqué que 265 voix pour gagner la mairie d'Hénin-Beaumont. Elle choisit de démissionner de son mandat de conseillère municipale le 24 février 2011, en raison de la loi sur le non-cumul des mandats, mais affirme conserver un ancrage local en soutenant son fidèle lieutenant Steeve Briois et en figurant en position non éligible aux élections municipales suivantes, en mars 2014. Steeve Briois est finalement élu maire d'Hénin-Baumont le 30 mars 2014. 

Élections européennes de 2009

Lors des élections européennes de 2009, Marine Le Pen, élue députée européenne en 2004 dans la circonscription Île-de-France, est choisie par la commission d'investiture de son parti pour mener la liste du Front national dans la circonscription Nord-Ouest (Basse-Normandie, Haute-Normandie, Nord-Pas-de-Calais, Picardie). Le député européen sortant, Carl Lang, élu dans cette même circonscription, n'accepte pas cette décision et décide de mener une liste dissidente, sans démissionner du Front national pour autant. Il est, par conséquent, suspendu du parti. Le 7 juin 2009, avec 10,18 % des voix, Marine Le Pen réalise le meilleur résultat de ces élections pour le Front national ; elle est réélue députée européenne. En juillet 2011, elle recrute son conjoint, Louis Aliot, comme assistant parlementaire européen, touchant 5 006 euros par mois pour un mi-temps, alors que le Parlement européen interdit de salarier des conjoints de députés ou de leurs partenaires stables non matrimoniaux. 

Scrutin régional de 2010

Lors des élections régionales françaises de 2010, Marine Le Pen est tête de liste dans la région Nord-Pas-de-Calais et tête de liste départementale dans le Pas-de-Calais. Elle arrive en troisième position au premier tour, avec 18,3 % des voix, juste derrière la candidate de la majorité présidentielle, Valérie Létard (19,0 %). Elle arrive par ailleurs en deuxième position dans le Pas-de-Calais (19,8 %), confirmant ainsi son ancrage dans son fief d'Hénin-Beaumont, où sa liste arrive largement en tête. Au second tour, elle améliore son résultat en obtenant 22,2 % des suffrages exprimés, ce qui permet au Front national d'obtenir 18 élus au conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. Marine Le Pen réalise le deuxième meilleur résultat du Front national, derrière celui de son père, Jean-Marie Le Pen, en Provence-Alpes-Côte d'Azur. 

Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen

Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen

Présidente du Front national puis du Rassemblement national

Élection au congrès de Tours

Marine Le Pen annonce à plusieurs reprises son intention de briguer la succession de Jean-Marie Le Pen à la présidence du Front national. À la suite d'une réunion du bureau politique du FN, le 12 avril 2010, son père annonce qu'il quittera ses fonctions au prochain congrès. Marine Le Pen confirme son intention de se porter candidate, contre Bruno Gollnisch. Dans cette perspective, elle ne bénéficie pas du soutien des journaux d'extrême droite français que sont Minute, Rivarol et Présent. Les membres du Front national sont alors appelés à voter pour leur nouveau président et les cent membres du comité central. Sa campagne est dirigée par Dominique Martin. Le congrès du parti, organisé à Tours les 15 et 16 janvier 2011, voit son élection à la présidence du parti avec 67,65 % des voix des militants.

Dès les premiers mois qui suivent son accession à la présidence du FN, certains de ses passages à la télévision enregistrent des succès d'audience. Le politologue Alexandre Dézé relève que Marine Le Pen « est incontestablement dotée de qualités télégéniques, ce qui n'est pas le moindre de ses atouts lorsqu'on sait que l'évaluation des acteurs politiques tend de plus en plus à s'aligner sur l'évaluation de leurs performances médiatiques ». Elle est classée parmi les 100 personnes les plus influentes au monde par le magazine américain Time en 2011 et 2015. 

Candidature présidentielle de 2012

Le 5 mars 2011, un sondage Harris Interactive crédite Marine Le Pen de 23 % des intentions de vote en vue de l'élection présidentielle de 2012, devançant Nicolas Sarkozy et Martine Aubry (chacun crédité de 21 %). Le 8 mars, selon le même institut, si Dominique Strauss-Kahn ou François Hollande étaient les candidats socialistes, elle est créditée de 24 % dans les deux hypothèses. Ces sondages, suivis par d'autres qui confirment cette tendance, provoquent de nombreuses réactions, puisque c'est la première fois sous la Cinquième République qu'un candidat d'extrême droite est donné en tête du premier tour de l'élection présidentielle. Sa candidature à l'élection présidentielle est validée à l'unanimité par le bureau politique du FN le 16 mai 2011. Dans le même temps, les intentions de vote en sa faveur diminuent et elle est à nouveau donnée troisième dans l'optique du premier tour.

Pendant la campagne, elle dit vouloir mettre fin à l'« hyper-libéralisme » et au mondialisme, et redonner à la France son indépendance en matière diplomatique, monétaire, économique, commerciale, industrielle, sociale, d'éducation et d'organisation institutionnelle. Elle se prononce pour une politique qui inverserait le mouvement de désindustrialisation et de délocalisation, afin de revenir au plein emploi, à l'équilibre de la balance commerciale et du budget de l'État. Elle ajoute que la France doit redevenir une puissance d'équilibre avec sa propre politique étrangère, sa politique de défense et de coopération.

Les mesures phares de son programme économique sont la sortie de l'euro et le retour à une monnaie nationale, l'instauration de taxes sur les marchandises et les services importés, la baisse de la contribution française au budget de l'Union européenne, une réduction importante de l'immigration et le rapatriement de tous les clandestins, la lutte contre la fraude fiscale et sociale. Du côté des dépenses, elle propose une augmentation des budgets de la fonction publique de l'État (justice, police, défense nationale, recherche fondamentale), de la formation professionnelle, des budgets d'investissements d'infrastructures (SNCF) et de recherche pour les énergies alternatives, une aide au financement et à l'installation des TPE et des PME, l'augmentation de 200 euros net de tous les salaires inférieurs à 1,4 fois le SMIC par une exonération des cotisations sociales, l'augmentation de la prise en charge de santé pour les plus pauvres (régime de base), pour les zones rurales (soins de proximité), pour la lutte contre les maladies de Parkinson et d'Alzheimer (recherche), et une réévaluation de l'allocation aux adultes handicapés (AAH).

Selon son directeur de campagne, Marine Le Pen peine à obtenir les 500 signatures d'élus nécessaires pour être candidate à l'élection présidentielle. Elle considère le système de parrainages comme « inconstitutionnel » et saisit, en décembre 2011, le Conseil d'État, afin d'obtenir l'anonymat des parrainages, car les élus seraient soumis à des pressions de partis politiques. Mais le Conseil constitutionnel, saisi, dans le cadre de cette procédure, d'une question prioritaire de constitutionnalité, déclare conforme à la Constitution la disposition législative qu'elle contestait. Certaines personnes mettent cependant en doute l'importance des difficultés que rencontrerait la candidate pour obtenir les signatures, ses déclarations étant parfois présentées comme un « bluff » qui aurait pour objectif de faire parler d'elle dans les médias. Le 13 mars 2012, Marine Le Pen annonce finalement disposer des 500 signatures nécessaires. Christophe Barbier affirme de son côté que Marine Le Pen n'a franchi le cap des 500 signatures que « parce que l'UMP en a décidé ainsi ».

Durant sa campagne présidentielle, Marine Le Pen adopte un rythme hebdomadaire de meetings qui s'accélère après l'entrée en campagne officielle du président sortant Nicolas Sarkozy. La candidate FN y est écoutée par un public de 1 200 à 6 500 personnes selon ses déplacements, ce qui est moins important que l'auditoire de ses concurrents. Des difficultés de financement de sa campagne, notamment en raison de la recherche des parrainages d'élus nécessaires à sa candidature, l'empêchent par ailleurs de tenir meeting comme prévu en Outre-Mer, à Auxerre et Clermont-Ferrand. Totalisant 17,90 % des voix (6 421 426 voix) au premier tour, Marine Le Pen termine troisième de cette élection présidentielle. Elle réalise le meilleur résultat du Front national à une élection présidentielle, son père Jean-Marie Le Pen, ayant obtenu son meilleur résultat (16,86 %) en 2002. Marine Le Pen annonce qu'elle votera blanc lors du second tour alors qu'un sondage Ipsos indique que 50 % de ses électeurs ont l'intention de voter pour Nicolas Sarkozy, 13 % pour François Hollande

Élections législatives de 2012

Marine Le Pen se présente aux élections législatives de 2012 dans la onzième circonscription du Pas-de-Calais, qui couvre notamment Hénin-Beaumont. En vue de ce scrutin, elle annonce en mars 2012 la constitution d'une coalition sous une bannière commune, le Rassemblement bleu Marine (RBM), avec le Front national comme aiguillon moteur, et la participation d'autres structures (Siel, Entente républicaine), ainsi que de candidats indépendants, comme l'avocat Gilbert Collard. Elle arrive en tête du premier tour avec 42,4 % des suffrages exprimés, devant le socialiste Philippe Kemel (23,5 %) et Jean-Luc Mélenchon, qui est éliminé avec 21,5 %. Au second tour, elle est battue de justesse par Philippe Kemel, avec 49,9 % des voix. Son recours invoquant des anomalies dans plusieurs dizaines de signatures sur les listes d'émargement est rejeté en décembre 2012 par le Conseil constitutionnel, qui reconnaît toutefois certaines irrégularités. 

Au niveau national, le Front national progresse par rapport à 2007, avec en moyenne 13,6 % des voix au premier tour et l'élection, à l'issue du second tour, de deux candidats que le parti soutenait : Marion Maréchal (Vaucluse) et Gilbert Collard (Gard). Lors de la campagne de cette élection législative, les partisans de Marine Le Pen avaient distribué un tract représentant Jean-Luc Mélenchon avec la phrase « il n'y a pas d'avenir pour la France sans les Arabes et les Berbères du Maghreb » (tirée de son discours de Marseille du 14 avril 2012) et en dessous une phrase rédigée en caractères arabes. Poursuivie en justice par l’ancien candidat à la présidentielle, Marine Le Pen est relaxée en appel en 2015, la cour d'appel de Douai estimant qu’il était impossible d'engager sa responsabilité en qualité d'auteur ou de complice dans cette affaire. 

Progression du FN aux scrutins de 2014-2015

Les élections municipales de mars 2014 voient la victoire de la droite et un bon score du Front national, qui obtient une dizaine de mairies, ce qui permet au parti, fait inédit, d'entrer au Sénat avec deux élus (Stéphane Ravier dans les Bouches-du-Rhône et David Rachline dans le Var) à la suite des sénatoriales de septembre 2014. Le 25 mai 2014, lors des élections européennes, alors qu'elle est candidate pour un nouveau mandat de député européen, la liste de Marine Le Pen dans la circonscription du Nord-Ouest obtient 33,6 % des suffrages exprimés, tandis que les huit listes présentées par le Front national obtiennent un score global de 24,9 % des suffrages exprimés. Le FN est ainsi en tête des partis ayant concouru à ces élections, ce qui constitue une première en France186. Réélue députée européenne, Marine Le Pen siège à la commission du commerce international et est membre de la délégation européenne pour les relations avec les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela).

Après ces élections, elle échoue à constituer un groupe eurosceptique au Parlement européen, notamment en raison de l'opposition du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), et siège donc parmi les non-inscrits. Finalement, la création d'un groupe, Europe des nations et des libertés, est annoncée le 16 juin 2015 par Marine Le Pen et Geert Wilders : celui-ci rassemble des députés européens du Front national, de la Ligue du Nord italienne, du Parti de la liberté d'Autriche, du Parti pour la liberté néerlandais, du Congrès de la Nouvelle Droite polonais, du Vlaams Belang belge, auxquels se joint Janice Atkinson, exclue de l'UKIP. En 2016, elle est classée par Politico deuxième députée européenne la plus influente, derrière le président du Parlement européen, Martin Schulz. 

Conflit avec Jean-Marie Le Pen

En avril 2015, Jean-Marie Le Pen tient plusieurs propos polémiques sur la Seconde Guerre mondiale. Marine Le Pen décide alors de soumettre au vote des adhérents, par voie postale, un projet de réforme des statuts du parti supprimant notamment la fonction de président d'honneur, occupée par son père. Jean-Marie Le Pen considère que cette décision est une « félonie », tandis que des cadres du Front national dénoncent une « purge » réalisée par l'exécutif national, qui reconnaît vouloir placer des personnalités « en phase avec ce que représente le FN aujourd'hui ». Plusieurs adhérents et des médias soulignent à cette occasion la forte influence qu'exercerait sur Marine Le Pen le vice-président du FN Florian Philippot, qui contribuerait à la modification du programme du parti. Des analystes politiques mettent en avant la fracture existant entre la nouvelle ligne du parti, mise en place par Marine Le Pen et Florian Philippot, plus étatiste et moins centrée sur les questions d'immigration, et la vision de personnalités comme Marion Maréchal, présentée comme plus sensible à la question identitaire et plus libérale.

Jean-Marie Le Pen conteste ces décisions en justice. Il obtient gain de cause, puisque, en juillet 2015, le tribunal de grande instance de Nanterre annule sa suspension du parti, puis suspend le vote des adhérents sur la réforme des statuts. Le 20 août 2015, Jean-Marie Le Pen est finalement exclu par le bureau exécutif du parti, composé de Jean-François Jalkh, Wallerand de Saint-Just, Nicolas Bay, Steeve Briois, Marie-Christine Arnautu et Louis Aliot, ces deux derniers s'opposant à cette décision ; Marine Le Pen et Florian Philippot n'assistent pas à ce bureau exécutif. Dans la foulée, des élus quittent le FN, dénonçant un changement d'orientation du parti, et plusieurs en sont exclus. Pour Abel Mestre et Caroline Monnot, l'exclusion de Jean-Marie Le Pen « parachève la mainmise de Marine Le Pen sur le parti d'extrême droite », après avoir encore étendu son influence à l'occasion du congrès du FN de novembre 2014 à Lyon. 

Élections régionales de 2015

Elle annonce sa candidature aux élections régionales de 2015 en Nord-Pas-de-Calais-Picardie le 30 juin 2015, après avoir hésité à se présenter en raison de la proximité du scrutin avec l'élection présidentielle de 2017. La liste qu'elle conduit arrive largement en tête du premier tour, le 6 décembre, avec 40,6 % des voix, devant la liste d'union de la droite conduite par Xavier Bertrand (25 %). Mais dans l'entre-deux tours, le candidat de gauche se retire pour lui faire barrage et la quasi totalité des partis appellent à voter contre elle. Marine Le Pen dénonce alors une « classe politique aux abois » et promet de « pourrir la vie du gouvernement » en cas d'élection. Le 13 décembre, au soir du second tour, elle obtient 42,2 % des suffrages contre 57,8 % à la droite.

Il s'agit du deuxième meilleur score réalisé par une liste FN lors de ces élections, celle de sa nièce Marion Maréchal ayant recueilli 45,2 % en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Élue conseillère régionale, elle laisse la présidence du groupe FN à Philippe Eymery, élu sortant du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais où il était son principal collaborateur. D'après le journaliste Laurent de Boissieu, « les élections européennes de mai 2014 — à travers les postes d'assistants parlementaires — puis les élections régionales de décembre 2015, ont progressivement permis de promouvoir une nouvelle génération pleinement sur la ligne de Marine Le Pen ». 

Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen

Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen

Candidature présidentielle de 2017

Début de campagne prometteur

Marine Le Pen annonce sa candidature à l'élection présidentielle au Journal de 20 heures de TF1 le 8 février 2016. Les études d'opinion la donnent alors systématiquement qualifiée pour le second tour du scrutin, avec des scores oscillant entre 23 % et 32 % d'intentions de vote. Elle fait d'abord campagne avec le slogan « La France apaisée » afin de se défaire de l'image clivante liée à sa personne et à son parti qui aurait conduit au succès des fronts républicains constitués lors des régionales de 2015. Plus discrète dans les médias nationaux, elle communique sur les réseaux sociaux et sur un nouveau blog, intitulé Carnets d'espérance, sur lequel l'univers graphique et le sigle du FN sont absents. 

Avec plus de 1 120 000 abonnés en 2016, elle est la personnalité politique française la plus suivie sur Facebook, qu'elle souhaite utiliser comme « une gigantesque force de frappe dans le cadre de l'élection présidentielle ». En novembre 2016, elle présente son slogan de campagne — « Au nom du peuple » — et son logo — une rose bleue —, ainsi que son équipe de campagne, issue du FN pour l'essentiel. Ce logo, qu'elle revendique comme le symbole de la féminité, est analysé par certains comme faisant référence à la fois à la Vierge Marie (la « rose sans épine ») et à Jeanne d'Arc (l'épée) c'est-à-dire aux racines chrétiennes de la France. Marine Le Pen assume la transmission d'un message politique, avec « la rose, le symbole de la gauche » et « la couleur bleue, celui de la droite ».

Succession de difficultés

La campagne de Marine Le Pen est marquée par des scandales, six affaires judiciaires la visant elle ou son parti. Dans le cadre de l'enquête sur les postes d'assistants parlementaires européens présumés fictifs du Front national, la presse publie notamment des documents faisant état de la volonté du FN de se financer grâce aux fonds du Parlement européen. Par ailleurs, le Parlement européen approuve la levée de son immunité parlementaire à la suite de l'ouverture d'une information judiciaire à son encontre pour « diffusion d'images de violence » après qu'elle a diffusé des images d'exactions de l'organisation État islamique sur son compte Twitter. Lors du débat du 4 avril 2017, le candidat d'extrême gauche Philippe Poutou lui fait remarquer qu'il ne bénéficie pas d'« immunité ouvrière », en référence au fait que son immunité parlementaire lui avait permis de ne pas se présenter devant les juges chargés de l'enquête sur les assistants parlementaires européens du FN.

Dans les dernières semaines de campagne, Marine Le Pen voit les intentions de vote en sa faveur chuter, ce qui la conduit à recentrer son discours sur la lutte contre l'immigration et l'insécurité. Le 23 avril 2017, elle se qualifie pour le second tour avec 7,68 millions de voix, soit 21,30 % des suffrages exprimés, arrivant ainsi en deuxième position derrière Emmanuel Macron (24,01 %). Alors qu'elle était donnée largement en tête du premier tour au début de la campagne, son score est jugé décevant. Elle devance François Fillon (Les Républicains) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) de seulement 1,29 et 1,72 point de pourcentage. 

Entre-deux-tours

Dans l'entre-deux-tours, elle présente l'élection comme « un référendum pour ou contre la France ». Elle cherche en particulier à convaincre les électeurs de gauche de Jean-Luc Mélenchon de voter pour elle. Comme ce dernier, elle se présente comme une « insoumise », et critique dans ses meetings la « finance », la « banque », l'« argent », l'« oligarchie ». Elle reçoit le soutien de plusieurs mouvements et personnalités de droite, parmi lesquels Nicolas Dupont-Aignan (4,70 % des voix au premier tour), avec qui elle signe un « accord de gouvernement élargi » et qu'elle présente comme son futur Premier ministre en cas de victoire. D'autres appellent à voter pour elle, comme Christine Boutin, Jacques Bompard, Marie-France Garaud, Bruno North, Françoise Hostalier, Christian Vanneste, Jean-Paul Brighelli ou encore Henry de Lesquen.

Mal préparée pour ce débat par un agenda trop chargé les jours précédents selon le journaliste Dominique Albertini, sa prestation lors du débat du second tour le 3 mai 2017 est jugée décevante, des médias parlant même de « naufrage ». Lui sont notamment reprochés son agressivité et son refus d'aborder le fond des dossiers. Cette tactique lui aurait été conseillée par Florian Philippot, par son frère Damien Philippot et par Philippe Olivier, qui auraient souhaiter déstabiliser Emmanuel Macron en s'appuyant sur l'analyse d'un psychiatre italien, Adriano Segatori. Après le second tour, Marine Le Pen reconnaîtra avoir « raté » sa prestation. Le 7 mai 2017, avec 33,90 % des suffrages, elle est battue par Emmanuel Macron, qui est donc élu président de la République française. Le soir même, elle annonce une « transformation profonde » à venir du Front national

Critiques et contestations

Le score de Marine Le Pen, plus faible que prévu, déçoit jusqu'à dans son propre camp, qui visait un score supérieur à 40 %250. Marion Maréchal fait notamment part de sa déception. Plusieurs facteurs sont avancés par les commentateurs et personnalités politiques pour expliquer cette défaite. D'une part, le style agressif de Marine Le Pen, en particulier lors du débat d'entre-deux-tours, lui est reproché. D'autre part, ses prises de position politiques – notamment sur la sortie de l'euro et sa tentative de séduction des électeurs de Jean-Luc Mélenchon – auraient conduit un certain nombre d'électeurs de François Fillon à renoncer à voter pour elle. Un sondage Ipsos indique d'ailleurs que seuls 7 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon ont voté pour Marine Le Pen au second, contre 20 % pour ceux de François Fillon.

Des responsables du Front national déplorent l'absence du thème de l'identité nationale durant cette campagne et l'échec de cette stratégie est avant tout perçu comme étant celui de Florian Philippot, tenant intransigeant d'une sortie de la France de la zone euro au détriment des thématiques « historiques » du FN, comme l'immigration et la sécurité. Alors que Marion Maréchal, partisane d'une ligne plus identitaire et conservatrice, se retire de la vie politique après le second tour de l'élection présidentielle, Florian Philippot, jusqu'ici le plus proche conseiller de Marine Le Pen, est affaibli en interne et finit par quitter le Front national après un conflit avec celle-ci au sujet de l'association qu'il vient de lancer. Dans le même temps, plusieurs militants critiques à l'égard de Marine Le Pen et de sa stratégie sont exclus du Front national

Députée et réorientation du parti (depuis 2017)

Lors des élections législatives de 2017, Marine Le Pen se présente dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. L'alliance des partis à laquelle participent les Comités Jeanne de Jean-Marie Le Pen décide alors, à la demande de ce dernier, de retirer son candidat dans cette circonscription. Marine Le Pen est élue à l'issue du second tour, avec 58,60 % des suffrages exprimés. Début juillet, avec effet rétroactif au 18 juin, elle démissionne du Parlement européen. Aux côtés de sept autres membres ou proches du Front national, elle siège sur les bancs des non-inscrits (NI), le nombre de députés permettant la formation d'un groupe parlementaire étant fixé à quinze. Elle appartient à la commission des Affaires étrangères puis, à la suite d'une redistribution des sièges, à la commission des Finances.

Les mois suivants, Marine Le Pen peine à s'imposer comme la principale force d'opposition à Emmanuel Macron, en particulier face à Jean-Luc Mélenchon, également élu député et disposant d’un groupe à l'Assemblée nationale. La première année de la présidence Macron est marquée par une chute significative de sa popularité auprès des Français, y compris chez les sympathisants du Front national, notamment en raison d’une perte de crédibilité due au débat de l’entre-deux tours de 2017. Contrairement à sa nièce Marion Maréchal, elle est majoritairement perçue par les sondés, au second semestre de 2017, comme une faiblesse pour le FN.

Elle adopte dans le même temps un discours davantage identitaire et abandonnant les propositions de sortie brutale de l'Union européenne et la zone euro au profit d'une « transition séquencée », ce qui provoque des tensions avec Florian Philippot, dont elle privilégiait jusqu'alors la ligne « sociale-souverainiste », ainsi qu'avec les proches de celui-ci, notamment Sophie Montel, à qui elle fait retirer la présidence du groupe FN au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. À l’automne 2017, ceux-ci et quelques autres élus rompent avec le FN pour lancer le parti Les Patriotes, qui obtient par la suite des scores marginaux. Après le XVIe congrès du FN, Marine Le Pen fait entériner par les adhérents un changement de dénomination du parti en « Rassemblement national » (RN).

Alors que le RN est arrivé en tête des élections européennes de 2019 et qu’elle remonte dans les intentions de vote, Marine Le Pen annonce sa candidature à l’élection présidentielle de 2022 dès janvier 2020. À la fin de l'année 2019, le RN ne compterait plus que 20 000 membres, contre 83 000 en 2014, avec une baisse y compris dans les fiefs traditionnels comme le Pas-de-Calais. Durant l’été 2020, elle est accusée de procéder à une « purge » en écartant des proches de Marion Maréchal. En octobre suivant, elle appelle Nicolas Dupont-Aignan à soutenir sa candidature à la présidence de la République. 

Marine Le Pen et Florian Philippot

Marine Le Pen et Florian Philippot

Ligne politique

Orientation générale

Marine Le Pen est classée par certains politologues comme nationaliste. Son positionnement est parfois présenté comme un « souverainisme intégral », à la fois « politique, économique, culturel », pouvant ainsi se prévaloir d'une certaine cohérence idéologique. D'une manière générale, Marine Le Pen, qui estime que le clivage droite-gauche est dépassé, s'inspire de références intellectuelles hétéroclites, situées notamment à gauche, comme en témoigne son « livre programme » intitulé Pour que vive la France et publié début 2012, dans lequel elle rend hommage à « la gauche [qui], depuis sa naissance, a mené constamment d'immenses combats de libération » et qui a « débuté son histoire politique au nom de la Raison, contre les vérités révélées : les Philosophes et les Encyclopédistes s'attaquèrent à l'Église, l'Infâme, puisqu'ils considéraient qu'elle opprimait les consciences ».

Dans cet ouvrage, elle s'inspire à la fois du chevènementisme, de la Nouvelle Droite et du gaullisme, et cite Karl Marx, Bertolt Brecht, Victor Schœlcher, George Orwell, Georges Marchais, Serge Halimi, le Manifeste d'économistes atterrés, Pierre Mendès France, Emmanuel Todd, Maurice Allais, Georges Bernanos, Paul Valéry, Marie-France Garaud, Pierre Rosanvallon, Marcel Gauchet, Élisabeth Badinter, Thomas Piketty, Paul Krugman, Franklin Delano Roosevelt ou encore Michèle Tribalat. Jean-Claude Michéa apparaît comme l'une de ses références majeures. Elle se réclame du programme du Conseil national de la Résistance. Elle cite régulièrement Jean Jaurès dans ses grands discours, y compris lors de celui qu'elle prononce à l'issue du congrès de Tours. Par ailleurs, elle joue sur ses convergences avec le péronisme et en particulier sur ses ressemblances avec Eva Perón. 

L'historien Nicolas Lebourg estime qu'« à l'instar de l'ancien numéro 2 du mouvement, Jean-Pierre Stirbois, jadis convaincu qu'un transfert de voix s'opérerait du PC vers le FN, Marine Le Pen est persuadée que sa réussite passe par la conquête des classes populaires ». Cette stratégie de la ligne « ni droite ni gauche », qui reprend certains marqueurs de gauche, « emprunte, à certains égards, aux nationalistes-révolutionnaires, c'est-à-dire aux plus radicaux de l'extrême droite », ce qui permet, selon le chercheur Joël Gombin, d'expliquer « les affinités qui peuvent s'établir entre un Alain Soral, aujourd'hui [en 2016] tenant d'une authentique ligne nationaliste-révolutionnaire, et une Marine Le Pen, et plus encore un Florian Philippot ». Alors que certains de ses opposants, comme Jean-Luc Mélenchon, estiment que son positionnement inscrit Marine Le Pen dans la filiation du fascisme, elle récuse ce terme, qu'elle considère comme injurieux. 

Immigration et insécurité

Marine Le Pen s'oppose fermement à l'immigration « massive » qui selon elle nuit à l'économie française, à la laïcité, et est responsable de l'augmentation de l'insécurité dans certains quartiers. Elle estime que les grands patrons utilisent l'immigration pour peser à la baisse sur le salaire des travailleurs français. Marine Le Pen qualifie les mouvements de populations vers la France et l'Europe « d'immigration massive » ou de « tsunami migratoire » et accuse l'Union européenne d'être incapable de protéger ses frontières contre l'afflux de clandestins. Elle propose de revenir à une immigration de 10 000 entrées par an afin de garder les étudiants étrangers venant faire leurs études en France.

Cécile Alduy relève cependant que « sur l'ensemble des allocutions publiques de Marine Le Pen de 2011 à 2013 » qu'elle a recensées, « l'immigration n'occupe plus que la dix-septième place en termes de fréquence lexicale, alors qu'elle était à la onzième place dans les discours de son père de 1987 à 2011. L'immigration, cause unique et thème obsessionnel chez Jean-Marie Le Pen, devient l'instrument et la conséquence logique du mondialisme chez sa fille ». En s'appuyant sur les travaux de la sociologue Mabel Berezin, Pierre Birnbaum considère qu'« on assiste ainsi à une modification importante du discours lepéniste qui ne dénonce plus l'immigration en elle-même mais s'en prend à elle en tant que conséquence de cette globalisation sans âme menée par les riches sans patrie ».

Parmi les moyens pour lutter contre l'immigration, elle propose de couper les « pompes aspirantes » — aides sociales aux immigrés et clandestins, regroupement familial, droit du sol — qui rendraient la France très attrayante pour l'immigration, de rétablir les contrôles douaniers aux frontières et d'user de la plus grande sévérité judiciaire à l'encontre de ceux qui inciteraient ou aideraient les filières d'immigration clandestine. À la suite de l'arrivée d'immigrés clandestins en Europe, quittant leur pays durant le « Printemps arabe » de 2011, la présidente du FN préconise d'utiliser la marine nationale pour repousser « humainement » les bateaux de clandestins des eaux territoriales.

Sur la question de l'acquisition de la nationalité, Marine Le Pen estime que « la nationalité française s'hérite ou se mérite », s'opposant ainsi au droit du sol. Elle s'oppose également à la double nationalité, et qualifie d'« indécent » le fait qu'un binational se porte candidat à l'élection présidentielle, en faisant référence à Eva Joly. Elle associe l'insécurité à l'immigration massive et critique la réduction du nombre de policiers en France, alors que selon elle « il en faut plus ». La situation de certains quartiers serait « dramatique » et semblable à des « zones tribales ». Elle soutient alors de rétablir la « double peine » qui consiste à expulser les malfaiteurs étrangers. Elle demande à couper les prestations sociales (aides, logement, RSA) aux récidivistes délinquants et criminels justiciable d'une peine d'un an de prison ou plus.

Par ailleurs, elle s'est prononcée en faveur d'un référendum sur le rétablissement de la peine de mort, avec pour alternative proposée aux Français une « perpétuité absolument réelle » afin « de protéger la société de ses éléments les plus dangereux ». En 2017, le rétablissement de la peine capitale disparaît des propositions du Front national, au profit de la « perpétuité réelle », même si Marine Le Pen laisse aux Français la possibilité de rétablir la peine de mort par référendum d'initiative populaire. 

Priorité nationale

D'après son programme, toute personne de nationalité française devrait avoir la priorité sur les logements, les aides sociales et les emplois (à compétences égales) par rapport aux étrangers. Parmi les exemples d'application de la priorité nationale, elle cite l'idée que les allocations familiales doivent être réservées aux familles dont un parent au moins est français ou européen, et que si un Français et un étranger ayant un diplôme et des compétences a priori équivalents sont tous deux candidats à une même offre d'emploi, l'entreprise doit engager le Français ou alors justifier que l'étranger serait plus performant. 

France d'outre-mer

Concernant sa position au sujet de la France d'outre-mer, Marine Le Pen est favorable à l'intégrité territoriale de la France. Marine Le Pen déclare en mars 2013, lors d'un voyage en Nouvelle-Calédonie : « Il y a des élections qui vont être fondamentales pour l'avenir de la Nouvelle-Calédonie et il est temps de s'y atteler ». Elle ajoute : « Il faut tout tenter pour éviter la fragmentation de ceux qui rejettent l'indépendance ». Le même mois, visitant la Polynésie française, elle se dit scandalisée au sujet de la procédure menée par le gouvernement Temaru aux Nations unies. Elle estime que cette démarche vise à « inscrire la France sur la liste des pays colonialistes » et la qualifie de « méprisante et insultante à l'égard non seulement de la France, mais à l'égard en l'occurrence des Tahitiens ». Elle déclare aussi : « Ce qui est absolument sûr, c'est que je pense qu'il faut que les Tahitiennes et les Tahitiens se détournent résolument de tous ceux qui cherchent à éloigner Tahiti de la France. ».

Elle considère que la Polynésie française est « un joyau qu'il serait temps de tailler, parce qu'il est brut pour l'instant. Il n'y a pas d'investissement qui soit fait dans la recherche. ». En septembre 2015, en visite à Wallis-et-Futuna, elle s'oppose à la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin, qui a annoncé la signature d'un accord concédant des droits de pêche aux navires américains dans les eaux territoriales de Wallis-et-Futuna pour une compensation financière envisagée pour l'archipel de 17 millions de francs Pacifique (142 000 euros) pour une quinzaine de bateaux. Alors que Mikaele Kulimoetoke, le président de l'Assemblée territoriale des îles Wallis et Futuna, a qualifié cette somme de « dérisoire », la présidente du FN estime que « ce montant est ridiculement faible ». Se rendant à Saint-Pierre-et-Miquelon en mars 2016, Marine Le Pen déclare que la France a « abandonné ses outre-mer » et qu'elle « n'a pas pris soin de Saint-Pierre-et-Miquelon ». 

Économie

Alors que la position du Front national au sujet de l'immigration est relativement bien connue auprès des électeurs, Marine Le Pen tente de redéfinir la partie économique et sociale du programme du parti. D'une manière générale, ses positions se veulent sociales. Certains journalistes politiques parlent de « post-solidarisme ». D'autres opposent ses positions sociales aux positions plus libérales de son père. Opposée au libre-échange, elle se déclare en faveur d'un « protectionnisme raisonné » afin d'empêcher une concurrence de la part des pays émergents qu'elle qualifie de déloyale. Se défendant de toute autarcie, elle explique sa position en comparant l'économie à un fleuve impétueux : le libre-échange reviendrait alors à laisser dévaler le torrent, l'autarcie serait de créer un barrage, et le protectionnisme dont elle parle correspondrait à l'installation d'une écluse336. Par ailleurs, elle résume la vision qu'elle a de la mondialisation par la formule : « faire fabriquer par des esclaves pour vendre à des chômeurs ». Pour Nicolas Lebourg, spécialiste de l'extrême droite, le « protectionnisme intelligent » de Marine Le Pen « se présente toujours comme une réponse à la concurrence asiatique » : comme pour la préférence nationale, il s'agit selon lui « de désorientaliser l'espace social ».

Ses prises de position en matière d'économie font souvent référence à l'économiste français Maurice Allais, auquel elle rend hommage après sa mort en octobre 2010. Ce lauréat du prix Nobel d'économie (1988) avait mis en garde contre les effets du libre-échange et de la mondialisation, et avait critiqué le traité de Maastricht, la mise en place de la monnaie unique européenne, et le traité établissant une constitution pour l'Europe, mais il ne s'est jamais exprimé sur les positions du Front national. Elle est favorable à la sortie progressive de la France de la zone euro au profit d'un retour au franc français. Elle propose d'accompagner ce changement d'une « révolution fiscale » ainsi que d'une « nationalisation » de la Banque de France (la Banque de France est déjà publique, mais pas sous les ordres de l'État), ce qui permettrait selon elle de recourir à des emprunts d'État à des taux très bas. Si Louis Aliot affirme que les discours de Marine Le Pen comportaient dès 2002 « des accents chevènementistes » pour souligner l'ancienneté de son orientation souverainiste, la journaliste Marie-Pierre Bourgeois indique que « ses interventions de l'époque » portaient « surtout sur l'insécurité et l'immigration […]. Il faut remonter à une conférence de presse au forum social européen de Saint-Denis en 2003 pour l'entendre se positionner sur cette question. À l'époque, le programme du parti, s'il prônait déjà la sortie de l'euro en 2002, n'en avait pas fait son fonds de commerce ».

Se plaçant en faveur de la défense des services publics, elle se prononce pour un « État stratège » et revendique son opposition aux « privatisations forcées ». Elle dénonce également la grande distribution, responsable selon elle d'une « disparition » du petit commerce et de la « ruine » ou de l'« étranglement » des agriculteurs, pêcheurs et producteurs de lait en raison des marges qu'elle exige. S'exprimant au sujet du système de retraites en 2007, elle estime qu'« il faudra très probablement augmenter le temps de travail [c'est-à-dire allonger la durée des cotisations, ndlr] pour la simple et bonne raison que sinon les retraites ne seront pas payées ». En 2010, elle critique vigoureusement la réforme des retraites menée par le gouvernement. S'opposant à l'augmentation de l'âge légal de départ à la retraite, elle demande sa conservation à 60 ans et propose de faire des économies sur les dépenses liées à l'immigration et à l'Union européenne. Alors qu'elle nuance par la suite cette position, le secrétaire général du FN, Nicolas Bay, annonce, en 2015, l'opposition du FN au retour à la retraite à 60 ans. Toutefois, pour la campagne présidentielle de 2017, le projet du FN revient sur ce point et propose de progressivement ramener l'âge légal à 60 ans.

Marine Le Pen souhaite abroger la loi no 73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France (déjà abrogée en 1993 par l'application du traité de Maastricht), qu'elle accuse d'interdire au Trésor public d'emprunter à la Banque de France à un taux d'intérêt faible, ce qui l'obligerait à emprunter à des banques commerciales sur les marchés financiers à des taux élevés qui sont devenus le premier poste de dépenses de l'État (en réalité, cette interdiction a été instaurée par le traité de Maastricht et non par la loi de 1973, dont l'article 19 prévoyait la possibilité pour l'État d'emprunter à la Banque de France). Selon elle, ce dispositif est en grande partie responsable de la dette publique de l'État. Dans son programme économique, elle renouvelle sa promesse faite en 2012 de revaloriser de 200 euros les salaires allant jusqu'à 1,4 fois le SMIC. Alors que le programme économique du FN fait l'objet, en 2010, de critiques de la part de la présidente du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), Laurence Parisot, une partie des médias et des analystes politiques relèvent les divergences entre frontistes « étatistes » et « libéraux » et plus généralement, durant l'année 2015, une réorientation libérale du programme économique du parti. 

Jean-Marie, Marion et Marine Le Pen

Jean-Marie, Marion et Marine Le Pen

Politique internationale

Son arrivée à la présidence du FN s'accompagne d'un durcissement de son discours et de celui du parti à l'encontre de l'Union européenne (UE) : elle dénonce, lors de son discours d'investiture à la présidence du FN, « un projet technocratique, totalitaire et nuisible à nos libertés ». L'universitaire Emmanuelle Reungoat souligne que « sa critique de l'UE s'articule à la fois à la défense de la souveraineté nationale, à la lutte contre l'immigration (pour assurer la défense de l'identité nationale mais aussi des nationaux contre l'insécurité) et au virage social pris par le FN dans les années 1990 ». Ses propositions demeurent cependant très proches de celles déjà défendues jusqu'ici par le FN. Comparant les opinions structurantes de l'électorat de Jean-Marie Le Pen en 2007 et de celui de Marine Le Pen en 2012, la chercheuse Nonna Mayer observe que « la principale nouveauté par rapport à l'électorat du père est la montée en puissance de l'enjeu européen, plus présent dans la campagne menée par sa fille qui, à partir de février 2012, a fait de la critique de l'Europe son premier thème de communication, avant même l'immigration ». L'historien Nicolas Lebourg relève qu'« avec Marine Le Pen, le Front national a intensifié la dimension souverainiste de son positionnement idéologique ». Elle réclame un référendum sur une sortie de la France de l'Union européenne si celle-ci ne change pas.

Se prononçant pour un « monde multipolaire » par opposition à la prétendue domination américaine, Marine Le Pen appelle en 2012 à la formation d’une « Union paneuropéenne incluant la Russie et la Suisse et respectant le statut de neutralité, le droit national, la fiscalité nationale », avant de formuler en 2017 l'idée d'« une alliance trilatérale Paris-Berlin-Moscou ». Elle souhaite que la France quitte le commandement intégré de l'OTAN, « tout en restant membre de l'Alliance atlantique ». Elle regrette, en 2013, le rejet par la France de la demande d'asile d'Edward Snowden et dénonce « un asservissement honteux de la France aux États-Unis » après le refus français du survol de son espace aérien par l'avion du président bolivien Evo Morales, suspecté à tort de cacher Edward Snowden. Dans la perspective de l'élection présidentielle américaine de 2016, elle rechigne dans un premier temps à prendre position et déclare qu'elle « [défend] tous les Français, quelle que soit leur origine, quelle que soit leur religion » : le chercheur Joël Gombin souligne que sa stratégie de dédiabolisation diverge de celle de Donald Trump, qui a cherché à obtenir l'attention médiatique par la provocation, ce qui s'explique notamment par des configurations différentes (système multipartisan en France, bipartisme aux États-Unis). Elle apporte finalement son soutien à Donald Trump, qu'elle présente comme « un homme libre », plutôt qu'à Hillary Clinton qui, selon elle, « incarne tout ce que les États-Unis ont pu construire et exporter de néfaste dans le monde en termes de modèle économique, de choix internationaux ». 

Le 9 novembre 2016, au lendemain de la victoire de Trump, elle décrit l'accession du républicain à la Maison-Blanche comme une « bonne nouvelle pour la France », du moins si Donald Trump tient ses engagements, qu'elle estime être bénéfiques pour la France : refus du Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TAFTA) et plus généralement de la « mondialisation sauvage », apaisement des relations internationales notamment avec la Russie, ou encore « désengagement des expéditions belliqueuses à l'origine des grandes vagues migratoires » dont la France serait la victime. Elle est la seule candidate à l'élection présidentielle de 2017 à avoir déclaré son soutien à Donald Trump. Olivier Faye, journaliste au Monde, souligne que « la stratégie de Trump de s'adresser aux « cols bleus » est comparable » à celle de Marine Le Pen, et évoque leurs convergences sur leur opposition au libre-échange, sur l'instauration d'un dialogue avec la Russie de Vladimir Poutine ou sur « une conception multipolaire des relations internationales, où prédomine l'intérêt national », mais aussi leur divergence sur l'islam, que Marine Le Pen juge « compatible » avec la République française tandis que Donald Trump prône l'interdiction d'entrée des musulmans sur le territoire américain. Elle soutient de nouveau Donald Trump pour l'élection présidentielle américaine de 2020.

Souvent présentée comme « russophile », elle déclare admirer, « dans une certaine mesure », Vladimir Poutine. Elle reconnaît les résultats du référendum de 2014 en Crimée sur le rattachement à la Russie. Ce positionnement s'accompagne d'une proximité avec des responsables ou des proches du Kremlin, ainsi que de l'obtention d'un prêt bancaire russe à destination du FN, au point d'inquiéter certains élus du parti quant à une dépendance à l'égard du pouvoir moscovite. En 2015, elle apporte son soutien à l'intervention militaire de la Russie en Syrie et appelle à une alliance de la France avec Bachar el-Assad face à l'État islamique. En avril 2018, la ministre de la Défense, Florence Parly, l'accuse de se faire « l'avocate d'un criminel de guerre ». Le 24 mars 2017, Marine Le Pen est reçue pour la première fois par Vladimir Poutine, à un mois du premier tour de l'élection présidentielle. En Russie, Maria Katassonovai, une attachée parlementaire du Mouvement de libération nationale, milite pour Marine Le Pen et a créé le mouvement « Les Femmes avec Marine ». En campagne, la candidate du FN propose de reconnaître l'annexion de la Crimée par la Russie et de lever les sanctions économiques imposées par l'Union européenne.

Membre du groupe d'amitié France-Israël du Parlement européen dès son entrée dans l'assemblée en 2004, elle se voit interdire l'entrée sur le sol israélien lorsque celui-ci y est invité en 2006, ce qu'elle regrette. Sous sa présidence, les cercles de pouvoir israéliens restent distants vis-à-vis du FN malgré quelques visites de Louis Aliot, Gilbert Collard et Nicolas Bay : selon Thomas Cantaloube, « il se murmure que Marine Le Pen aimerait depuis longtemps faire le voyage, mais le cordon sanitaire posé par les gouvernements israéliens successifs autour du FN continue d’être maintenu. Essentiellement en raison de la présence de la « GUD connection », ces anciens du mouvement étudiant d’extrême droite très poreux aux idées racistes et antisémites, dans l’entourage proche de la dirigeante du FN […]. Par ailleurs, personne en Israël n’oublie l’ascendance de Marine Le Pen, dont le père et fondateur du parti a été condamné à plusieurs reprises pour antisémitisme et banalisation de crimes contre l’humanité ». Partisane, selon Caroline Fourest et Fiammetta Venner, d'« une position assez équilibrée » sur le conflit israélo-palestinien (incluant le soutien à la création d'un État palestinien), elle considère néanmoins ledit conflit comme secondaire. Dans le cadre du débat sur le programme nucléaire iranien sous la présidence de Mahmoud Ahmadinejad, elle juge que les menaces de ce dernier à l'encontre d'Israël ne sont pas crédibles et que « la bombe nucléaire est une arme dissuasive », « pas une arme offensive ». 

Elle considère que « la France doit rompre ses relations avec le Qatar et l'Arabie saoudite, qui ont aidé, assisté et financé les fondamentalistes islamistes à travers le monde » : elle préfère « s'appuyer sur les pays musulmans qui luttent contre le fondamentalisme », en citant les Émirats arabes unis et l'Égypte, et en appelant de ses vœux « une grande coalition » ; des représentants de ces deux États lui expriment leur soutien en 2014 et 2015. Après des rencontres en 2015 avec Ibrahim Mahlab, Premier ministre égyptien (en public), et Abdel Fattah al-Sissi, président égyptien (en secret), puis en janvier 2017 avec Witold Waszczykowski, ministre des Affaires étrangères de la Pologne, Michel Aoun, président de la République libanaise, est le premier chef d'État à la recevoir, en février 2017. Le mois suivant, outre Vladimir Poutine, elle rencontre Idriss Déby, président du Tchad. Mediapart affirme en 2017 que « ses voyages à l’étranger ont souvent tourné au fiasco depuis qu'elle est présidente du FN ». Défavorable aux opérations extérieures menées par la France en Afghanistan et en Libye, elle soutient celles conduites au Mali et en République centrafricaine. Elle prône une « grande politique de développement » pour le territoire africain, abandonné selon elle aux puissances émergentes, tout en souhaitant rompre avec la « Françafrique corruptrice ». Par ailleurs, elle déplore la perte d'influence de la francophonie dans le monde. 

Religion

Marine Le Pen propose la création d'un ministère de l'Intérieur, de l'Immigration et de la Laïcité, l'interdiction de toute pratique qu'elle juge « raciste, sexiste et discriminatoire », en particulier dans les lieux publics, comme le hallal dans les cantines scolaires et les horaires séparés pour les femmes dans les piscines municipales ou l'interdiction d'attribuer des subventions publiques aux associations jugées « communautaristes ». Elle évoque la France comme un pays aux « racines chrétiennes laïcisées par le siècle des Lumières ». Elle prône l'interdiction des signes religieux ostentatoires dans l'espace public tels que la kippa et le hijab, en estimant que les croix catholiques n'en font pas partie : selon Les décodeurs du Monde, « une telle loi aurait toutes les chances d’être censurée ».

Islam

Sous sa présidence, le programme du FN prône le « gel de tous les projets de mosquées actuellement en cours, dans l'attente d'une enquête nationale sur leur financement » ; « l'extension de la loi de 2004 sur l'interdiction des signes religieux à l'école à l'ensemble de l'espace public », c'est-à-dire l'interdiction du hijab et non plus seulement de la burqa comme instauré par la loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public ; l'étourdissement obligatoire des animaux avant leur abattage et l'étiquetage des animaux abattus rituellement (viande halal ou casher). Marine Le Pen s'est également opposée aux menus de substitution au porc dans les cantines. Marine Le Pen estime se présente comme « l'une des dernières défenseures de la laïcité en France » en critiquant l'« islamisation » de la France, qu'elle définit comme « la conséquence de l'islamisme ». 

Selon elle, « la France peut être laïque parce qu'elle est chrétienne de culture, et on s'aperçoit d'ailleurs que les pays musulmans ont les plus grandes difficultés à être laïcs. » Elle affirme également que « la laïcité n'est pas absolument compatible… pas naturelle, avec l'islam, puisque l'islam confond le spirituel et le temporel ». Cécile Alduy relève que Marine Le Pen conserve « le fond du discours » de son père, mais en changeant de « justification » : « Jean-Marie Le Pen mettait en avant une France chrétienne, voire ethnique, avec un soupçon de racisme. Marine Le Pen, elle, met en avant la République laïque. » Cécile Alduy considère que « lorsqu'elle parle de laïcité ou de lutte contre le communautarisme, Marine Le Pen ne vise en réalité que les musulmans. Elle tient un double discours : nuancé et attaché à l'égalité de tous les citoyens sans distinction d'origine ou de religion devant la presse ; violent et amalgamant l'islam, l'islamisme et le terrorisme devant les militants. »

Au sujet de l'islam, Marine Le Pen se dit « plus modérée que le RPR de 1990 »399 ou que Geert Wilders aux Pays-Bas. À plusieurs reprises, elle affirme la compatibilité de l'islam avec « la démocratie », « la France » ou « la République », se limitant à critiquer « la charia » et le « fondamentalisme musulman ». La politologue Nonna Mayer observe que si Marine Le Pen « prend soin de cibler le « fondamentalisme islamique » et non l'Islam, ses partisans ne font pas la différence. Ils se distinguent des proches de tous les autres partis par leur niveau exceptionnellement élevé d'« islamophobie », au sens de rejet de l'Islam, de ses pratiques, et de ses fidèles. » Lors de son discours du congrès de Tours, elle laisse entendre que l'Europe et la France sont menacées de devenir des « califats ». Dans un entretien accordé à l'hebdomadaire Zaman en 2013, elle déclare : « Il y a toujours eu des musulmans en France. Mais la majorité des musulmans sont arrivés ces trente dernières années. Je ne peux que regretter que cette immigration se fasse sur la base d'une radicalisation religieuse ». 

Pascal Perrineau voit dans ces propos la conception selon laquelle « cette immigration en provenance des pays musulmans est inassimilable dans la mesure où elle est porteuse d'une inévitable radicalisation religieuse. L'islam est perçu dans sa dimension d'altérité radicale : « Il n'y a pas d'« islam en France » mais un « islam en France », précise encore Marine Le Pen à l'hebdomadaire ». L'historienne Valérie Igounet estime que le positionnement de Marine Le Pen, qui relève selon elle de l'islamophobie, fait écho à celui du Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Mégret, et se situe dans la continuité de Jean-Marie Le Pen. Jérôme Fourquet, de l'Ifop, souligne que « contrairement à ce qui s'est partiellement produit dans l'électorat juif », l'électorat musulman reste très majoritairement hostile à Marine Le Pen — il ne vote pour elle qu'à hauteur de 4 % des voix lors de l'élection présidentielle de 2012, contre 1 % pour Jean-Marie Le Pen lors de l'élection présidentielle de 2007 — et à son parti, le vote FN demeurant structuré par « le rejet de la population maghrébine » et « le rejet ou la peur de l'islamisme ». 

Judaïsme

Louis Aliot et David Rachline défendent une évolution du parti, illustrée par ses rencontres avec Gilles-William Goldnadel, en 2004, Ron Prosor, ambassadeur d'Israël à l'ONU, William Diamond, responsable de la synagogue de Palm Beach et la peintre israélienne Shana Aghion. Jérôme Fourquet, de l'Ifop, relève que le vote pour Marine Le Pen dans l'électorat juif a sensiblement progressé lors de l'élection présidentielle de 2012 par rapport au vote pour son père lors de l'élection présidentielle de 2007 (13,5 % en 2012 contre 4 % en 2007) : « Ce niveau est certes toujours significativement inférieur à la moyenne nationale (17,9 %), mais le vote frontiste n'est désormais plus résiduel parmi l'électorat de confession juive ». Jérôme Fourquet explique cette progression par trois facteurs :

  • « l'effet conjugué d'un climat d'insécurité lancinant, consécutif à la montée de l'islamisme radical (affaire Merah, mars 2012) et aux tensions intercommunautaires » ;
  • « la stratégie de dédiabolisation conduite par Marine Le Pen a permis de faire sauter des verrous jusqu'à présent très solides » (alors que son père qualifiait la Shoah de « détail de l'histoire », Marine Le Pen considère qu'il s'agit du « summum de la barbarie ») ;
  • « dans l'électorat juif comme dans l'ensemble du corps électoral, la frange la plus droitière a été déçue par Nicolas Sarkozy, qui n'a pas tenu toutes ses promesses, en matière de lutte contre l'insécurité notamment ».
Marine Le Pen et Louis Aliot

Marine Le Pen et Louis Aliot

Éducation

En 2016, elle se prononce pour la sélection à l'université afin de « créer la vraie égalité des chances ». Elle propose également que « 50 % du temps d'enseignement soit consacré à l'apprentissage du français en primaire » et la suppression du collège unique. Son programme présidentiel de 2017 prévoit, pour les cours d'histoire, la « promotion du roman national », ainsi que la suppression de l'enseignement moral et civique (« une farce »), remplacé par un cours de « civisme et droit ». L'instauration du port de l'uniforme est également évoquée. 

Institutions

Alors que son père s'affichait dans son premier manifeste, Les Français d'abord (1984), comme « un démocrate de type churchillien », et considérait donc simplement la démocratie comme la moins mauvaise solution, Marine Le Pen adopte une approche très radicale de la démocratie, qualifiée dans le projet de 2012 de « principe fondamental de la République française » et de « bien sacré ». Elle est en effet méfiante à l'égard de la représentation politique, des corps intermédiaires et du « gouvernement des juges », et proche de la tradition rousseauiste et jacobine, c'est-à-dire des courants habituellement classés tout à la gauche de l'échiquier politique. Elle propose ainsi l'instauration d'un référendum obligatoire en matière constituante, l'élargissement du référendum législatif aux questions de société et la mise en place d'un référendum d'initiative populaire qu'il serait possible de déclencher en réunissant 500 000 signatures citoyennes ; elle promet également un référendum d'initiative présidentielle sur les institutions. Le professeur de droit public Frédéric Rouvillois parle à cet égard de « néo-jacobinisme ». 

Pour Mediapart, cette « glorification du référendum » et cet appel à « la re-centralisation » font néanmoins partie des « classiques de l'extrême droite » : le journal rappelle que Jean-Marie Le Pen « programmait une ribambelle de consultations dans son programme de 2002 (sur l'immigration et la préférence nationale dès 2002, la « paix civile » et la peine de mort en 2003, le rétablissement des frontières douanières en 2004, etc.) ». Son projet présidentiel de 2012 préconise également le passage au septennat non-renouvelable (proposition héritée des monarchistes), l'imposition du scrutin proportionnel « à toutes les élections », des pouvoirs renforcés pour les préfets, la suppression de la clause de compétence générale, l'interdiction du cumul des mandats exécutifs et « le contrôle des notes de frais et de représentation de tous les exécutifs » (principe mis en œuvre en Grande-Bretagne notamment). En janvier 2014, après le rejet par le Sénat de la demande de levée d'immunité de Serge Dassault, elle se prononce pour la suppression de la Haute assemblée, précisant qu'elle « ne voi[t] plus bien à quoi sert aujourd'hui le Sénat ». Son projet présidentiel de 2017 prévoit la suppression des conseils régionaux. 

Mœurs et société

Marine le Pen s'oppose à la loi de 2013 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, déclarant qu'elle reviendrait dessus si elle était élue présidente de la République. Mais elle ne prend pas part aux manifestations contre cette loi. Elle se dit opposée à l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, car « fabriquer des enfants sans père » est selon elle « éminemment négatif pour l’enfant en question ». En tant que présidente du Front national, Marine le Pen adopte un ton jugé mesuré sur les questions LGBT et aurait attiré nombre d'homosexuels au Front national. Laurent Brice, secrétaire départemental du FN pour le Pas-de-Calais et conseiller municipal d'Hénin-Beaumont, la compare à Dalida, une « égérie » gay. Marine le Pen a notamment accueilli au FN Sébastien Chenu, cofondateur de GayLib, association anciennement associée à l'UMP. Depuis 2012, d'après une étude de l'Ifop, les intentions de vote pour le Front national ont d'ailleurs beaucoup augmenté chez les bisexuels et homosexuels.

Pour le sociologue Sylvain Crépon, « l'homosexuel est devenu une figure emblématique de l'imaginaire du FN pour témoigner qu'il défend les valeurs libérales face au totalitarisme islamiste. » Marine le Pen copierait ainsi une stratégie politique suivie par le Néerlandais Geert Wilders et le Suisse Oskar Freysinger. Les personnes homosexuelles vivant en banlieues, en majorité musulmanes, seraient particulièrement sensibles à son discours sur la défense des libertés publiques. Certains chercheurs parlent d'« homonationalisme ». Alors que sous la présidence de son père le Front national était opposé au droit à l'avortement, Marine Le Pen refuse l'abrogation de la loi Veil mais entend réduire le nombre d'IVG. Lors de la campagne pour l'élection présidentielle de 2012, elle fustige ce qu'elle nomme les « avortements de confort », qui « se multiplient » selon elle. Affirmant qu’« il y a des dérives et des abus » et que des femmes « utilisent l'avortement comme un moyen de contraception », elle se prononce pour une restriction de son remboursement. Elle s'oppose à une extension de l'accès à la procréation médicalement assistée (PMA), souhaitant la réserver « aux couples qui ont des problèmes d'infertilité et à ceux qui risquent de transmettre à leurs enfants des maladies graves ». 

Environnement

En juin 2020, Marine Le Pen estime que la Convention citoyenne pour le climat a « accouché de propositions toutes plus loufoques les unes que les autres, sans conscience des réalités économiques, et sans pertinence sociale et écologique ». 

Internet

Sous la présidence de Marine Le Pen, le Front national adopte une position qualifiée de libertaire à propos d'Internet, « pas forcément en adéquation avec la pensée dominante au FN » selon le journaliste Tefy Andriamanana :

  • libertés fondamentales garanties, renforcées voire constitutionnalisées ;
  • mise en place d'une licence globale ;
  • opposition ferme à tout instrument tentant de réduire la liberté sur Internet tel qu'ACTA, HADOPI ou LOPPSI.

« Dédiabolisation » du Front national

D'une manière générale, Marine Le Pen est souvent jugée plus modérée que son père. Son discours apparaît pour une partie de l'électorat français comme plus nuancé, plus lisse et débarrassé des « outrances » de Jean-Marie Le Pen — ou ce qui est qualifié par certains comme tel. L'image qu'elle donne, calme et souriante, contraste avec les stéréotypes attribués habituellement à sa famille politique. Au début de son apparition médiatique, Marine Le Pen abordait beaucoup son enfance qu'elle dépeignait comme difficile, victime de son patronyme et marquée par l'attentat contre le domicile familial en 1976. Certains observent que cela permettait d'« humaniser » son parti. Parmi ses adversaires les plus farouches, Bernard-Henri Lévy parle d'une « extrême droite à visage humain ». Michèle Cotta estime que le fait qu'elle soit une femme, jeune, qui condamne le racisme, et qui n'aurait pas adopté « les défauts » de son père, notamment ses phrases-chocs, aurait participé à sa stratégie de « dédiabolisation » du Front national. Les références à la Seconde Guerre mondiale et aux guerres coloniales sont également absentes de son discours. Elle s'est d'ailleurs distanciée des propos tenus par Jean-Marie Le Pen concernant les chambres à gaz en déclarant qu'elle « ne partageait pas sur ces événements la même vision » que lui. Les adversaires du Front national affirment que Marine Le Pen, de par cette stratégie de « dédiabolisation », serait « plus dangereuse que son père ». Évitant certaines « provocations » considérées comme néfastes pour le vote FN, elle risquerait d'élargir la base électorale de celui-ci en le « banalisant ».

Marine Le Pen déclare sur RTL, en avril 2010, que la stratégie de « dédiabolisation » ou de « normalisation » ne consisterait pas en une modification du discours du Front national. Il s'agit selon elle de montrer le Front national sous son vrai jour, tel qu'il est et non tel que les médias le montrent ou l'ont montré durant les décennies précédentes. Ces derniers ainsi que les partis de droite et de gauche auraient donné une image « injuste, fausse et caricaturale » du Front national. C'est la raison pour laquelle elle chercherait à en donner une image qui soit « juste ». Elle a néanmoins été accusée par ses adversaires au sein du FN et plus largement de l'extrême droite, de dévier de la ligne idéologique du parti, notamment sur des sujets tels que l'immigration, le PACS et l'avortement, ce qu'elle réfute, assurant qu'elle n'a jamais abandonné les fondamentaux du FN ni « affadi » son message. Caroline Fourest et Fiammetta Venner notent qu'elle a participé à faire abandonner au FN l'opposition au PACS, en 2007. Dans son discours du 10 décembre 2010 à Lyon, Marine Le Pen candidate à l'investiture du Front national prend ses distances avec les positions qui prévalaient alors au FN et évoque le sort des homosexuels vivant dans des quartiers et victimes des lois religieuses qui se substituent aux lois de la République. Malgré tout, certains observateurs notent une inflexion de cette stratégie depuis 2009 avec les polémiques qu'elle a suscitées sur Frédéric Mitterrand et son livre ou encore sur le Quick « halal » de Roubaix. Son style serait devenu davantage incisif, combatif et provoquant, et le thème de « l'islamisation », peu traité par la génération précédente du Front national, est désormais mis en avant. Cependant elle n'a jamais abandonné officiellement la « dédiabolisation » et continue à assumer cette stratégie.

En 2014, le magazine américain Foreign Policy la cite, avec quatre autres Français, dans le classement des cent « penseurs mondiaux » de l'année en soulignant la manière dont elle a « rénové l'image » de sa formation politique, qui est devenue « un genre de modèle pour l'extrême droite européenne » après son succès lors des élections européennes. En donnant parfois son quitus à la gauche — dès 2003 en donnant une conférence de presse à l'occasion du Forum social européen organisé à Paris et au cours de laquelle elle affirme que les altermondialistes posent « de bonnes questions mais [apportent] de mauvaises réponses », ou en apportant son soutien à SYRIZA en vue des élections législatives grecques de janvier 2015 —, elle conduit notamment Nicolas Sarkozy à la situer, fin 2014, à l'« extrême gauche » et à identifier « son programme économique [à] celui de Jean-Luc Mélenchon ». Abel Mestre, journaliste au Monde, y voit « un élément de plus de sa stratégie de dédiabolisation. Car, plus il y a de confusion, plus il est difficile de renvoyer le FN à ce qu'il est fondamentalement, c'est-à-dire un parti d'extrême droite ».

Sa stratégie de dédiabolisation passe également par de nouvelles alliances avec des partis de gouvernement étrangers : elle met fin aux partenariats construits par son père Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch dans le cadre de l'Alliance européenne des mouvements nationaux qui comprenait de nombreux groupuscules radicaux, au profit d'un rapprochement avec la Ligue du Nord (Italie), le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ), le Vlaams Belang (Belgique) ou encore le Parti pour la liberté (PVV, Pays-Bas), regroupés au Parlement européen au sein de l'Alliance européenne pour la liberté. Ces partis ont en commun de condamner l'antisémitisme, d'afficher une position libérale sur les questions de société par le biais desquelles ils condamnent l'islam en tant que tel, et de défendre un positionnement géopolitique pro-israélien. Reprenant une analyse du politiste Gilles Ivaldi, l'historien Nicolas Lebourg relève que « le FN est devenu une boussole de l'extrême droite européenne. Les partis européens alliés du FN ont copié la stratégie de dédiabolisation de Marine Le Pen tout en conservant leurs spécificités locales ». La suspension du parti de Jean-Marie Le Pen après ses propos polémiques d'avril 2015 est présentée par L'Express comme l'achèvement de cette stratégie de dédiabolisation. 

Détail des mandats et fonctions

Au sein du FN puis du RN

  • Depuis le 16 janvier 2011 : présidente du Front national puis du Rassemblement national.

Au niveau local

  • 21 mars 1998 – 28 mars 2004 : conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais.
  • 28 mars 2004 – 21 mars 2010 : conseillère régionale d'Île-de-France, élue dans les Hauts-de-Seine, présidente du groupe Front national et membre de la commission permanente jusqu'en février 2009.
  • 23 mars 2008 – 24 février 2011 : conseillère municipale d'Hénin-Beaumont.
  • Depuis le 26 mars 2010 : conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais puis des Hauts-de-France, élue dans le Pas-de-Calais, présidente du groupe Front national – rassemblement pour le Nord-Pas-de-Calais, membre de la commission permanente.

À l’Assemblée nationale

  • Depuis le 21 juin 2017 : députée, élue dans la onzième circonscription du Pas-de-Calais.

Au Parlement européen

  • 20 juillet 2004 – 13 juillet 2009 : députée européenne non-inscrite, élue dans la circonscription Île-de-France :
  • membre de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures et de la délégation pour les relations avec Israël ;
  • membre suppléante de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs et de la délégation pour les relations avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
  • 14 juillet 2009 – 30 juin 2014 : députée européenne non-inscrite, élue dans la circonscription Nord-Ouest :
  • membre de la commission de l'emploi et des affaires sociales et de la délégation à l'Assemblée parlementaire paritaire ;
  • membre suppléante de la commission du commerce international et de la délégation pour les relations avec le Canada.
  • 1er juillet 2014 - 18 juin 2017 : députée européenne non-inscrite puis Europe des nations et des libertés (ENL), élue dans la circonscription Nord-Ouest :
  • membre de la commission du commerce international, de la délégation pour les relations avec le MERCOSUR et de la délégation à l'Assemblée parlementaire euro-latino-américaine ;
  • membre suppléante de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures et de la délégation pour les relations avec les États-Unis ;
  • co-présidente du groupe ENL du 16 juin 2015 au 18 juin 2017.
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