Commémoration : le devoir de mémoire

Publié le par La Dépêche

Commémoration : le devoir de mémoire

70e anniversaire de la libération de carmaux (I)

L'église de Villelongue — aujourd'hui transformée en musée : elle a abrité la naissance du maquis Antoine et garde l'âme de la résistance..

L'église de Villelongue — aujourd'hui transformée en musée : elle a abrité la naissance du maquis Antoine et garde l'âme de la résistance..

Carmaux, c'est la première ville en France à avoir été libérée par les seules Forces françaises de l'intérieur. En Aveyron et dans le Tarn, le Maquis Antoine a largement participé à ce combat.

Héritiers de ces combattants de l'ombre, les compagnons de Villelongue célébreront le 70e anniversaire de cette libération, à travers diverses animations (du 16 au 18 août).

Avec la Dépêche du Midi

La Dépêche du Midi s'associe à cette commémoration : sous la plume de Noël Fraysse et Claude Boudes, six pages (une par semaine) seront consacrées à cette épopée qui permet de découvrir ou redécouvrir le maquis Antoine.

Faits historiques, témoignages ou souvenirs permettront un large zoom sur l'événement carmausin et les faits marquants de la fin de la guerre, sur le maquis Antoine et ses combattants, sur les résistants et les compagnons de Villelongue.

Tout ce qui participe au devoir de mémoire.

La résistance s'organise

1939, la France submergée par la Vehrmach, la droite conservatrice voit là l'opportunité de prendre sa revanche sur le Front populaire et de revenir sur les lois sociales votées en faveur des ouvriers, des fonctionnaires et des classes défavorisées. Pétain, le vieux maréchal, le vainqueur de Verdun, réactionnaire s'il en fut, se vit offrir la présidence du conseil. Avec l'assentiment de 80 % des parlementaires et de la population, il liquida la République et installa la dictature appelée état français. Est-il utile d'évoquer la soumission totale du gouvernement face à l'occupant ?

Pétain et sa suite de fascistes, de voyous reconvertis en miliciens et autres cagoulards revanchards abandonnèrent Paris la capitale pour Vichy, laissèrent la place à leurs «invités» d'outre-Rhin.

Hitler imposa de grosses contributions financières à la fois pour poursuivre son expansion à l'Est et pour se venger des énormes pénalités infligées par le traité de Versailles. Malgré cela, le gouvernement français consentit, grâce à la police, la gendarmerie, la milice, avec en arrière et en soutien la Gestapo, à assurer le maintien de l'ordre. L'état-major teuton pouvait se pavaner tranquillement sur les Champs-élysées.

Depuis Londres, De Gaulle lança son appel à la Résistance. Il fut qualifié de traître, bien sûr, sans que cela émeuve nos dirigeants collabos et fascistes, mais cela eut le mérite de réveiller les consciences.

Qui répondit à cet appel ? D'abord et en grande majorité les hommes et les femmes de gauche et d'extrême gauche (Guy Moquet par exemple). Des attentats furent organisés contre l'occupant avec les terribles représailles (un officier allemand tué, vingt otages fusillés), c'était très cher, trop cher payé.

En zone libre, les premiers signes de rébellion envers Vichy vinrent surtout des républicains, des laïques, des gens de gauche (surtout communistes), des exilés républicains, des Juifs et des Alsaciens-Lorrains qui avaient refusé «les malgré nous».

Bien sûr, des hommes et des femmes de droite se sont très vite opposés au régime vichyste et au nazisme (De Gaulle en étant l'exemple le plus prestigieux).

Chez nous, d'une opposition passive aux manifestations rituelles de l'état français, les résistants, comme il est relaté par ailleurs, passèrent à la lutte armée. Les tout premiers résistants de Naucelle, de Sauveterre, de Baraqueville et de Carmaux se situaient politiquement très majoritairement à gauche et ils se retrouvèrent tout naturellement au maquis Antoine. La dominante rouge vira au rose puis arc-en-ciel au fur et à mesure des événements défavorables aux armées du Reich : débarquements en Sicile, en Provence, en Normandie, et après Stalingrad la ruée des Russes vers Berlin.

Et puis, quand les cloches sonnèrent la Libération, plus de collabos, plus de vichystes, plus de miliciens (n'y avait-il eu ?)… Personne n'avait soutenu les Allemands et leurs complices : que des résistants on vous dit ! D'ailleurs, personne, jamais même confidentiellement, ne m'a avoué avoir collaboré. Tous les Français avaient résisté, la Résistance était devenue un bien commun à tous les Français.

Alors, ici ou là, des fêtes, des manifestations sont organisées et suivies par des gens de tous bords, à droite, à gauche, au centre et même à l'extrême droite, à la mémoire de la France combattante dans une remarquable unanimité !

Et si ça recommençait ? Seriez-vous certain que tous les Français, comme un seul homme, prendraient les armes et le maquis ?

Le programme de la commémoration

Le 70e anninversaire de la libération de Carmaux fera l'objet d'une vaste commémoration cet été, du samedi 16 au lundi 18 août. En voici le programme.

Samedi 16 août

Parcours des stèles des territoires Aveyron et Tarn (sur inscription par bus gratuit). Possibilité d'un repas froid à prix modéré (8 à 10 €), à communiquer lors de la réservation bus.

Pour inscription bus, territoire du Naucellois : correspondant pour réservation bus stèles, office de tourisme du Naucellois, M. Florian Seguineau, tél. 05 65 67 16 42. Départ et arrivée du bus place de la Mairie du Garric.

à 9 heures : Le Garric, départ du bus vers Jouquevel (stèle du village martyr des FTP MOI), Albagnac (stèle du deuxième PC maquis Antoine, brûlé par les Allemands, et hommage aux deux tués du maquis lors de la bataille de Viarouge et qui ont été enterrés au cimetière d'Albagnac), Tanus (stèle Sintas).

Retour du bus sur Le Garric vers 12 heures. Possibilité d'un repas froid à prix modéré (8 à 10 €) à commander lors de la réservation bus.

à 14 heures : Le Garric, départ du bus vers Canitrot (plaque souvenir PC de Carmaux) ; Croix-du-Marquis, rond-point du lycée (stèle des mineurs résistants), Blaye-les-Mines, le cimetière des Plaines (stèle des FTPF du Tarn), rond-point bas de Côte-Rouge, Bouloc Torcatis (stèle aux victimes de la libération de Carmaux), square Gabriel-Bousquet (plaque), école de la Croix-Haute (plaque). Vers 18 heures, retour sur Le Garric et stèle à la mémoire des résistants du maquis Antoine tués au Garric lors de la libération de Carmaux. à 18 heures, rafraîchissement offert par la municipalité du Garric.

Dimanche 17 août

Site du Naucellois, de 9 h 30 à 10 heures : tour de ville de véhicules de collection.

Défilé exceptionnel, de 10 heures à 12 heures : tour de ville, départ place de la Liberté vers le monument aux morts avec recueillement aux points importants.

Dépôts de gerbes et prises de parole. Le défilé sera suivi d'un rafraîchissement offert par la mairie de Naucelle. Possibilité d'une restauration rapide par le comité des fêtes de Naucelle ; contact : Alain Costes.

De 15 heures à 18 heures : parachutage. à Lucante, zone Le Plô, terrain de parachutage Les Tilleuls du maquis Antoine, avec expo de matériels de collection de l'époque dans la grange ayant servi de remise immédiate après les parachutages, table d'orientation, visite du site de Villelongue par sentier en fond du Plô, dix minutes de marche ou prendre le véhicule.

Buvette pour rafraîchissement par le comité des fêtes de Cabanès-Albagnac ; contact : Eddy Vialettes, tél. 06 08 66 47 99.

Possibilité de repas à prix modéré au restaurant Les Voyageurs, place de la Mairie de Naucelle.

De 20 heures à 23 h 30 : conférence-débat sur la commune de Naucelle, salle des fêtes.

à 20 heures : ambiance musicale.

De 20 h 30 à 20 h 50 : chants et poèmes par des jeunes du Naucellois et du Carmausin.

De 21 heures à 22 heures : conférences par deux conférenciers (sous toutes réserves) spécialisés sur la Résistance Tarn et Aveyron, MM. Fabre côté Tarn et Moyzet côté Aveyron.

De 22 h 10 à 23 heures : débat.

Lundi 18 août

Site Carmaux. Installation sur le terrain stabilisé de deux camps (tentes) de maquis et de commandement US, avec matériels de collection de l'époque. De 9 h 30 à 10 heures : tour de ville de véhicules de collection. De 10 heures à 12 heures : défilé, départ place Jean-Jaurès vers le monument aux morts.

Le défilé sera suivi d'un apéritif offert par la mairie de Carmaux. à 12 h 30 : complexe sportif Jean-Vareilles, possibilité de restauration rapide par le comité du rugby de Carmaux.

De 15 heures à 18 heures : parachutage, complexe sportif Jean-Vareilles. Parachutage et exposition de quelques panneaux de la libération de Carmaux du colonel Delpon et de panneaux sur la Déportation. Buvette pour rafraîchissement par association du comité du rugby de Carmaux ; contact : Dominique Boutonnet, tél. 06 08 66 47 99.

De 17 h 30 à 19 heures ou 18 heures à 19 h 30 : spectacle sur le thème de la liberté, chants et poèmes sur le thème de la Résistance et de la liberté (salle François-Mitterrand).

De 20 heures à 23 h 30 : soirée de clôture (salle François-Mitterrand). Soirée festive et conviviale en l'honneur de la Résistance et de la liberté. Ouverture de la salle à 20 heures pour le repas musical de 20 h 30 à 22 heures (sur réservation), suivi des ouvertures des portes à tous pour flonflons par DJ (repas traiteur, 15 €).

Le musée du site de Villelongue, dédié à la mémoire de la résistance du maquis Antoine Tarn-Aveyron, sera ouvert au public sur les trois jours, de 15 heures à 18 heures.

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