Sur les traces de... Maurice Biraud, Collongeois de cœur

Publié le par Le Populaire Emilie Auffret

Françoise Biraud, l’amour de sa vie, lui a transmis sa passion pour son village natal : Collonges-la-Rouge, qui conserve aujourd’hui encore l’empreinte de Maurice Biraud, comédien, chanteur et humoriste.

Photo collection personnelle Françoise Biraud

Photo collection personnelle Françoise Biraud

«Qu’est-ce qu’on a ri?! » Ses yeux malicieux s’animent à l’évocation de la foule d’anecdotes que Françoise et Maurice Biraud ont vécues pendant vingt-cinq ans d’une vie commune tourbillonnante. « Vingt-cinq ans de bonheur et de complicité », ajoute-t-elle. Les deux comédiens se sont rencontrés à la scène et ont poursuivi à la ville. « Je lui ai dit “je veux bien me marier”, mais il faut que tu connaisses Collonges-la-Rouge. »

« Il aimait les gens »

En 1957, avant d’assister à un gala à Luchon, le couple fait escale sur les terres de la famille de Françoise. « Nous devions y rester une journée, nous sommes restés trois jours. Et après le gala, nous y sommes revenus ». L’authenticité, la simplicité, les Collongeois, le paysage corrézien séduisent l’humoriste qui « détestait les falbalas qu’on est obligé d’avoir quand on fait ce métier-là ». Pour sa moitié, la plus grande qualité du comédien, voix d’Europe 1 pendant près de dix ans, c’était « d’aimer les gens ». 

Mais en plus de s’attacher au village grenat, il s’y est impliqué en faisant partie de l’association des Amis de Collonges, fondée par le grand-père de Françoise. Il achète même trois petites maisons délabrées de la rue Noire, dans le prolongement du manoir de Beauvirie, fief de sa belle-famille, devenue la sienne. Il les rénove lui-même. Aujourd’hui, une plaque est fixée sur le mur en mémoire du comédien, qui aimait jouer aux boules sur la place du village.

 « Il venait souvent taper le carton et parler antiquités et vieux meubles avec André, mon époux », se souvient Joséphine, qui habite toujours à quelques pas de la rue Noire. D’ailleurs, dans une pièce de la maison de la sirène, se dresse un vaisselier ancien lui appartenant. « Il y avait une place à cet endroit, indique Robert Duchâteau, auteur d’un petit livre sur Maurice Biraud (*). Il a apporté ce meuble, qui était à Goupillière (Yvelines), où le couple avait aussi une résidence, pour l’installer dans cette demeure emblématique de Collonges ».

Le comédien arpentait les rues du village avec ses neveux. On l’appelait même le « chef de bande ». Maurice Biraud demandait aux commerçants de ranger tout ce qui dépassait des boutiques : portants, présentoirs, panneaux. Tout cela pour une seule raison : sauvegarder l’esprit du village, déjà très fréquenté par les touristes à l’époque.

Il passait aussi du temps chez Raymond Richier au Relais Saint-Jacques, où il y avait l’un des rares téléphones du village. « Parfois, Raymond envoyait Marthe chez les Biraud pour dire que Sacha Distel arriverait après-demain », raconte Robert Duchâteau. Malgré le succès et la célébrité, « Maurice était comme tout le monde ». Et il a choisi, quelques mois avant sa mort, le 24 décembre 1982, de reposer à Collonges, où il dispose d’une sépulture toute simple. À son image.

(*) Maurice Biraud, Ses deux coups de cœur pour Collonges-la-Rouge par Robert Duchâteau, 4 €, en vente chez les Amis de Collonges, à la maison de la Sirène.

Publié dans Articles de Presse

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