Une association commémore l'horreur du convoi 6 à Pithiviers

Publié le par larep.fr Stéphane Boutet

Hier matin, les noms des 928 Juifs déportés à Auschwitz le 17 juillet 1942 ont été lus lors d’une cérémonie organisée par Mémoires du convoi 6.

Les noms des déportés sont inscrits au square Max-Jacob

Les noms des déportés sont inscrits au square Max-Jacob

Hier, comme chaque 17 juillet depuis une décennie, l'association Mémoires du convoi 6 a organisé une cérémonie au square Max-Jacob pour ne pas oublier les 928 Juifs (785 hommes, 119 femmes et 24 enfants) qui ont été déportés le 17 juillet 1942 vers Auschwitz. 96 personnes étaient encore vivantes à la fin de la guerre. Plus aucune ne l'est aujourd'hui. Le nom de tous les déportés a été lu à l'issue de la cérémonie.

« La spécificité de ce convoi numéro 6 était de "vider" les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande pour faire place aux "raflés" du Vel d'Hiv », rappelle le président de Mémoires du convoi 6, Alexandre Borycki. L'association est récente. Sa première assemblée générale date de 2002. Elle est constituée de membres des familles des déportés. Près de 350 personnes concernées par ce convoi ont été retrouvées. Des témoignages ont été retranscrits dans deux ouvrages (lire par ailleurs).

« Ils ont compris notre démarche »

Elle a immédiatement tenu à tisser un lien avec les habitants de Pithiviers, chose qui était encore peu imaginable au siècle dernier. « Ce lien avec Pithiviers et ses habitants a été difficile à créer, avoue Alexandre Borycki. Ils étaient peu présents il y a dix ans ceux qui venaient à nos réunions et à nos commémorations. Des personnes comme Lucien Pelloy, le regretté Guy Thion, Bernard Valéry ou l'ancien maire, Philippe Pintaux, pour ne citer qu'eux, ont compris notre démarche. »

Les premières discussions entre les membres de l'association et les Pithivériens ont été « abruptes, tendues », se remémore Alexandre Borycki. « Ça n'a pas été facile non plus pour nous, meurtris dans notre chair. Tout s'est apaisé avec le temps. On peut parler d'amitié entre nous, désormais. » La lecture par Alexandre Borycki d'une lettre de Guy Thion, envoyée quelques semaines avant son décès et relatant la période du camp, a parfaitement résumé cet état d'esprit. « C'était un homme sincère, parfois rude, mais profondément attachant. Au fil des années, nous avons vraiment tissé des liens de respect et d'amitié. »

L'association entend poursuivre activement son travail de mémoire. « Nous arrivons dans une période critique où les survivants de la Shoah disparaissent les uns après les autres, analyse Alexandre Borycki. Il nous faut assurer la transmission : enseigner, apprendre. Nous voulons faire de leur histoire, avec un petit "h", l'Histoire, avec un grand "h". Cela doit être fait pour les jeunes, de toutes religions. Il est temps de rappeler cela aujourd'hui. Il faut lutter contre toutes les formes d'antisémitisme. »

Publié dans Articles de Presse

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