Vercors - Une photographie incarnée de la Résistance

Publié le par Le Dauphine Celia Amphoux

Ce week-end, l’association iséroise Dissidence 44 propose deux événements “grandeur nature” pour célébrer l’été 44.

À Villard-de-Lans, le 19 juillet 2009, l’association Dissidence 44 avait organisé la manifestation bien nommée “Résistances 2009”À Villard-de-Lans, le 19 juillet 2009, l’association Dissidence 44 avait organisé la manifestation bien nommée “Résistances 2009”

À Villard-de-Lans, le 19 juillet 2009, l’association Dissidence 44 avait organisé la manifestation bien nommée “Résistances 2009”

Samedi, le Vercors verra passer des fantômes du souvenir. Une 202 de Peugeot, une Juva 4 Renault, une traction-avant de Citroën… un side-car de la Wehrmacht. À leur bord, une quinzaine d’hommes en uniformes d’époque feront une pause dans différents lieux tristement célèbres. « Nous passerons par Herbouilly, un lieu-dit entre Villard et Saint-Martin, où était installé le PC de Jean Prévost, raconte Hugues Delaubert, petit-fils de résistant du Vercors et cofondateur de Dissidence 44. On passera à Valchevrière, où est mort le lieutenant Chabal, au pont de la Goule noire qui a sauté. »

« La manifestation a été très surveillée par les anciens »

D’autres lieux figurent sur le parcours jusqu’à la grotte de la Luire, où avait été transféré l’hôpital de Saint-Martin. « On n’ira pas à Saint-Nizier parce que les véhicules font du 40 à l’heure : ça prendrait la journée. » Or, les faux soldats comptent s’arrêter à chaque lieu pour se souvenir ou satisfaire la curiosité d’un public éventuel.

Dimanche, les membres de Dissidence 44 et leurs invités (une cinquantaine de personnes au total) vont installer leur “poste de commandement” autour d’une grange de Saint-Julien-en-Vercors, au milieu du village. « On appelle ça : une exposition vivante. Nous avons plein de choses à montrer de nos collections. De l’armement, du matériel de parachutage, un radio amateur utilisera une vraie valise de l’époque. Une association présentera les forces spéciales américaines OG Justine. Disons que c’est une photographie de cette période », décrit Hugues Delaubert, qui sait que la photo en question sera critiquée en détail par les hommes qui ont connu cette guerre. « Ça ne se faisait pas avant. Pour la première manifestation en 2008, des anciens sont venus me voir et m’ont prévenu : “Si tu fais un Disneyland de la Résistance, tu auras affaire à nous !” Cette manifestation a été très surveillée par les anciens. Mais ils ont été touchés à la fin du compte. Quand on nous dit : “C’est exactement les chaussures que je portais !” ; “c’est le brassard exact !”, etc. C’est émouvant… mais c’est très délicat. » Le petit-fils de résistant promet encore que le costume ne fait pas tourner la tête. « On n’oublie pas qu’on est en 2014. On ne peut pas se prendre pour ce qu’on n’est pas, et notre seul but, c’est la transmission de la mémoire. Ce qu’on veut, c’est qu’en rentrant chez eux, les gens se posent la question : “Et moi, dans ma famille, comment ça s’est passé ?” »

 

Publié dans Articles de Presse

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