20 août 1944 : naissance de l'AFP, héritière de l’agence Havas

Publié le par Agence France Presse

20 août 1944 : naissance de l'AFP, héritière de l’agence Havas
"Il y a une vraie soif d'information et un besoin de vérité. On s'arrache les premiers journaux qui se vendent à des centaines de milliers d'exemplaires", souligne l'historien Christian Delporte

"Il y a une vraie soif d'information et un besoin de vérité. On s'arrache les premiers journaux qui se vendent à des centaines de milliers d'exemplaires", souligne l'historien Christian Delporte

Réinvestir les journaux et la future AFP, sous contrôle allemand durant la guerre, est un objectif prioritaire de la Résistance en août 1944. Assoiffés d'information après quatre ans de censure et de propagande, les Parisiens vont s'arracher les premiers quotidiens libres.

Grèves, combats de rue, barricades: le 19 août, l'insurrection des résistants est lancée dans la capitale. Imprimeries et salles de rédaction sont reprises dès les premières heures.

"C'est symbolique. Pour la Résistance, il est vital de montrer le changement. Il faut que la presse accompagne cela", explique à l'AFP l'historien des médias Fabrice d'Almeida.

Parmi ces objectifs, l'agence de presse Havas. Fondée en 1835, elle a été mise sous tutelle allemande en juin 1940 et transformée par le régime de Vichy en Office français d'information (OFI).

Le dimanche 20 août au petit matin, huit journalistes résistants (Claude Martial Bourgeon, Basile Tesselin, Gilles Martinet, Claude Roussel, Pierre Courtade, Jean Lagrange, Max Olivier et Vincent Latève) se retrouvent devant le siège de l'OFI, au 13, place de la Bourse. A quelques centaines de mètres, place de l'Opéra, se trouve encore un Q.G. allemand.

"Je suis monté dans cette agence où j'avais fait mes débuts de jeune journaliste. J'ai prononcé les paroles: au nom de la République, nous prenons possession !", témoignait Gilles Martinet en avril 1996.

"Rapidement, nous avions mis en marche l'Agence, envoyé des reporters à l'Hôtel de Ville, à la Préfecture de police, et un peu partout dans Paris. Les téléscripteurs fonctionnaient, la plupart des journaux se trouvaient dans cette partie de Paris, libérée des Allemands : nous avons pu envoyer très vite notre premier télégramme", ajoutait celui qui deviendra le premier rédacteur en chef de l'AFP.

"Besoin de vérité"

L'Agence doit se remettre au travail car les quotidiens "réclament des informations pour pouvoir paraître le lendemain", écrit Xavier Baron, journaliste de l'AFP à la retraite, dans son livre sur l'histoire de l'agence "Le Monde en direct" (La Découverte), à paraître fin août.

A 11H30, la première dépêche voit le jour avant d'être distribuée par des cyclistes: "Les premiers journaux libres vont paraître. L'Agence française de presse leur adresse son premier service".

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