Berlin évoque une "intervention militaire" de la Russie en Ukraine

Publié le par Les Echos

L'aggravation de la crise, qui a fait 2.593 tués selon l'Onu, entraîne le rouble à son plus bas niveau historique face au dollar.

Vladimir Poutine (ici le 26 août avec le président ukrainien Petro Porochenko) réitère son appel à un arrêt des hostilités

Vladimir Poutine (ici le 26 août avec le président ukrainien Petro Porochenko) réitère son appel à un arrêt des hostilités

13 h 20 : Berlin parle d'une "intervention militaire" de la Russie en Ukraine. "Nous attendons de la Russie des explications suite aux rapports multiples de franchissements illégaux des frontières ukrainiennes, qui finissent par constituer une intervention militaire", a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, lors d'un point presse régulier à Berlin.

13 h 18 : L'Otan appelle la Russie à cesser ses "actions militaires illégales". Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a dit vendredi "respecter" les décisions de l'Ukraine concernant sa politique sécuritaire et ses choix d'alliances face à ce qu'il a présenté comme une agression russe. Anders Fogh Rasmussen a réitéré ses accusations contre la Russie, à qui il reproche d'intervenir militairement dans l'est de l'Ukraine et de chercher depuis des mois à déstabiliser son voisin.

"Malgré les démentis vides de sens de Moscou, il est désormais clair que des troupes et de l'équipement russes ont franchi la frontière", a-t-il déclaré. "Ce n'est pas un acte isolé mais une politique dangereuse menée depuis des mois pour déstabiliser l'Ukraine en tant qu'Etat souverain", a-t-il ajouté. Selon le dernier bilan de l'ONU "au moins 2.593 personnes ont été tuées" entre la mi-avril et le 27 août.

13 h 10 : De plus en plus martial, Vladimir Poutine lance "Les Russes et les Ukrainiens forment un seul peuple". Dans le contexte actuel, la déclaration de l'homme fort du Kremlin ne peut qu'attiser les inquiétudes, au vu de l'aggravation récente de la crise ukrainienne et après l'annonce de possibles nouvelles sanctions occidentales à l'encontre de Moscou. Le président russe n'a d'ailleurs pas tardé, vendredi à la mi-journée, à préciser sa pensée : " Il faut forcer Kiev à négocier avec les séparatistes".

13 h 04 : Vladimir Pouine a comparé l'offensive de l'armée ukrainienne contre les villes séparatistes de Donetsk et Louhansk au siège de Leningrad par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. "De petits villages et de grandes villes sont encerclés par l'armée ukrainienne qui bombarde les zones résidentielles pour détruire les infrastructures. Cela me rappelle tristement les événements de la Seconde Guerre mondiale, quand les fascistes allemands (...) encerclaient nos villes", a déclaré le président russe qui visitait un camp pour la jeunesse près de Moscou.

L’annonce par le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk.de son intention de relancer le processus d’adhésion de son pays à l’Otan face à l’ "agression" russe ne devrait pas arranger la situation. « Le gouvernement soumet au Parlement un projet de loi visant à annuler le statut hors bloc de l’Ukraine et revenir sur la voie de l’adhésion à l’Otan », a-t-il en effet déclaré lors du conseil des ministres de vendredi. La devise russe est d’ailleurs tombé à plus bas niveau historique face au dollar ce vendredi.. A 37,0260 roubles pour un dollar, le cours de la devise russe a même enfoncé le précédent record atteint au moment de l'annexion de la Crimée par Moscou.

Un peu plus tôt, Vladimir Poutine sans évoquer ces accusations d'ingérence russe avait, dans un communiqué, demandé l'ouverture d'un couloir humanitaire pour permettre l'évacuation des militaires russes désormais encerclés au sud de Donetsk. « J’appelle les forces rebelles à ouvrir un couloir humanitaire pour les troupes ukrainiennes qui ont été encerclées, afin d’éviter des victimes inutiles et afin de leur donner l’opportunité de se retirer de la zone des opérations », a déclaré Vladimir Poutine dans un communiqué de presse destiné « aux insurgés de la Novorossia ».

"Ces soldats ukrainiens se sont retrouvés encerclés après « les succès considérables (des séparatistes) contre l’opération militaire de Kiev", a continué le président, qui a appelé Kiev " à cesser les combats, à établir un cessez-le-feu et à négocier avec les représentants du Donbass ".

Guerre de l'information sur le détail des troupes encerclées

Sans grande surprise, Kiev et les insurgés prorusses ne dressent pas la même carte quand il s'agit d'indiquer la situation sur le terrain.

Kiev admet que plusieurs unités sont bien encerclées (notamment le bataillon de la Garde nationale du Donbass, 3 bataillons du ministère de l'intérieur et une compagnie réunissant des troupes de deux brigades), mais elles se trouvent dans une seule poche située au sud-est de Donetsk..

Selon eux, les militaires ukrainiens sont encerclés dans trois poches distinctes. Et au total ce sont plus de 7.000 blindés, 120 chars, 400 à 500 véhicules, plus de 200 pièces d'artilleries et des systèmes de missiles qui seraient ainsi piégés.

Il a aussi demandé aux séparatistes prorusses de fournir « une aide médicale » aux soldats blessés, ajoutant que la Russie « se tenait prête et fournira de l’aide humanitaire à la population du Donbass ».

Les prorusses acceptent sous condition la proposition de Poutine

Une proposition qui a été rapidement saluée par le quartier général des forces prorusses qui a déclaré "soutenir l'initiative de Vladimir Poutine" et s'est dit prêt "à assurer la sécurité des troupes ukrainiennes encerclées à la condition qu'elles empruntent le corridor sans armes". De son côté, le Premier ministre de la République autoproclamée de Donetsk a indiqué que les "forces ukrainiennes devaient abandonner leurs armes lourdes et les munitions, ainsi elle ne seront pas réutilisées" contre les prorusses.

Moscou réitère son appel à arrêter les hostilités

Dans son communiqué, Vladimir Poutine a de nouveau appelé les autorités ukrainiennes à arrêter les hostilités dans l’est de l’Ukraine et à se mettre à la table des négociations.

« J’exhorte de nouveau les autorités ukrainiennes à mettre immédiatement un terme aux hostilités, à arrêter de tirer et à se mettre à la table des négociations avec les représentants du Donbass afin de résoudre exclusivement par la voie pacifique tous les problèmes accumulés », indique en effet le communiqué.

Les Etats-Unis haussent le ton à l'Otan

Le communiqué de Vladimir Poutine, publié dans la nuit, se garde bien d’aborder la question de la présence éventuelle de militaires russes dans les rangs des forces prorusses . Et ce alors même que tout au long de la journée de jeudi les présomptions d’une intervention directe de l’armée russes se sont trouvées renforcées par des témoignages et des photos rendues publiques par l’Otan. Conduisant notamment les Etats-Unis à hausser le ton au cours d'une réunion de l'organisation internationale.

Un mensonge selon le président de la Douma

Mais si Kiev a affirmé jeudi que les « troupes russes » avaient pris le contrôle la veille de la ville frontalière stratégique de Novoazovsk (11.000 habitants) à 100 km au sud du bastion rebelle de Donetsk, et si Washington et l'Union européenne sont à nouveau prêts à prendre de nouvelles sanctions contre la Russie , à Moscou cette présence est toujours niée.

Le président de la Douma (chambre basse du parlement russe), Sergueï Narychkine, a ainsi qualifié de « mensonge » la déclaration du président ukrainien Petro Porochenko selon laquelle la Russie aurait introduit ses troupes en Ukraine.

« J’invite l’opinion publique et les responsables politiques - surtout occidentaux - à ne pas céder aux provocations médiatiques de ce genre. Nous sommes déjà habitués à entendre des mensonges (excusez-moi le mot) de la bouche des autorités officielles de Kiev. Il ne faut pas y croire », a déclaré jeudi Serguei Narychkine, cité par l’agence de presse russe Ria Novosti.

Et d’ajouter : « on parle de la forte concentration de troupes russes à la frontière. Mais je voudrais bien vous demander: que ferait le ministère de la Défense de n’importe quel pays si des hostilités d’envergure étaient menées à ses frontières par des belligérants utilisant du matériel lourd, des lance-missiles multiples et l’aviation? Or, c’est précisément ce qui se passe aujourd’hui sur le territoire de l’Ukraine ».

Kiev rétablit le service militaire obligatoire

Annulé après octobre 2013, le service militaire obligatoire va redevenir obligatoire en Ukraine à partir de l’automne.

« Le Conseil a décidé de rendre à nouveau obligatoire le service militaire dans les forces armées de l’Ukraine », a indiqué le secrétaire adjoint du Centre d’information et d’analyse de la sécurité nationale et de défense de l’Ukraine, Mikhaïl Koval, à l’issue de la réunion d’urgence du Conseil de sécurité nationale.

Selon Mikhaïl Koval, les soldats appelés n’effectueront pas des missions de combat dans la zone de l’opération militaire.

Publié dans Articles de Presse

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