L'Ukraine veut rejoindre l'Otan, qui durcit le ton contre la Russie

Publié le par L'Express

Poutine veut "forcer" Kiev à négocier avec les séparatistes, à qui il demande d'ouvrir un "couloir humanitaire pour les soldats ukrainiens". Les insurgés sont prêts à suivre les consignes du Président russe. L'Ukraine et l'Otan haussent le ton. 

Une colonne de véhicules blindés ne portant aucun signe distinctif militaire, près de Rostov en Russie, à quelques kilomètres de la frontière ukrainienne

Une colonne de véhicules blindés ne portant aucun signe distinctif militaire, près de Rostov en Russie, à quelques kilomètres de la frontière ukrainienne

L'Otan ne fermera pas la porte à l'Ukraine si ce pays souhaite rejoindre l'Alliance. C'est la réponse du secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, à l'annonce de l'Ukraine qui a signifié son intention de relancer le processus d'adhésion, alors que les séparatistes prorusses progressent dans l'est du pays. 

Kiev avait renoncé à son adhésion en 2010 sous le gouvernement pro-russe de l'époque. Mais vendredi, le Premier ministre, Arseni Iatseniouk, a annoncé que son "gouvernement soumettrait au Parlement un projet de loi visant à annuler le statut hors bloc de l'Ukraine et à revenir sur la voie de l'adhésion à l'Otan". 

L'Otan condamne le "mépris" de la Russie

Lors de la réunion de crise organisée par l'Otan ce vendredi matin, Ander Fogh Rasmussen en a profité pour condamner "dans les termes les plus forts le mépris permanent de la Russie de ses obligations internationales. Nous appelons la Russie à cesser ses actions militaires illégales, à arrêter son soutien aux séparatistes armés et à prendre les mesures immédiates et vérifiables en vue d'une désescalade de cette crise", a déclaré le secrétaire général de l'Alliance du traité de l'Atlantique nord. 

Vladimir Poutine veut "forcer" Kiev à négocier avec les séparatistes

Au même moment, le président russe Vladimir Poutine a déclaré qu'il fallait "forcer les autorités ukrainiennes à entamer des négociations sur le fond. Pas sur des questions techniques (...) mais sur le fond (...): quels seront les droits de la population du Donbass (un terme pour désigner l'est de l'Ukraine, ndlr), de Lougansk, du sud-est du pays?", a-t-il lancé lors d'un sommet de la jeunesse russe. 

Dans un communiqué publié dans la nuit, l'homme fort du Kremlin avait vanté les "succès considérables" de la rebellion séparatiste, au moment où Moscou était menacé de nouvelles sanctions occidentales pour son implication militaire dans le conflit. 

Les séparatistes prêt à suivre les consignes de Poutine

L'homme fort du Kremlin est allé jusqu'à demander aux rebelles d'ouvrir un "couloir humanitaire pour les troupes ukrainiennes qui ont été encerclées afin d'éviter des victimes inutiles et de leur donner l'opportunité de se retirer de la zone des opérations". Les insurgés se sont dits prêts à suivre les consignes du président russe. 
Des combattants loyalistes ukrainiens sont encerclés et sans renforts depuis plus d'une semaine dans la ville d'Illovaïsk, à 40 km au sud-est du bastion séparatiste de Donestk. 
Voir aussi la carte de Foreign Policy ci-dessous: 

L'Ukraine veut rejoindre l'Otan, qui durcit le ton contre la Russie

De nouvelles sanctions contre la Russie, qui brandit la menace du gaz

Dénonçant une "invasion" russe, Kiev a demandé aux Occidentaux des "sanctions significatives" contre Moscou et une aide militaire, des sujets qui devaient être abordés lors de la réunion de l'Otan à Bruxelles et celle des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne à Milan. 

"L'incursion russe qui se déroule à l'heure actuelle en Ukraine ne peut qu'engendrer" des sanctions supplémentaires à l'encontre de la Russie, avait averti jeudi le président américain, Barack Obama, qui exclut d'avoir recours à la force. 

Et comme souvent quand se précise une menace de sanctions, Moscou a répliqué en brandissant l'arme du gaz. 

Déjà 2600 morts depuis la mi-avril

Sur le terrain, Kiev a reconnu jeudi avoir perdu le contrôle de la ville côtière de Novoazovsk située près de la frontière russe et prise, selon l'armée ukrainienne, par des "troupes russes". 

Tous les regards sont désormais tournés vers Marioupol, port stratégique ukrainien sur la mer d'Azov -460 000 habitants-, dont les habitants fuyaient la ville vendredi face à la progression des rebelles pro-russes. 

Le conflit dans l'est de l'Ukraine a fait au moins 2593 morts depuis la mi-avril, selon le dernier bilan publié vendredi par l'ONU. 

Le rouble est tombé vendredi à un niveau jamais vu face au billet vert (37,02 roubles pour un dollar), les investisseurs s'inquiétant d'un possible renforcement des sanctions occidentales contre Moscou. 

Publié dans Articles de Presse

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