Clément Surantyn, la première victime française de la Seconde Guerre mondiale

Publié le par La Voix du Nord Maxime Mascoli

Clément Surantyn fut le premier soldat français à succomber face à l’Allemagne, sur la ligne Maginot. L’un des premiers des quelque 17 877 000 soldats morts pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, on fête le 75e anniversaire de ses funérailles à Croix.

Clément Surantyn avait 29 ans quand il est décédé en Moselle, mortellement blessé par l’artillerie allemande. Il fut le premier soldat français à succomber sur ce front majeur du conflit.

Clément Surantyn avait 29 ans quand il est décédé en Moselle, mortellement blessé par l’artillerie allemande. Il fut le premier soldat français à succomber sur ce front majeur du conflit.

Le 17 septembre 1939, sur la ligne Maginot, le sergent Clément Surantyn, du 37e R.I.F. recevait son ordre de mission, au volant d’un side-car. Le 18, à 3 h du matin, une ambulance le ramenait à toute vitesse à l’hôpital de Sarrebourg, sérieusement blessé à la tête par des éclats d’obus. Il y mourra l’après-midi même. Devenant ainsi le premier soldat français à mourir sur la ligne Maginot. Il venait de Croix.

Sa mort provoqua une immense émotion dans toute la région. Le Frère Piat, qui connaissait très bien ce jeune catholique fervent, militant au J.O.C (Jeunesse ouvrière chrétienne), décrit dans son livre Clément Surantyn un militant ouvrier chrétien mort pour la France publié dès 1940 : « A Roubaix-Tourcoing, l’annonce de ce deuil fit l’effet d’un coup de foudre. C’était le premier nom de l’hécatombe sacrée, un nom cher à beaucoup, un des plus vu, un des meilleurs. »

Une émotion d’autant plus forte que son corps a été rapatrié très vite après sa mort. « La guerre n’avait pas encore véritablement commencé, relate Jean-Yves Le Menn, président du club d’histoire de Croix, les routes n’étaient pas bloquées. Ses funérailles ont été faites à peine une semaine plus tard, le 26 septembre au carré militaire de Croix. Il y avait un monde fou. »

Le journal Paris-Soir décrit la scène dans son édition du 27 septembre : « Une foule considérable, une foule bouleversée mais calme et respectueuse se pressait dans l’église Saint-Pierre. En tête du convoi on pouvait remarquer M. Édouard Rousselle sénateur du Nord, de nombreuses délégations militaires, ainsi que les représentants du groupement des J.O.C, dont Clément Surantyn était le secrétaire. » Pour beaucoup alors, c’était la première manifestation concrète que la guerre avec l’Allemagne avait bel et bien commencée. Pourtant, le jour de sa mort, le quartier général écrivait : « Rien à signaler sur l’ensemble du front ». Comme une négation du massacre à venir.

D’autres soldats sont morts avant Clément Surantyn

C’est en cherchant davantage d’informations sur le site Mémoire des hommes du ministère de la Défense, qui recense tous les militaires morts au combat, que l’on a découvert que bien d’autres soldats sont décédés un peu partout en Europe, et même au Maghreb, avant Clément Surantyn. Par exemple, Augustin Bouyer, mort le 15 septembre 1939 à Urteberg, en Allemagne. Ou Eugène Delozanne, mort le 9 septembre lors d’une mission aérienne à Saint-Ingbert, toujours en Allemagne. Comment se fait-il alors que dans la presse de l’époque, et longtemps après, parle-t-on de Clément Surantyn comme du premier des soldats français mort au combat ? « Il est très possible que des archives militaires aient été ouvertes depuis, sachant que le secret doit durer 50 ans. Il y a donc eu de possibles découvertes depuis », tente d’expliquer Jean-Yves Le Menn, président du club d’histoire de Croix, qui découvre cette nouvelle. « Il y a aussi le fait que les Allemands ont ouvert leurs archives depuis. Ce qui a pu aider à recouper les informations. » Mais il reste catégorique sur un point : « Clément Surantyn est assurément le premier soldat mort sur la ligne Maginot. » Un bien triste privilège.

Publié dans Articles de Presse

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