Et Brigitte Bardot créa le mythe «BB»

Publié le par La Tribune de Genève

Icône adulée des années 1960 par sa sensualité exacerbée, Brigitte Bardot fête dimanche ses 80 ans.

Icône du cinéma français des années 60, Brigitte Bardot fête ses 80 ans le 28 septembre. Surnommée «La femme», B.B. incarne à elle seule le sex-appeal et la liberté.

Icône du cinéma français des années 60, Brigitte Bardot fête ses 80 ans le 28 septembre. Surnommée «La femme», B.B. incarne à elle seule le sex-appeal et la liberté.

Avec sa sensualité à fleur de peau, sa liberté et son sens du style, Brigitte Bardot est devenue un mythe mondial qui continue d'inspirer les créateurs à l'aube de ses 80 ans, qu'elle fêtera dimanche 28 septembre. «Un mythe ? C'est un mot qu'on m'a collé dessus mais qui ne correspond à rien», affirmait la star en 2010 au magazine Marie-Claire.

Pourtant, deux ans plus tard, quand un journaliste lui demandait quelle actrice française pourrait l'incarner dans un film, BB estimait, impériale : «Personne. Il n'y en a pas une qui peut le faire. Que leur manque-t-il ? Ma personnalité».

C'est bien cette personnalité hors du commun qui lui a conféré une aura débordant très largement de sa carrière cinématographique, composée d'une cinquantaine de films dont quelques chefs d'oeuvre et beaucoup de navets.

L'origine du fantasme

En 1956, elle brûle l'écran dans un long-métrage conçu pour elle par son mari, le cinéaste Roger Vadim : «Et Dieu... créa la femme». Elle y danse un mambo fiévreux, passionné et suggestif, alors que sa longue jupe s'ouvre jusqu'à la taille. Une scène qui fait scandale et provoque l'interdiction du film dans certains Etats aux USA.

Le mythe est créé et Bardot, de plus en plus imitée par la gente féminine, est qualifiée de femme la plus belle du monde. L'actrice au visage de lolita et aux courbes de femme fatale devient le fantasme des hommes et la cible des ligues de vertus, qui voient en elle un danger plus grand qu'un simple «sex-symbol».

Une fille de son temps

Car Brigitte Bardot affiche dans la vie la même liberté que son personnage, «une fille de son temps, qui s'est affranchie de tout sentiment de culpabilité, de tout tabou imposé par la société», selon les mots de Vadim.

Invitée à l'Elysée par Charles de Gaulle, elle arrive en pantalon et veste à brandebourg, alors que seuls jupes et robes sont autorisées pour les femmes.

Elle s'affranchit des codes de la bourgeoisie dans laquelle elle a été élevée et se présente bien avant 1968 comme une «bohémienne», alignant les maris (quatre au total) et les amants et s'inventant un style à l'opposé de la sophistication des stars hollywoodiennes.

Les feux de la rampe

Les femmes l'imitent, les paparazzi la traquent. Saint-Tropez, tranquille village de pêcheurs dont elle s'est entichée, devient un haut lieu de la jet-set. Elle y vit toujours, recluse dans sa propriété de «La Madrague».

Adolescent, Bob Dylan lui consacre sa toute première chanson, John Lennon avale du LSD pour calmer son trac avant de la rencontrer.

Simone de Beauvoir est subjuguée. «Elle va pieds nus, elle tourne le dos aux toilettes élégantes, aux bijoux, aux parfums, au maquillage, à tous ces artifices. (...) Elle fait ce qui lui plaît et c'est cela qui est troublant», écrit-elle.

Poursuivie par des hordes de photographes qui épient ses moindres gestes, la scandaleuse, qui aura fait plusieurs tentatives de suicide au cours de son existence, perd toute vie privée.

Elle se brûle aux feux de la rampe, accouche d'un garçon dont elle ne voulait pas, et multiplie les frasques, les maris (quatre au total) et les aventures amoureuses.

Notamment avec le chanteur Serge Gainsbourg qui crée pour elle le célèbre refrain «Je vais et je viens, entre tes reins» ou encore «Je n'ai besoin de personne en Harley Davidson».

Sex-symbol et emblème de l'émancipation des femmes durant sa jeunesse, elle s'est plus tard consacrée à la cause animale. La justice a condamné l'actrice et chanteuse à plusieurs reprises pour racisme et incitation à la haine raciale. Brigitte Bardot a mené durant sa jeunesse des études avec en parallèle des cours de danse au conservatoire.Sex-symbol et emblème de l'émancipation des femmes durant sa jeunesse, elle s'est plus tard consacrée à la cause animale. La justice a condamné l'actrice et chanteuse à plusieurs reprises pour racisme et incitation à la haine raciale. Brigitte Bardot a mené durant sa jeunesse des études avec en parallèle des cours de danse au conservatoire.

Sex-symbol et emblème de l'émancipation des femmes durant sa jeunesse, elle s'est plus tard consacrée à la cause animale. La justice a condamné l'actrice et chanteuse à plusieurs reprises pour racisme et incitation à la haine raciale. Brigitte Bardot a mené durant sa jeunesse des études avec en parallèle des cours de danse au conservatoire.

Idole d'un génération

«Elle a été l'idole d'une génération de femmes, un repère important», résume la journaliste Marie-Dominique Lelièvre, auteur de «Plein la vue», une biographie de la star parue en 2012 (éd. Flammarion).

Usée par la gloire, Brigitte Bardot met brutalement fin à sa carrière cinématographique en 1973 pour se consacrer aux animaux après avoir vu un reportage sur une chasse aux phoques.

«Elle a eu une célébrité monstre, puis le mythe a été réactivé par le fait qu'elle a arrêté sa carrière alors qu'elle n'avait pas 40 ans. Ensuite, elle a consacré sa vie à la défense des animaux, ce qui a maintenu sa présence dans l'espace public», déclare-t-elle.

Un image brouillée

A l'aube de ses 80 ans, son flirt poussé avec l'extrême droite et ses déclarations sur les homosexuels, l'immigration, les musulmans, qui lui ont valu cinq condamnations pour incitation à la haine raciale, ont «brouillé son image», estime Marie-Dominique Lelièvre.

«Elle n'est plus prise comme modèle ou comme référence, je ne pense pas qu'elle influence les femmes d'aujourd'hui. Ce qui reste présent, c'est son iconographie», ajoute la journaliste.

«Elle a été énormément photographiée, était extrêmement photogénique et c'est ça qui reste fort. Elle reste énormément copiée», note-t-elle.

Codes de séduction

Kate Moss, Claudia Schiffer, Kylie Minogue et même Madonna - à qui elle a refusé les droits d'adaptation de sa biographie pour son refus d'abandonner la fourrure -, ont repris les codes de la séduction qu'elle a créés.

Marinière, corsaire, ballerines, vichy et «choucroutes» restent des marqueurs de la mode, dont les couturiers s'inspirent, à l'image de Diane Von Furstenberg qui a multiplié les clins d'oeil à Bardot dans sa dernière collection présentée à New York début septembre.

Et ce alors même que la «vraie» Bardot s'est éloignée depuis longtemps de cet univers et refuse tout recours à la chirurgie esthétique.

Publié dans Articles de Presse

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