Le Centre Wiesenthal transmet à l’Allemagne les noms de 80 nazis peut-être vivants

Publié le par Le Dauphiné

Le Centre Wiesenthal transmet à l’Allemagne les noms de 80 nazis peut-être vivants

Le centre Simon Wiesenthal qui traque les anciens criminels nazis a transmis à la justice allemande une liste de 80 anciens membres peut-être encore en vie des Einsatzgruppen, escadrons de la mort du Reich d’Adolf Hitler, a indiqué son directeur Efraïm Zuroff mercredi.

Le Centre Wiesenthal transmet à l’Allemagne les noms de 80 nazis peut-être vivants

«Nous avons transmis à la justice allemande une liste de 80 membres des Einsatzgruppen», a déclaré M. Zuroff à Jérusalem.

Ces commandos paramilitaires seraient responsables de la mort de plus d’un million de juifs dans les territoires conquis dans l’ex-Union soviétique, en Pologne et en Europe de l’Est, a précisé le centre Wiesenthal dans un communiqué.

Les 76 hommes et quatre femmes dont les noms ont été transmis aux ministres allemands de la Justice et de l’Intérieur sont tous nés entre 1920 et 1924 (ils avaient donc au maximum 21 ans à la fin de la guerre) et sont «les suspects qui ont le plus de chance d’être encore en vie et en assez bonne santé pour être poursuivis», a-t-il indiqué.

Au-delà des seuls anciens membres des Einsatzgruppen, «nous considérons que 2% des anciens criminels nazis sont encore en vie et près de la moitié peuvent encore passer en jugement», a dit M. Zuroff.

Les Einsatzgruppen, formés sous la direction du SS Reinhard Heydrich, l’un des principaux architectes de l’Holocauste, ont joué un rôle prépondérant dans la mise en oeuvre de la «solution finale».

Ils ont d’abord été employés à arrêter les communistes tchèques ou les opposants allemands, et à éliminer les éléments «indésirables» de la population allemande. Ils ont ensuite étendu leurs méfaits -- perpétrés essentiellement contre les populations civiles dans le sillage de l’armée allemande -- en s’en prenant aux élites polonaises puis aux juifs, aux communistes soviétiques et aux Tsiganes.

La transmission de cette liste aux autorités allemandes est un effet de la condamnation de John Demjanjuk à Munich (sud-ouest de l’Allemagne) en mai 2011, a expliqué le centre Wiesenthal.

Cet apatride d’origine ukrainienne avait alors été condamné à cinq ans de prison pour participation aux meurtres de 28.000 juifs. La condamnation créait une jurisprudence, Demjanjuk ayant été condamné parce que le tribunal avait établi qu’il était garde au camp de Sobibor, même s’il n’avait pas prouvé son implication directe dans les crimes.

La justice allemande a alors entrepris de rechercher les gardiens de camps de la mort, mais aussi les membres d’escadrons de la mort qui pourraient être jugés, même sans preuve qu’ils aient perpétré un crime spécifique contre une victime spécifique, a indiqué le centre Wiesenthal.

Le parquet allemand a localisé l’an dernier plus de cinquante anciens gardiens de camps nazis, mais aucun ancien membre d’escadrons de la mort, selon le centre.

Depuis les procès des dignitaires nazis à Nuremberg (sud-ouest de l’Allemagne) en 1945-46, environ 106.000 soldats allemands ou nazis ont été jugés, 13.000 reconnus coupables et la moitié condamnés, selon l’Office allemand chargé des crimes nazis, basé à Ludwigsburg (sud-ouest).

Publié dans Articles de Presse

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