Pierre Laval vu par sa fille

Publié le par France Inter par par Jean Lebrun

Pierre Laval vu par sa fille

Moins de quinze ans séparent le  conte de fées de son épilogue, l’exécution de Laval en 1945. En 1931, Josée a embarqué au Havre sur le paquebot Ile-de-France, elle est venue rejoindre son père, président du Conseil, qui, en visite officielle aux Etats-Unis, est accueilli par l’ambassadeur de France, Paul Claudel - lequel note : « Il a le type maquignon, marchand de chevaux »

René et Josée de Chambrun

René et Josée de Chambrun

Josée, elle, est l’élégance incarnée. En 1935, encore un « moment merveilleux », elle épouse un jeune homme étourdissant, le comte René de Chambrun. Dans l’aristocratie où elle entre, on adore les surnoms. Le « père et la mère mine »- ainsi sont désignés dorénavant Pierre et sa femme - et les « oursons », le couple des plus jeunes, sont inséparables. On fait des affaires et de la politique, l’après-midi les Chambrun vont aux courses et, le soir, tout ce petit monde s’habille pour le repas et sourit à la réussite.

Laval, socialiste à l’origine, rompu aux formes républicaines, n’était pas prédestiné à mettre son pouvoir de conviction au service de Pétain puis de l’Allemagne. Sa fille qui frayait avec la haute culture cultivée encore moins. Le devoir d’état, pour elle, c’était de se construire une vie sans laideur. Il reste qu’au bout du compte, elle s’est associée à l’horreur. Comment cela a-t-il été possible ?

 

Publié dans Articles de Presse

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